Armistice

ARMISTICE

Que célébrons-nous, ce 11 novembre ?

Une victoire. Une victoire apparente, peut-être ?

La paix retrouvée ? Une paix apparente, oui !

La victoire est bien triste. 20 millions de morts, pour moitié des civils, pour moitié des militaires.

La paix quant à elle n’est pas assurée : l’Allemagne perd l’Alsace et la Lorraine, elle perd la Rhur. Elle doit abandonner des terres qui deviendront la Pologne. Elle doit faire face à des dommages de guerre impayables. Le traité de Versailles qui orchestre tout ceci contient déjà, en germe, le second conflit mondial. L’histoire français René Rémond parle d’ailleurs de la guerre 14-45, nouvelle guerre de trente ans. Du côté de l’est et de l’empire ottoman, la future Turquie, les traités de paix se feront encore attendre.

1918 : on dépose les armes, on proclame un cessez-le-feu… pour un temps.

Au cœur de tout ceci, il y a surtout une défaite : la défaite de l’humanité ! Cette défaite est d’autant plus grande que la guerre fut totale : elle n’implique pas seulement des militaires quelques pays géographiquement très localisés. En plus, ce qui ne présageait rien de bon, des moyens modernes sont mis en œuvre : notamment l’arme chimique.

 

Au terme de la guerre une espérance pourtant : que ce soit la « der des ders »…

Spontanément, notre regard nous porte vers les plus forts, ceux qui réussissent, ceux qui brillent. Et souvent nous allons là où nous dirige notre regard. A notre tour, nous souhaitons être les plus forts, ceux qui s’imposent, ceux qui brillent : personnellement ou en société.

Jésus au contraire invite à un autre regard : Aurions-nous remarqué cette dame, digne sans doute mais démunie, déposer deux  pièces dérisoires dans le trésor du Temple? Aurions-nous vu que dans ce dérisoire se cache une fortune? Celle du cœur à cœur avec Dieu! Un rien qui devient un tout aux yeux de Dieu.

Voyons-nous l’homme derrière le sans-abri ?

Voyons-nous un être humain dans le réfugié venu de la Méditerranée ?

Jésus invite à regarder le plus fragile non par commisération, non par malsaine miséricorde, non par vertu morale mais pour découvrir un trésor. Là, en cette femme, réside le véritable « trésor du Temple ».

Bâtiment récent, mais dans une architecture classique, la cathédrale de Madrid attire pas mal de visiteurs. Effectivement, la  cathédrale est splendide notamment la peinture de voûte. Certains, moins pressés, avant d’entrer dans cette église remarque une statue de bronze en position couchée sur un banc. Cette statue représente un sans-abri. Mais à mieux y regarder, ce sans-abri porte les stigmates de la Passion. Cette statue, intitulée Jesus homeless, due à Timothy Schmalz est présente en bien des lieux : en Amérique, à Dublin, Rome, Paris, Singapour, Capharnaüm… En Belgique, on la trouve à Bruges et à Anvers. Le sculpteur nous invite à découvrir le Christ dans le sans-abri… C’est là que nous sommes conduits… Un regard d’armistice où les seules armes sont les larmes.