Epiphanie

Epiphanie, les trois cadeaux…

 

Aujourd’hui, en Italie et en Espagne, c’est le grand jour des enfants. Ce n’est ni Saint-Nicolas ni le Père Noël qui leur amènent des cadeaux mais les Rois Mages.

C’est ce qu’avaient fait, selon St Matthieu, les mages venus d’Orient.

 

Que nous enseignent les cadeaux ?

Le cadeau d’abord est de l’ordre de la gratuité. Il ne demande qu’un simple merci. Un simple sourire. Trop souvent, face à un cadeau offert on entend « il ne fallait pas ». Bien-sûr « il ne fallait pas ! » Le cadeau n’est pas de l’ordre du devoir, de l’obligation, du « il faut ». Mais de l’ordre de la gratuité. Il n’y a pas à s’excuser. Simplement à remercier. Le cadeau invite à la gratuité et à l’action de grâce. Deux attitudes spirituelles fondamentales.

 

Le cadeau est aussi une manière de dire à l’autre qu’on l’aime, qu’il est important pour nous, qu’il a du prix à nos yeux. L’auteur psychologue américain, souvent cité, Gary Chapman en fait l’un des cinq langages de l’amour, à côté des paroles valorisantes, des gestes de tendresse, des moments de qualité et des services rendus. Là aussi, il est important de recevoir ces mots d’amour indirect et ça suppose un peu d’humilité.

 

Par un cadeau, nous essayons de rejoindre l’autre dans ses désirs, ses besoins, ses projets. Normalement le cadeau est centré sur l’autre mais avouons que très souvent nous offrons ce que nous aimons recevoir.

 

Mais venons-en aux cadeaux des mages.

Ce sont des cadeaux qui nous parlent non des mages mais de Jésus. Les cadeaux offerts par les mages nous disent l’être profond de Jésus, qui il est, qui il va devenir. Les cadeaux nous font rejoindre l’essence même de sa mission. C’est dire que ces cadeaux ont une forte charge symbolique. Pour s’en convaincre, il suffit de se poser la question : mais que va faire un enfant avec de l’encens. Ce n’est pas vraiment, si on reste dans la matérialité de l’événement, un cadeau pour un bébé.

 

L’or vient nous dire que Jésus est roi. C’est là une question qui traverse l’Evangile. Au début : Hérode s’effraie, a peur, intrigue, cherche à savoir… A plusieurs moments de l’Evangile, la foule veut faire de Jésus un roi. A la fin, lors de la Passion, ce sera aussi la question de Ponce Pilate ; « es-tu le roi des Juifs ? » Ce sera également l’inscription sur la croix « Jésus de Nazareth roi des Juifs ». On pourrait même évoquer la fête du Christ Roi. Nous le savons, la royauté du Christ n’est pas à l’image des royautés humaines. Le pouvoir y est remplacé par le service. Les pauvres n’y sont plus marginaux mais ils sont au cœur du Royaume.

 

L’encens vient nous dire que Jésus est Dieu. Notre spontanéité nous fait imaginer Dieu comme un Tout-Puissant. Ici aussi, nous avons à revoir nos idées toutes faites. Dieu se donne à nous, Dieu se montre dans le visage d’un tout petit. Dieu se montre fragile et vulnérable.

 

La myrrhe est un parfum. On s’en servait pour embaumer les morts. A mettre ensemble les trois cadeaux, l’enseignement est le suivant : c’est par le don de lui-même sur la croix que Jésus montre sa royauté et sa divinité.

 

Et nous ? Nous avons à entrer dans ces trois cadeaux ! A manifester une même royauté, une même divinité en choisissant le chemin du service et de l’humilité. Le monde attend ce témoignage paradoxal mais essentiel.