Que devons-nous faire?

Que devons-nous faire ?   3e dimanche de l’Avent (C)

Luc 3, 10-18

C’est quasi une parenthèse dans cet Evangile, c’est insinué, dit entre deux, comme en passant : « or le peuple était en attente… »

Nous n’aimons pas attendre : on s’impatiente, on s’énerve, on a l’impression qu’on nous vole notre temps… dans l’attente c’est souvent la colère qui nous habite. Notre attitude consiste alors souvent à juger ceux qu’on estime responsable de ce retard, à leur adresser des reproches.  Le désir non comblé est source d’inquiétudes et d’insatisfactions. Ce mécanisme est à la base du consumérisme. La société commerciale a vite compris ce mécanisme : elle produit des objets sources de désir. Ces biens une fois acquis n’apaise pour un temps que le désir. On se met vite à désir d’autres biens. Nous sommes ainsi aspirés dans une spirale de consommation. D’autant que tel modèle est vite remplacé par un plus performant. Le sentiment global est en définitive l’insatisfaction.

Attendre est donc difficile : on y mesure tout le creux de notre désir, tout l’impact de l’insatisfaction qui est un sentiment douloureux.

Jésus aborde souvent cette question dans diverses paraboles. Ce sont des paraboles sur le « retour du Christ ». Il arrive, dit Jésus, que le serviteur soit paresseux, se mette en colère contre ses subalternes, détourne le bien de Dieu, s’installe dans l’indifférence, laisse la lampe s’éteindre, mange et s’enivre, ne pas mette en valeur le talent reçu…  Pour Jésus, au contraire, le temps de l’attente n’est pas celui de la surconsommation, du désir insatisfait, moins encore le temps de la paresse, de l’indifférence ou de la violence. L’attente n’est pas le temps de l’oubli de Dieu. Il est celui de la construction du royaume, il est le temps de la présence à autrui, il est le temps de la solidarité.

Et nous rejoignons ici Jean-Baptiste. On lui pose la question : « que devons-nous faire ? »

Oui que devons-nous faire ? La terre selon Dieu n’est pas seulement une grâce qui nous atteint, une présence merveilleuse à accueillir. Le Royaume est aussi « un faire ».

Jean-Baptiste a des réponses très concrètes. Il ne propose pas des actions impossibles, des bouleversements spectaculaires, des ruptures radicales. Il n’invite pas les militaires à militer dans des mouvements pacifistes mais à « ne faire violence à personne, à n’accuser personne à tort, à se contenter de son solde… »  Jean-Baptiste rejoint le concret de la vie des gens. De même il renvoie à des gestes réalistes de solidarité.

On se pose souvent la question : Que faire face à la pauvreté dans le monde ? Que faire face à la question climatique ? Que faire face à la venue de migrants ? On a l’impression d’être dépassés, impuissants, petits. Jean-Baptiste ne nous dirait-il pas : « rêvez à l’impossible mais réalisez des choses concrètes, réalistes… et toutes ces petites choses mises les unes à côté des autres finissent pas changer le monde et surtout à rendre espérance.