Jésus parlait de sa venue

Luc, 21, 25…   Jésus parlait de sa venue…

Jésus a bien mesuré la peur chez ses contemporains. Ce sont des peurs à la fois politiques et religieuses. Le climat d’effervescence qui règne en Palestine et singulièrement à Jérusalem font qu’on peut raisonnablement craindre que, énervé, l’empire romain ne tire un trait sur ce qu’il restait de la nation juive et de l’Etat hébreu Ça arrivera en 70 : destruction de la ville, déportation quasi systématique des populations. Par la même occasion, le judaïsme est dispersé. Il ne pourra plus compter sur le Temple.

Au moment où Luc écrit son Evangile, les peurs sont différentes. Les jeunes chrétiens dont beaucoup désormais sont issus du paganisme subissent la persécution du fait du pouvoir politique. Leur situation sera en fait extrêmement menacée jusqu’à ce qui le christianisme devienne religion d’Empire au 4e siècle. Jusque là les martyrs sont nombreux.

Les peurs au moment où nous lisons cet Evangile sont nombreuses. Davantage sans doute qu’au moment du Christ : elles sont relayées par les médias, amplifiées, généralisées.

Les peurs sont écologiques et climatiques, pensons à la marche pour le climat ce week-end à Bruxelles. Elles sont aussi économiques : pensons aux gilets jaunes. Les peurs sont aussi politiques : on craint, à droite et à gauche, la montée des extrémismes. Nous assistons aussi à des peurs géopolitiques : le conflit larvés entre Russie, Ukraine, Crimée. Les tensions entre USA et Iran ; la Syrie et la Turquie ne sont plus des terres lointaines…  Plus concrètement en nos rues, il y a la peur du terrorisme et de la violence urbaine.

Chrétiens, nous pouvons aussi craindre que l’Eglise, en tout cas en Europe, disparaisse ; que la foi n’intéresse plus que quelques-uns.

La liste serait longues si on voulait citer toutes les peurs qui habitent notre monde et nos cœurs.

Jésus ne vient pas nier ces peurs. Il ne dit pas que ce n’est que chimère et illusion. Il prend au sérieux ce qui habite le cœur de l’homme. Il nous aime dans nos peurs.

Certains à son époque s’enferment dans leurs peurs, cherchent des zones de confort : fuir les peurs, ne plus les voir en s’isolant dans le religieux, dans les rites, dans la loi derrière laquelle ils se cachent. On peut songer aux scribes, aux pharisiens, mais également aux personnes qui gravitent autour du Temple, rempart ultime.

 

D’autres s’abandonnent à leurs peurs en devenant violents, révolutionnaires… Ils ajoutent aux peurs d’autres peurs. Ce sont les zélotes.

Le chemin de Jésus est autre. : tenir droit, être débout, avoir une parole libre, exposée. Vivre la vigilance, oser l’espérance et la persévérance. D’autres paroles en paraboles : garder la tenue de service, garder les lampes allumées, faire fructifier le ou les talents reçus…

A résumer l’Evangile, dans ce « tenir debout dans l’épreuve », Jésus ouvre une double piste : la prière, le lien intime avec Dieu mais aussi l’engagement concret pour les pauvres. « J’avais faim et vous m’avez donné à manger… »

A suivre ce chemin, nous ne sommes plus face à un monde qui meurt mais à un autre en train de naître.