Homélie du 5ème Dimanche de Pâques – Année B – 02.05.2021 – Jn 15, 1-8

Chers sœurs et frères,

Dans l’Evangile de ce jour, Jésus nous parle à nouveau en parabole, faisant allusion à une vigne.

Si nous plaçons ce récit dans son contexte, nous sommes le soir du Jeudi Saint, où après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus prend congé des siens. Jésus parle de vigne et de vin, en des termes qui font état d’une Alliance. Alliance entre Jésus et notre humanité, comme l’Alliance fut scellée, dans l’Ancien Testament, entre Dieu et le peuple d’Israël. Dans ce récit, Jésus nous fait découvrir qui Il est et comment nous maintenir uni à Lui. Découvrons ensemble la beauté de ce message. Tout d’abord, à qui Jésus fait-il allusion, lorsqu’Il parle de vigne, de cep, de sarments et de vigneron ? La vigne, les ceps, c’est Jésus, les sarments, c’est chacune et chacun de nous, greffé au Christ, nourri de la même sève, l’Esprit Saint. Le vigneron, c’est Dieu lui-même. De nombreuses manières nous permettent de rester greffés au Christ, comme nous le rappelle le Père Didier Noblot, dans la revue Magnificat de ce mois de mai :  la prière personnelle et communautaire, l’adoration eucharistique, la relecture des évènements, l’accompagnement spirituel, la fréquentation des sacrements, le service aux autres, le soin apporté à la planète, notre Maison commune comme l’a décrit le pape François. C’est ainsi que le chrétien témoigne de sa foi. La foi ne lui est pas donnée de manière non évolutive, elle constitue la réponse aux exigences de la Parole, qui veut être reçue et vécue chaque jour, dans le concret de son existence. Jésus nous invite à porter du fruit, et avec insistance, car cette expression est présente six fois dans cet extrait d’Evangile. Sarments que nous sommes, branchés à la vigne, nous sommes les membres du Corps du Christ unis à Jésus et à son Père, notre Père, par l’Esprit Saint, amenés à fournir un fruit vigoureux, un vin de qualité. Pour permettre au fruit de mûrir et d’acquérir sa maturité, il faut qu’il soit maintenu au cep de manière permanente, nourri et irrigué. Il en est de même pour nous. C’est ainsi qu’unies au Christ nos actions deviendront fécondes. Les chrétiens sont identifiés par leurs actes : « C’est à leurs fruits que vous les reconnaitrez ». Mt 7, 16. Ce vin produit par la vigne fait allusion à l’Eucharistie, au sang du Christ, versé pour nous, pour le rachat de tous nos manques d’amour. C’est en partageant le Sang versé et le Corps du Christ, que nous demeurerons en Lui et Lui en nous : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. » Jn 6, 56.

« Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. » Jn 15, 6.

Les fruits de la vigne symbolisent la foi vécue, et le témoignage qu’elle rend sur la portée missionnaire des fruits fournis. Oui sœurs et frères, déconnectés du Christ, nous perdons vitalité et forces, nous finissons par nous assécher, devenant inconsistants, perdant tout repère et discernement, errant sans but, sans raison d’être, devenant électrons libres, sans attraction. N’étant plus unis au Christ, nous allons prendre de fausses pistes qui fournissent une vie superficielle et éphémère, sans profondeur. Bonheur de l’instant présent associé à une matérialisation à outrance, une surconsommation exagérée, où une vie relationnelle ne trouve pas sa place. Pour que la vigne porte du fruit, celle-ci doit être émondée. Ce sont les hommes qui ont émondé Jésus, le plaçant sur la croix, Lui la vraie vigne aimée du Père. En s’effaçant, par sa mort, Jésus a donné Vie au monde, la vigne a porté un fruit nouveau et qui demeure, dont nous sommes aujourd’hui encore, après plus de 2000 ans, les heureux bénéficiaires. « Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. » Jn 15, 8.  A nous aussi de porter du fruit, un fruit qui demeure. Image du travail de Dieu dans son Eglise, et en nous, Il purifie, Il émonde, Il nettoie. Cela est douloureux mais nécessaire, pour que les vendages soient plus belles, plus abondantes. Le voici le fruit qui donne Vie et que nous sommes invités, par le Christ, à porter en abondance, au cœur de notre monde, à nos portes, à l’intérieur même de nos maisons : le fruit de l’Amour. Le disciple se définit par le devoir du témoignage apostolique. Témoigner de ce qui nous fait vivre, qui nous anime, qui oriente nos journées. Cela est nécessaire pour que le fruit soit abondant et universel, qu’il nourrisse l’entièreté de notre monde. Il nous est demandé de rayonner de cet Amour de Dieu qui nous anime, dans tous les lieux que nous fréquentons. Nous sommes invités à être contagieux. « Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » Mt 5, 15-16. Amen.

Guy SCHYNS, diacre permanent