Méditation biblique : Le Seigneur est roi ; Évangile selon saint Jean 18, 33b-37.

À l’occasion de la fête du Christ Roi, Christine Renouard, pasteure de l’Église protestante unie de France, explore la notion de « royauté divine » dans le Premier Testament à partir du psaume 92 (93). Et nous éclaire sur l’attente du Royaume de Dieu, à partir de la venue du Christ dans nos vies.

Dimanche 21 novembre 2021, fête du Christ Roi, on lira quatre textes :

Première lecture Livre du Deutéronome (Dn 7, 13-14) ; Psaume 92 (93).

Deuxième lecture Livre de l’Apocalypse (Ap 1, 5-8) et Évangile selon saint Jean (Jn 18, 33b-37).

Psaume 92 (93)

Le Seigneur est roi ; il s’est vêtu de magnificence, le Seigneur a revêtu sa force.

Et la terre tient bon, inébranlable ; dès l’origine ton trône tient bon, depuis toujours, tu es.

Tes volontés sont vraiment immuables : la sainteté emplit ta maison, Seigneur, pour la suite des temps.

Le symbole royal est très présent dans le Premier Testament. En particulier dans ce que l’on nomme les « psaumes du Royaume » (psaumes 24, 29, 47, 93, 95, 96, 97, 98, 99), dans lesquels Dieu, sous son nom de YHWH, le Seigneur, est appelé « roi ». Le psaume de ce jour s’ouvre par un cri de confiance : « Le Seigneur est roi. » Force et magnificence « revêtent » le Seigneur, dit le psaume, rappelant l’importance du vêtement dont se paraient alors les souverains du monde pour affirmer leur puissance.

Mais le Seigneur n’a nul besoin de précieuses étoffes et de riches décorations, sa grandeur tient à son être : « Depuis toujours, tu es », énonce sobrement le psalmiste. Dieu n’est pas intronisé roi, il l’est de toute éternité. Sa royauté diffère de celle des rois de la terre, elle surpasse tout pouvoir de ce monde.

Coopérons à l’œuvre divine

Si le trône de Dieu « tient bon », alors la terre « tient bon », affirme le psalmiste. La stabilité divine, rempart contre le chaos et les forces de destruction, permet au monde d’être stable lui aussi. Pourtant, l’être humain n’a-t-il pas amplement prouvé au cours des siècles qu’il est maître du monde, de sa permanence comme de son possible anéantissement ? Où constate-t-on aujourd’hui cette stabilité qu’évoque le psaume ? Peut-être se manifeste-t-elle chaque fois que nous coopérons à l’œuvre divine, à la volonté bonne du Créateur pour nous.

Oui, l’homme peut, dans le respect des « volontés immuables » du Seigneur, contribuer à la stabilité du monde et faire de celui-ci un lieu où il est possible de vivre, car celui qui obéit à la loi de Dieu ne détruira pas le monde, ne le mettra pas en danger.

Dieu : une force qui nous met en route

Dieu n’est pas un pouvoir parmi d’autres, une force de plus avec laquelle il nous faudrait compter, ou que nous pourrions contourner, mais une force qui nous met en route. Notre Dieu est aux prises avec la vie, avec le temps, c’est sa volonté dont nous aspirons qu’elle advienne sur la Terre, ainsi que nous l’en prions dans la prière du Notre Père, et c’est dans cette espérance que nous trouvons le courage et la joie d’œuvrer.

C’est dans l’attente du Royaume que notre Évangile s’est inscrit. En Jésus, le royaume s’est approché, un royaume radicalement nouveau, paradoxal et proprement renversant. Jésus est Christ, ce qui signifie « oint », c’est-à-dire celui qui a reçu l’onction royale, mais un roi sans soldats pour empêcher son arrestation, ni anges pour lui éviter de tomber, un roi qui exerce sa charge non comme les souverains du monde, mais en se faisant serviteur de toutes et tous.

La force du Seigneur est celle qui redresse et relève, qui donne un sens à nos vies, c’est une force qui se donne et non qui s’impose. « Ma royauté n’est pas de ce monde », dira Jésus à Pilate (Jean 18, 36). Après le dimanche du Christ, Roi de l’Univers viendra le temps de l’Avent, qui nous fera revivre une fois encore l’attente de la venue du Seigneur, Lui qui nous donne à voir et à comprendre par sa vie, ses enseignements et ses actes ce que signifie en vérité « le Seigneur est roi ».