Méditation du 22e dimanche C : évangile selon Saint-Luc 14, 1.7-14

« Apprendre l’humilité ! »
Invité dans la maison d’un chef des pharisiens, Jésus observe comment ils choisissaient les premières places à table. Partant de cette situation, Jésus utilise la parabole pour faire mieux apparaître l’hypocrisie et invite plutôt de choisir à l’arrivée, la dernière place afin de laisser à l’hôte, la joie de t’inviter à avancer à une place plus élevée en raison de votre amitié.

Jésus ne parle pas d’une règle de bienséance ni d’un savoir-vivre lors d’un banquet. Il enseigne une attitude méconnue des pharisiens : l’humilité.
« En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. » Ces mêmes mots sont utilisés par Saint-Benoît dans l’introduction du chapitre 7, sur l’humilité, qui est l’un des plus longs, mais aussi un des chapitres les plus importants dans la règle. Elle date du milieu du VIe siècle. L’humilité ce n’est pas d’accepter l’humiliation. Du latin humilitas, l’humilité est présentée par son contraire, l’exaltation, qui est elle-même rattachée à la catégorie plus générale de l’orgueil. L’humilité y est présentée sous la forme de l’ascension d’une échelle, qui serait inversée : on y monte en descendant, puisque l’humilité ne peut être acquise en s’élevant, mais en s’abaissant, comme le dit explicitement la partie centrale de la règle de Saint-Benoît inspirée directement de l’évangile d’aujourd’hui.
Pour le moine, mais également pour celui veut grandir dans la vie spirituelle, il s’agit de ne pas avoir peur de descendre en lui-même, jusqu’à l’intérieur de ses sentiments. Il marche dans l’acceptation de qui il est en profondeur, là où Jésus descend avec lui, vers son âme, et, que lui seul vient illuminer. Avec la Lumière du Christ, la réalité se révèle la seule école de la vie authentique et fidèle à Dieu. Marcher humblement à la suite de Jésus est une marche vers la liberté.
Si je n’ai pas peur de ma réalité, alors je peux être serein. Je n’ai pas besoin de m’effacer, de me cacher derrière une façade, ni de mettre un masque pour paraître plus vrai… Je vis simplement en accord avec mon être, ouvert au mystère de la vie qui trouve toujours sa source au-dedans de ma réalité humaine. Je deviens pleinement homme ! N’est-ce pas ce que Dieu à fait le premier pour nous libérer et nous sauver ?
Ainsi, celui qui cherche à s’élever au-dessus des autres, ou qui préfère sa suffisance, adoptant des comportements arrogants, ou bien qui préfèrent sa fierté, va à la rencontre de la défaite et de l’échec ! Celui qui, au contraire, a le courage de descendre en lui-même pour mieux se connaitre et se vivre ne pourra plus tomber. Comme un arbre bien planté, il poussera et portera du fruit dans la joie. L’humilité signifie également être avec ses deux pieds posés solidement au sol et sur la terre qui le fait grandir.
Votre curé, Joseph SCHMETZ