Méditation du 33e dimanche B : évangile selon saint Marc 13, 24-32

« Comprenez-vous les signes des temps ! »

L’actualité bouscule et vient déranger jusque dans nos zones de confort. Manifestement, nos efforts collectifs n’arrivent pas à stopper la propagation du coronavirus. La pandémie reste une grave préoccupation dans notre région. La COP26 devait officiellement prendre fin ce vendredi soir avec une dernière séance plénière pour présenter la décision finale sur laquelle les 197 États représentés à la COP s’entendraient. Cette COP26 joue les prolongations, comme d’ailleurs la majorité de ces sommets de l’ONU sur le climat. Et puis, aux portes de l’Europe, plus de 2000 personnes migrantes prises en otage par des puissances et des pouvoirs tyranniques. La fin du monde serait-elle pour maintenant ?

Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus parle ouvertement de la fin des temps à ses disciples. Ce thème semble moderne, et nombre de gourous, de faux prophètes, de sectes, d’idéologues populistes et même spirituelles s’emparent de ce thème pour alimenter la peur chez les gens. Certains avancent même des dates pour annoncer la fin du monde, lorsque d’autres se réfugient dans des bondieuseries …

Jésus enseigne de ne pas chercher à penser la fin du monde, mais de rechercher à comprendre les signes des temps et à vivre connecté à la réalité de ce temps.

Le monde aura une fin, et la fin est sûre. Mais cette fin n’est pas ce que l’on pense ! Elle ne doit pas être pensée comme un cataclysme mondial ni comme une solution humaine de trouver des réponses à la fin des temps par toute sorte de plans à l’échelle cosmique. La fin du monde peut être envisagée par chacun de nous au moment de sa mort. Pour nous croyant, cette fin du monde, le jour de notre mort, est le premier jour pour penser à nos capacités inouïes, nos pouvoirs, nos potentialités infinies, qui rendues à Dieu, viennent mourir en Dieu lui-même.

Les signes de cette fin de monde décrite par les images « d’une grande détresse, le soleil s’obscurcira

et la lune ne donnera plus sa clarté ; les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées » sont l’expression qu’en nous, une ombre, une nuit arrivera. Jésus parle du processus de la mort, qui n’est pas l’image d’Épinal, où paisiblement nous fermerons les yeux pour dormir en paix.

Notre mort pourrait-être d’abord un passage dans la nuit. Lorsque notre conscience et notre intelligence viendraient à disparaître et qu’ainsi, les lumières s’éteignent… Entendez : « le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté » est une image qui exprime comment nos certitudes seront ébranlées.

Certaines personnes, qui prétendent que la fin du monde est proche, ne font que reproduire leur propre peur et leur vision déformée de la réalité dans notre monde. N’est-ce pas d’abord parce qu’elles sont au bout du rouleau avec elles-mêmes et avec leurs possibilités ? Elles sont désespérées et ne voient aucun avenir pour elles-mêmes. C’est pourquoi le monde doit prendre fin selon leur idée. En effet, elles ont en elles une humeur négative et catastrophique.

Jésus ne veut pas la fin du monde ni que tout s’achève. Son message est l’annoncer du commencement. Au moment du Grand passage, c’est là que la lumière s’allume. Lorsque ce monde s’achèvera dans notre mort, alors la lumière qui ne s’éteint jamais brillera dans notre obscurité ; alors le soleil ne se couchera plus… La comparaison du figuier est une invitation à nourrir notre existence des Paroles que Dieu donne à la Vie. En visitant son peuple, Dieu veut que nous hâtions le pas vers sa connaissance et sa Lumière.

Aussi, avec le Pape François, « j’espère que la Journée mondiale des pauvres, qui en est à sa cinquième célébration, pourra s’enraciner de plus en plus au cœur de nos Églises locales et provoquer un mouvement d’évangélisation qui rencontre en premier lieu les pauvres là où ils se trouvent. Nous ne pouvons pas attendre qu’ils frappent à notre porte, il est urgent que nous les atteignions chez eux, dans les hôpitaux et les résidences de soins, dans les rues et les coins sombres où ils se cachent parfois, dans les centres de refuge et d’accueil… »

Votre curé, Joseph SCHMETZ