Méditation du 7e Dimanche de Pâques B : évangile selon Saint-Jean 17, 11b-19

 « Devenez le levain de l’unité. »
Aujourd’hui, nous proclamons un nouvel extrait de la prière sacerdotale de Jésus. Jésus prie le Père et demande : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-même ».
Souvent, nous pensons à l’unité des chrétiens, orthodoxes, Églises issues de la Réforme, Communion anglicane et de l’urgence de mettre un terme à nos divisions pour refaire l’unité dans la mission que le Christ nous a donnée. Sans aucun doute c’est une grande intention que nous portons avec Jésus.

Mais, « Être un » a aussi une signification toute particulière lorsqu’on regarde l’héritage de la sagesse grecque. Pour Parménide d’Élée, l’un des philosophes les plus considérables dans l’histoire de la philosophie grecque présocratique, l’âme et l’esprit ne sont qu’une même chose, et ne forme qu’un seul Être. Il fut le premier à affirmer que la Terre est sphérique et située au centre de l’univers. Ainsi le but de l’existence humaine n’est pas de se diviser, mais bien de s’unifier pour « être un ».
Dans l’évangile, Jésus nous montre un chemin qui apprend aux disciples comment unifier la vie. « Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité ». Oui, Jésus est Celui qui est descendu du ciel, pour visiter toutes les expériences et réalités terrestres. Le symbole des apôtres affirme : « Il est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers », pour dire comment toutes nos zones d’ombres, nos côtés obscurs, nos paralysies intérieures, nos duretés intérieures ou bien tout ce que nous avons négligé, esquivés et oubliés, ont déjà été visités par Jésus qui y descend. Il veut nous sauver et il vient prendre soin de nous pour nous guérir. Lui seul peut nous prendre tout entier, nous ramasser alors que nous sommes dispersés, pour faire l’unité en Dieu avec nous et en nous.
Ce que Jésus demande dans sa prière au Père, se réalise dans chaque Eucharistie. Chaque fois que nous communion à son corps et que nous buvons à la coupe du salut, alors se réalise pour nous le mystère de l’unification, par la pénétration de son Esprit-Saint au cœur de toute la vie. Rien en effet, de ce qui est obscur, inconscient, oublié, froid ou bien nuit n’est exclu. Tout est saisi et promis à renaître pour ne plus que faire un avec Lui.
La prière de Jésus nous révèle la force qui est en nous, lorsque nous sommes des êtres unifiés. Nous devenons des personnes qui font également l’unité autour d’elles. Le problème vient du fait que beaucoup de personnes divisées et éclatées intérieurement créent de la division autour d’elles. Elles rêvent d’unité, d’harmonie dans la famille, dans l’Église, mais parce qu’elles n’acceptent pas la division intérieure et les aspects qui tyrannisent leur existence, elles ne peuvent pas témoigner de l’unité. Chacun a en lui une part de réforme, d’orthodoxie, de judaïté, d’Islam, d’anglicanisme… Tous ces aspects se confondent et parfois se confrontent en nous-mêmes. Toutefois, ce n’est que lorsque nous laissons l’unité se faire en nous que nous devenons capables d’être dans la communion chrétienne et de faire l’unité du Corps tout entier.
Je vous souhaite de devenir un levain d’unité pour le monde. Particulièrement aujourd’hui, dans un monde qui se divise et se déchire au nom des religions, qui fait la guerre et qui alimente la haine entre les humains par des actes de terreur, je vous souhaite d’expérimenter plus fortement encore ce désir de l’unité intérieure et l’urgence de vous mettre à cette tâche pour que l’humain ne fasse plus qu’un avec Dieu, et être levain d’unité et d’espérance pour un monde à bout de souffle.
Votre curé Joseph SCHMETZ.