Que vont devenir les 545 églises de la province de Liège ?

Sans compter environ leurs 200 chapelles ! Certaines sont vides ou délabrées. Et si elles sont liées à l’Église catholique, elles font partie d’un patrimoine public géré par les communes et les fabriques d’église. En période électorale, l’évêque de Liège a adressé un courrier à tous les mandataires communaux liégeois. L’Église catholique veut attirer l’attention des élus sur l’avenir de ses lieux de culte. Plutôt que de les vendre, l’idée est de dresser un inventaire de l’état des bâtiments et de les rendre accessibles à toute la population, qu’elle soit catholique ou non.

Considérer l’église comme un bâtiment public sans la désacraliser

Pour l’évêque de Liège, Jean-Pierre Delville, « il est important qu’une église puisse être ouverte pour la méditation personnelle de qui que ce soit. Il est important aussi qu’il y ait la possibilité offerte d’avoir des activités culturelles qui dépassent le culte catholique, que ce soit des expositions, que ce soit des concerts, que ce soit parfois l’affectation d’un local, il peut y avoir parfois même des utilisations partagées. Donc il est important de réfléchir de temps en temps à une mixité de l’Église, dans la mesure où chacune de ces églises paroissiales relève donc du domaine public. »

Un curé à peine pour 8 paroisses en moyenne

Aujourd’hui, il n’y a plus, en moyenne, qu’un curé pour 8 paroisses. Pourquoi dès lors, si les églises sont si nombreuses, ne pas les vendre ? « On ne peut pas les vendre, sauf si on les a désaffectées. Mais on se rend compte qu’avant de penser à vendre ou à désaffecter, il faut réunir les acteurs du terrain pour avoir leurs avis et suggestions : « le curé et l’équipe pastorale, le bourgmestre et son équipe puisqu’ils sont les propriétaires, le conseil de fabrique de l’église chargé de la gestion quotidienne et les gens du quartier. » Ici, à Saint-Pholien, à Liège par exemple, on réserve la nef désormais pour une organisation qui s’occupe de présentations de peintures de maîtres célèbres d’une façon immersive. Et on limite l’usage, je dirais, religieux, au cœur de l’Église.