Homélies du dimanche

Homélie du 15ème Dimanche du Temps Ordinaire Année C
Homélie du 16ème Dimanche du Temps Ordinaire Année C 1ères Communions à Welkenraedt de : Chloé – Benjamin – Théo Dimanche 17.07.2022 à 10h00
Méditation du 20e dimanche C : évangile selon saint Luc 12, 49-53 ; « Vivre sa propre vie ! »
Méditation du 22e dimanche C : évangile selon Saint-Luc 14, 1.7-14
Méditation du 24e Dim. C : évangile selon Saint-Luc Lc 15, 1-3.11-32
Méditation du 27e dimanche C : évangile selon Saint-Luc 17, 5-10
Méditation du 28e dimanche C : évangile selon Saint-Luc 17, 11-19
Méditation du 30e dimanche C : évangile selon Saint-Luc : 18, 9-14 
Méditation du 31e dimanche C : évangile selon Saint-Luc 19, 1-10 
Méditation du 33e dimanche C : évangile selon Saint-Luc 21, 5-19
Méditation de la fête du Christ-Roi de l’Univers C : évangile selon Saint-Luc 23, 35-43
Méditation du 1er Dimanche de l’Avent A : Évangile selon Saint Matthieu 24, 37-44

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Méditation du 1er Dimanche de l’Avent A : Évangile selon Saint Matthieu 24, 37-44
« Le temps de l’Avent, le temps où nous sommes transformés, où nous devenons libres ».
En ce premier dimanche de l’Avent, nous entendons une prédication de Jésus sur la fin des temps. Ces paroles peuvent nous apparaître terrifiantes : « les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis ». Si certains ont utilisé ces paroles pour fixer la date de la fin du monde, la fin du monde, souvent présentée de manière apocalyptique, est plus proche de nous, lorsqu’il s’agit d’accueillir notre propre mort.
L’expérience du Grand-passage est semblable au récit de l’évangile de Matthieu. Pour nous aussi, juste avant de mourir, la lumière de notre conscience devient une nuit profonde sur nos certitudes, tout semblera dispersé et chaotique, c’est apocalyptique d’envisager de partir ! Encore plus fort, lorsqu’on est dénoncé par ses proches pour être arrêté, mis en prison et mis à mort, comme les chrétiens persécutés de tous les temps… Mais la mort est aussi le lieu de la vie nouvelle et d’une renaissance.
Jésus nous apprend comment rester vigilant, les yeux fixer sur lui. Il vient nous sauver, Il est parmi nous, Il vient en nous ; ainsi lorsqu’arrivera la fin du monde pour nous, il viendra dans son Royaume, nous prendre dans ses mains, dans son Amour, comme une accoucheuse reçoit un nouveau-né dans ses mains.
Le message est une invitation à la vigilance : « Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Être prêt et vigilant signifie pour nous, pas uniquement au temps de la mort, mais dès maintenant de me vivre libre. En m’ouvrir à sa venue en moi, en laissant Jésus venir en moi, je vis la fin d’un monde qui ne pourra plus avoir de l’emprise sur moi. Les exigences et toutes les revendications du monde arrivent alors à une fin. Le monde n’aura plus le pouvoir tyrannique de séduction, de provocation, d’agressivité sur moi-même. Je ne le laisserais plus me dominer ni influencer dans mes choix personnels. Rester éveillé et vigilant, c’est être libre.
Le temps de l’Avent veut nous introduire dans cette expérience de la vigilance intérieure, que vienne la fin des apparences et des gloires scintillantes d’un jour qui assombrissent notre cœur, pour laisser une aurore nouvelle dans notre vie.
En ce début de l’Avent, Mgr Delville nous écrit une lettre pastorale intitulée : « Élargissons l’espace de notre tente ». Tel est aussi le titre de la synthèse mondiale de la démarche synodale. Notre évêque nous invite à la lire, à nous en inspirer pour en parler en petits groupes dans vos communautés, paroisses ou en famille pendant ce temps de l’Avent.
Je vous souhaite le courage d’entrer en Avent en faisant l’expérience de la rencontre de Jésus qui veut guérir et sauver notre vie. Il vient transformer notre vie pour nous donner sa liberté et son Amour.
Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation de la fête du Christ-Roi de l’Univers C : évangile selon Saint-Luc 23, 35-43

« Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

Les gens qui ont un royaume, on les appelle des rois ou des reines et ils exercent leur pouvoir avec les institutions qu’il y a dans chaque pays, c’est un service. Aujourd’hui ce ne sont pas nécessairement des rois et des reines, mais, dans de nombreux pays, ce sont des chefs d’État qui ne sont que des chefs de mafias. Ils utilisent le pouvoir qu’ils ont officiellement, mais derrière, le pouvoir qu’ils ont, c’est par les armes. Et quand ils devraient céder leur place à d’autres, ils refusent. Mais que ce soit de cette manière-là ou d’une autre, il y a là cette affirmation de Jésus qui est importante pour nous : « Je n’exerce pas mon pouvoir comme les puissants sur leur trône » (Jn 18, 33).

Dans les contes, l’image du Roi est souvent utilisée et elle nous parle plus naturellement. Elle n’est pas alors comprise comme une image politique ; mais est le roi, celui qui est libre, qui conduit et décide lui-même de sa vie. Le roi ne laisse pas d’autre prendre les commandes de son existence. Il décide de la direction qu’il lui donne en toute indépendance. Le roi, la reine est toujours libre des influences, des tendances, des séductions pour décider de la direction du chemin à aller. Cette royauté montre une réelle résistance à toutes les puissances qui ne sont rien d’autre qu’un rapt de l’âme au cœur des personnes.

Aujourd’hui, nous célébrons la royauté de Jésus. Elle est bien différente de la royauté mondaine. Dans son Tweet du 21 novembre 2021, le pape François disait : « Il n’est pas roi comme les autres, mais il est Roi pour les autres ». Cette fête du dernier dimanche de l’année liturgique nous montre comment, à la suite de Jésus, nous marchons également en tant que roi et reine, restant debout pour donner la confiance et l’espoir à un monde à bout de souffle.

Mais l’Évangile nous montre Jésus, présenté comme un roi ridiculisé : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Roi des Juifs ! ». Mais, c’est justement alors que le Roi véritable manifeste aux témoins sa royauté. Ainsi, l’un des malfaiteurs condamnés avec Jésus lui demande : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara : « … aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » Jésus a le pouvoir de conduire dans un royaume que le monde ne peut pas détruire, ne peut pas pénétrer, ni connaître et encore moins dominer.

Cette parole de Jésus console et réconforte profondément, lorsque nous aussi, nous l’entendons résonner, quelle que soit notre souffrance et notre silence à propos d’une vie perdue et foutue. Si nous nous adressons à Lui, le Roi véritable, Il nous répondra avec la même promesse : « aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ».

Le paradis est un jardin, une image où tout fleurit et s’épanouit ; où tout est ressaisi et accompli ; où nous sommes en sécurité ; où tout est sauvé. La royauté véritable est cette promesse, qu’au plus profond de nous-mêmes, nous sommes à l’abri de toute corruption et destruction. Notre vie sera alors aboutie dans son royaume, un règne de beauté, règne de Justice et de paix, règne d’amour et de vérité.

Je vous souhaite de découvrir, au-dedans de soi, la bonté de Dieu qui nous saisit, qui nous garde, pour reconnaitre de quelle nature est le royaume de Dieu. Regardons et posons-nous la vrai question : qui te fait vivre ? En qui habites-tu ? Qui habite chez toi ? « Mon royaume est à l’intérieur de vous », le Royaume de Dieu n’est pas à l’extérieur. Jésus a toujours refusé cette forme, il ne veut pas être le roi du monde. Il veut être le roi de chaque cœur, le cœur de chacun. Nous pouvons habiter son âme et Il habite la nôtre.

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation du 33e dimanche C : évangile selon Saint-Luc 21, 5-19 

« Celui qui tient bon gagnera sa vie ! »

La liturgie des derniers dimanches de l’année nous éclaire et nous encourage à tenir bon. Elle évoque les épreuves vécues dans le monde et elle nous incite à placer notre espérance dans le Christ. En cette Journée mondiale des pauvres, nous entendrons un cri, toujours actuel, du prophète Malachie (Mal 3,20) : « Le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement ».

Sur le ton d’un franc-tireur, Jésus prend le thème de la décoration du temple comme une invitation à regarder la date de péremption. Il parle ouvertement du déclin de la gloire même sacrée et l’imminence d’un changement d’époque qui s’accompagnera d’une situation chaotique. Jésus parle de la fin du temple : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. » Mais, il semble également parler de la fin du monde : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume…, et de grands signes venus du ciel. » Lors de grandes calamités, il est naturel de se préoccuper d’abord des besoins matériels pour survivre. Mais l’Homme ne vit pas uniquement de pain. La crise climatique, les grèves et manifestations sociales ne sont-elles pas un signe pour notre temps ? Le temps, n’est-il pas venu d’examiner les implications plus profondes de ce coup porté à la sécurité de notre monde ? L’inéluctable mondialisation semble avoir atteint son apogée. La fin d’un modèle d’Église catholique est souvent l’objet de la spéculation d’observateurs. La vulnérabilité générale d’un monde global saute maintenant aux yeux. Quel genre de défi cette situation représente-t-elle pour le christianisme, pour l’Église et pour la théologie ?

Jésus ne verse pas dans la fantaisie des fins dernières du monde, mais place l’humain au centre de sa vision et invite à un sursaut ainsi qu’à un éveil des consciences humaines. Dans son enseignement aux disciples, Jésus parle de la résistance, au sens de tenir bon dans l’épreuve, de la vigilance et de la patience du disciple dans les situations hostiles. Regard croisé : celui des uns sur le temple, celui de Jésus au-delà du temple sur la période qui suit sa mort et la résurrection, sur la période de persécution de ses disciples et sur l’année historique 70 apr. J.-C., au cours de laquelle le temple de Jérusalem est démoli et détruit par des unités romaines.

Saint-Luc aborde le thème de la patience et de la persévérance. Apprendre à ne pas se laisser submerger, alors que nous serons persécutés, insultés et calomniés… Autant d’expériences vécues par chaque chrétien au moins une fois dans sa vie. Quel chrétien n’a-t-il pas fait l’expérience douloureuse et amère d’injure ou bien d’être l’objet de personnes mal intentionnées… Jésus l’annonçait ainsi : « Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom ». Mais son message veut d’abord nous encourager : « C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

Je ne vois pas Dieu comme un metteur en scène de mauvaise humeur, assis confortablement dans les coulisses des évènements. Je le vois plutôt comme une source de force intérieure, opérant chez ceux qui font montre de persévérance, de solidarité et d’amour désintéressé dans l’épreuve. Oui, y compris ceux qui n’ont pas de « motivation religieuse » pour leur action !

Concrètement, cette invitation à ne pas nous laisser abattre, à ne pas nous laisser influencer ou bien impressionner par ce qui vient du dehors (des médiats anxiogènes, des fréquentations toxiques, des idéologies totalitaires, des abus de pouvoir et de toutes sortes de construction de l’esprit), cette capacité de résistance venue du dedans est une force qui nous garde en vie. La vigilance et la persévérance nous mettent au contact de notre vitalité profonde. Connectés à la vie de l’être en nous, à notre réel, tel qu’il est, sans mirage, sans peur de soi-même ou bien des autres, nous ressentons la sensation d’être des Vivants. Elle nous fait connaître qui nous sommes au fond de soi, en ce lieu qui est notre temple intérieur.

Je vous souhaite de vivre des temps d’être, dans la contemplation profonde, libérée des passions et des émotions, les signes des temps, à l’écoute de l’Esprit-Saint, l’hôte intérieure de notre existence, pour donner une réponse nouvelle au monde en quête d’authenticité et de Paix.

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation du 31e dimanche C : évangile selon Saint-Luc 19, 1-10 ; « Jésus voit le ciel en nous ! »

En ce 31e dimanche, Jésus nous raconte la merveilleuse histoire de sa rencontre avec Zachée le publicain.  Il était de petite taille, mais le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. On peut penser au complexe d’infériorité puisqu’il avait besoin pour être reconnu des autres, d’abord de les abaisser, puis, par la suite augmenter son appétit d’argent et recevoir ainsi la reconnaissance d’être important. Tout ce mécanisme mis en place par Zachée pour être quelqu’un n’a servi à rien. En effet, au regard des autres, il est un pécheur. Un pécheur est une personne qui est exclue de sa communauté.

Dans sa détresse, il veut voir Jésus dont il avait entendu parler et dont il est manifestement touché. Il court en avant et monte dans un sycomore, un arbre aux larges feuilles, lui offrant une belle cache. Mais Jésus le voit et lève les yeux vers lui. Il lève les yeux comme un élan vers les cieux. Du grec : « αναπλεπω », cela signifie que Jésus lève les yeux au ciel. L’envoyé du ciel, Jésus, le Fils de Dieu lève son regard vers le pécheur. Il voit en Zachée que les autres ont exclu, le ciel et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »

Aucune parole de mise en demeure, de leçon morale ou de jugement…

Ce sont le regard et la parole de Jésus qui transforment profondément Zachée. À partir de cet instant, il n’a plus besoin de manger l’argent des autres et il peut faire don aux pauvres de la moitié de ses biens.

Mais ici, une nouvelle fois, les pharisiens récriminaient contre Jésus : « Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. ». Et Jésus d’insister sur : « aujourd’hui, je veux être l’hôte de Zachée ; aujourd’hui, le salut est entré dans cette maison ! »

Aujourd’hui également pour nous, se réalise parfaitement dans l’eucharistie ce qui apparut autrefois pour Zachée et pour les disciples du Seigneur. Et lorsque nous recevrons la Communion dans nos mains, nous pouvons faire l’expérience de ce regard du Seigneur vers nous. Il connait nos péchés et mon existence telle qu’elle est vraiment. Mais Il voit également le ciel qui est en nous !

Aujourd’hui, Jésus veut nous redire : « il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »

Aujourd’hui, Dieu veut habiter ton cœur et Il vient te guérir, te libérer de ce complexe d’infériorité et de ce besoin maladif d’être tourné vers l’extérieur.

Guéri, tu deviens fidèle à toi-même et tu peux exister libre et vrai.

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation du 30e dimanche C : évangile selon Saint-Luc : 18, 9-14 :
« Que signifie rencontrer Dieu ? »

Aujourd’hui encore, Saint-Luc nous parle de l’enseignement de Jésus sur la prière. Saint Luc aime, lorsqu’il utilise une parabole où une femme est mise en scène, compléter par une parabole où il met en homme en scène. Car c’est uniquement lorsqu’on comprend les deux approches complémentaires celle de l’homme et celle de la femme que l’on découvre qui est véritablement Dieu à l’œuvre et que l’on peut comprendre le sens profond de la prière.

Ainsi, dimanche passe, l’exemple de la veuve qui demande justice est l’exemple positif du priant, tandis que le pharisien de la parabole d’aujourd’hui est l’exemple négatif de l’enseignement de Jésus sur la prière.

En effet, le pharisien se tenait debout et priait en lui-même. Il prie Dieu, il prononce des demandes à Dieu, mais en réalité, il se prie à lui-même. Il parle avec Dieu, mais au fond de lui, il reste en lui-même. Il ne s’ouvre pas du tout à Dieu, mais il abuse de la prière pour se rassurer, se louer lui-même et se complaire dans son autosuffisance : « Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne. » Il se raconte à lui-même des histoires sans avoir de relation avec son Dieu.

Le publicain est le contre-exemple. Il est à distance, les yeux baissés et se frappant la poitrine, il dis : « Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis ! » Ici la prière est très brève et Jésus dira de lui : « c’est lui qui était devenu un homme juste ». Dans sa relation à Dieu, Il se ressent dans la prière et parle à Dieu dans la confiance d’un cœur à cœur ouvert.

Elle est là, la pointe de l’enseignement de Jésus sur la prière. Prier n’est pas une fuite dans de hautes pensées pieuses ou des formules bien faites sur Dieu. Prier, c’est aller à la rencontre de Dieu. Rencontrer Dieu signifie également aller à la rencontre de soi-même et de ressentir son être avec toutes les réalités de sa vie ; c’est-à-dire avec ses joies, ses peines, ses peurs, ses espoirs et ses souffrances.  Et quand, dans la prière, je rencontre Dieu, je peux ressentir que je suis toujours en retrait par rapport à l’image que Dieu s’est faite de moi. Je pourrai alors me dire en moi-même les paroles du publicain : « Père, montre-toi favorable au pécheur que je suis ! ». Cela ne veut pas dire que je me rabaisse, mais que je me sens tel que je suis et que j’expérimente le réconfort de sa grâce d’être accepté inconditionnellement par Dieu.

C’est le vrai cadeau, la transformation de ma propre réalité en grâce ; c’est le cadeau de se vivre en croissance et en relation humaine.

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation du 28e dimanche C : évangile selon Saint-Luc 17, 11-19 ; « La lutte s’arrête quand commence la gratitude ! »
Aujourd’hui, nous proclamons l’évangile de la guérison de dix lépreux par Jésus. En raison de la lèpre qui les a exclus du village, ils crièrent en direction de Jésus. Leurs cris expriment la distance qui les sépare. Ils veulent être guéris par Lui. Et Jésus est prêt à s’engager pour eux, mais d’une manière très terre à terre. Il leur dit simplement : « Allez vous montrer aux prêtres. » C’est en cours de route qu’ils furent tous purifiés. Nous aurions souhaité que Jésus s’arrête, les touche ou bien leur impose les mains ou bien qu’il soit plus démonstratif…
Eh bien, non, il leur dit d’aller se montrer aux prêtres.
Étonnamment, neuf prennent cela pour une évidence et continuent leur chemin. « Un seul, voyant qu’il était guéri revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce », nous rapporte le récit
La Tradition biblique parle des trois actions de Dieu pour ceux qui se fient à lui. Premièrement, les personnes sont purifiées, cela veut dire qu’elles s’acceptent entièrement et qu’elles peuvent consentir à elles-mêmes ; deuxièmement, les personnes sont guéries, leur âme est guérie et elles vivent en paix avec elle-même, elles deviennent entièrement un ; et troisièmement qu’elles sont sauvées, du mot grec σωθεί, délivrées des peines du jugement, sauvé des maux qui font obstacle à l’accès au vrai soi pour être pleinement humain.
Cette expérience de la force de Dieu, nous la renouvelons chaque fois dans nos vies, lorsque nous ressentons l’acceptation profonde : « oui, maintenant, je peux m’accepter tel que je suis ; maintenant, je me sens guéri et sain, en accord avec mon être ». Pour être accomplie, cette expérience appelle également les deux autres attitudes décrites dans l’évangile du jour : ne pas prendre la conversion et la guérison pour acquises, mais l’accepter avec reconnaissance et la rendre à Dieu dans l’Action de grâce. À l’image de l’homme qui revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.
Dans plusieurs églises est célébrée la fête des moissons ; une action de grâce à Dieu pour les fruits reçus de notre mère Terre. Ainsi, la gratitude fait partie de l’essence même de l’être humain. Par contre l’ingratitude manifeste l’oubli, ou plutôt une méconnaissance des bienfaits reçus. Les ingrats, disait Cicéron sont ceux qui ont oublié qu’ils sont des humains.
Avoir de la gratitude c’est éprouver le sentiment agréable pour un service rendu, pour un bienfait. La reconnaissance est l’action de reconnaître un service. La gratitude indique donc plutôt le sentiment personnel de celui qui est obligé ; et la reconnaissance, le sentiment qui pousse celui qui est obligé à témoigner ce qu’il ressent. Avez-vous déjà vécu cette sensation d’être obligé à l’encontre de quelqu’un qui vous a fait du bien ?
Ce sentiment fait apparaître de la bonté chez les personnes pour elles-mêmes ainsi que pour autrui. Loin d’une attitude d’arrogance, ou d’autosuffisance qui ressemble tellement au comportement des pharisiens, scribes et autres docteurs de la loi, Jésus veut offrir dans chacune de ses rencontres sur sa route la joie profonde d’être des sauvés par Dieu.
Je vous souhaite de vivre chaque jour davantage une gratitude profonde et d’expérimenter la bonté infinie secrète dans la volonté de ne pas oublier les bienfaits que le Seigneur offre.
Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation du 27e dimanche C : évangile selon Saint-Luc 17, 5-10
« Pourquoi ne pas se placer au-dessus des autres ? »
Dans la courte parabole de ce dimanche, une nouvelle fois Jésus utilise une image et des paroles provocatrices pour que nous entrions dans l’expérience d’une nouvelle liberté et d’une nouvelle largesse dans la gestion de la faute.
L’histoire s’inspire de la vie quotidienne, d’une relation maître/esclave. Bien sûr que Jésus, tout comme chacun de nous, sommes opposés à l’esclavagisme ! … D’ailleurs cette parabole ne veut en aucun cas justifier ni faire l’éloge de l’esclavage. Bien au contraire. Elle raconte que même de retour des champs, le serviteur va d’abord préparer le dîner de son maître. Et c’est seulement, lorsque le maître aura mangé, que le serviteur mangera à son tour.
Par cette parabole, Jésus nous éveille au sens profond de notre mission d’être : comme des serviteurs inutiles, nous devrions nous dire : « nous n’avons qu’accompli notre devoir !»
Cela peut paraître austère. Mais ne s’agit-il pas de cette vision importante du sens de la vie humaine ? Le danger de la spiritualité, c’est que nous nous laissons entraîner dans la grandiosité et les idées, que nous nous plaçons au-dessus des autres. Jésus ne veut-il pas dire que la vie spirituelle, c’est apprendre à faire ce que je suis de par mon état ? Mon simple devoir d’état à faire bien ce qui est juste là à mes propres yeux ; mon devoir d’état aux services des autres, ce que je dois à Dieu. Et puis de manière plus sobre encore, me réaliser dans ce qui est la tâche du moment et l’accomplir avec tout mon être.
La sagesse et la philosophie chinoise parlent du tao. Ce terme qui se trouve au coeur du Tao Te King, le « Livre de la Voie et de la Vertu » écrit vers 600 av. J.-C. par Lao Tseu. Le tao est le principe à l’origine de toute chose ; il est la « mère du monde », la « grande source », la matrice originelle qui précède les choses différenciées, et qui est présente en tout élément différencié. Il est ordre et éternité. Il est la réalité ineffable, indescriptible.
Ainsi, le tao n’est pas palpable : il semble vide et caché, et pourtant c’est par lui que tout se manifeste. Il désigne aussi : la « voie » : celle qui consiste à prendre conscience du tao et à marcher (retourner) vers lui. Il désigne également une morale : c’est-à-dire la pensée et l’action vertueuses, équilibrées, conformes au tao. Les voies qui mènent à la maîtrise d’un art et à la domination de la matière, apparaît brusquement et n’est attesté avec le sens abstrait de la réalité ultime.
Par son enseignement, Jésus veut donner tout son sens à l’ordinaire, la vie dans l’Esprit-Saint, la spiritualité est une école soumise au réel, dans l’ordinaire. Simplement faire ce qui est mon devoir. Dans sa règle, Saint-Benoît l’avait déjà bien compris. Il soumet chaque spiritualité à un contrôle de la réalité. Alors, on sent chez les personnes qu’elles sont à leur tâche, qu’elles font ce qui est essentiel, ou bien, si elles fuient dans la piété les tâches quotidiennes, leurs obligations familiales et professionnelles…
Ainsi la foi en Dieu ne se traduit pas par de belles idées, des pensées pieuses ou bien par des idées de grandeurs. Aujourd’hui, Jésus appelle à une vision de la spiritualité qui ne signifie pas se placer au-dessus des autres, mais faire ce qui est juste.
Je vous souhaite de vous épanouir dans la foi à travers de petites choses accomplies en fidélité avec votre être et le travail invisible, mais réel de l’avènement du Royaume de Dieu parmi nous.
Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation du 24e Dim. C : évangile selon Saint-Luc Lc 15, 1-3.11-32
« Le désir de retour chez soi !»
Jésus raconte la parabole du fils prodigue en réponse aux pharisiens et aux scribes qui récriminaient contre lui, parce qu’il mangeait avec les pécheurs. L’image du repas partagé avec eux est également une image de l’Eucharistie. La question est de savoir ce qui au juste émeut tant les gens. Cette parabole aborde leurs nostalgies les plus secrètes, leur désir de trouver le chemin de retour de l’inauthentique vers l’authentique, de l’errance vers un retour, pour donner sens et aller vers la cible, le cœur de soi. C’est le désir qu’en toute situation, quel que soit le degré, quel que soit l’erreur, la faute, la conversion et le retour à la maison est bien au fond de nous le désir d’avoir accès à son être profond, à son âme.
Le premier fils qui veut vivre l’aventure. Il se trouve à l’étroit à la maison du père. Il part dépenser tous ses biens sans compter, il ne connaît pas de limite, et il finit par atterrir au milieu des porcs. Pour les juifs c’est synonyme d’impureté et d’avoir péché. Pourtant, c’est lors de sa descente en servitude, qu’il fait l’expérience d’entrer en lui-même et qu’il se remet à parler avec lui-même. Il entre en contact avec son désir profond de se lever pour retourner vers son père. « Au moins il y a du pain en abondance… » Et le père, si magnifique, l’apercevant et saisi de compassion courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Il partage dans l’allégresse sa joie : « mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. » Pour signifier que son fils est sauvé maintenant, le père l’habille du plus beau vêtement pour l’habiller et lui passe une bague au doigt. Merveilleuse image pour exprimer que le fils découvre sa beauté intérieure et choisit d’y consentir.
Le fils aîné est également une figure qui vient nous révéler notre ambiguïté humaine. Ne sommes-nous pas fait, à la fois poussé par nos envies et nos actes irraisonnables, sans limites, à l’image du premier fils, et puis la colère et l’accusation qui veut tout expliquer et justifier de notre droiture et notre conduite exemplaire ? Même si la parabole ne parle pas de cette attitude, le deuxième fils, enfermé dans sa spiritualité étroite, s’étant tout interdit pour bien correspondre aux attentes des autres, est devenu acariâtre, acerbe, agressif, mauvais et méchant. Il refuse d’entrer et rejette son frère et son père !
Le père, avec une tendresse toute maternelle s’adresse alors à lui en lui disant : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi ». Nous ne saurons jamais, si le fils aîné fait le chemin d’entrer en lui-même pour retourner vers le père…
Étrange paradoxe, mais parfois, celui qui s’est perdu et égarer du bon chemin manifeste plus de facilité à se convertir que celui qui n’a jamais pris de risque et qui s’est toujours dit qu’il n’a pas besoin de se convertir puisqu’il est sur le bon chemin. Mais, n’est-il jamais entré dans la Vie ?…
Je vous invite à vous poser la question très personnellement pour savoir lequel des deux fils est le plus fort en nous ? Le fils qui veut vivre sa vie, ou bien le fils qui s’enferme dans ce qui est correctement et droit, mais qui par la suite devient dur et sans miséricorde ?
Aujourd’hui, chacun des deux fils est invité à se laisser embraser par l’infinie tendresse du père qui les invite chacun à revenir au repas qu’il veut préparer pour eux et manger avec eux.
Ainsi, heureux sommes-nous également, souvent perdus et fâchés avec nous-mêmes et contre le monde entier, mais toujours invité au repas du Seigneur qui vient nous passer l’anneau pour que nous fassions alliance avec lui. Ici le Seigneur vient nous relever ; lorsque nous sommes morts, Il nous donne sa vie ; lorsque nous sommes perdus, Il vient nous retrouver pour célébrer la beauté d’une vie réussie.
Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation du 22e dimanche C : évangile selon Saint-Luc 14, 1.7-14 ; « Apprendre l’humilité ! »
Invité dans la maison d’un chef des pharisiens, Jésus observe comment ils choisissaient les premières places à table. Partant de cette situation, Jésus utilise la parabole pour faire mieux apparaître l’hypocrisie et invite plutôt de choisir à l’arrivée, la dernière place afin de laisser à l’hôte, la joie de t’inviter à avancer à une place plus élevée en raison de votre amitié.
Jésus ne parle pas d’une règle de bienséance ni d’un savoir-vivre lors d’un banquet. Il enseigne une attitude méconnue des pharisiens : l’humilité.
« En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. » Ces mêmes mots sont utilisés par Saint-Benoît dans l’introduction du chapitre 7, sur l’humilité, qui est l’un des plus longs, mais aussi un des chapitres les plus importants dans la règle. Elle date du milieu du VIe siècle. L’humilité ce n’est pas d’accepter l’humiliation. Du latin humilitas, l’humilité est présentée par son contraire, l’exaltation, qui est elle-même rattachée à la catégorie plus générale de l’orgueil. L’humilité y est présentée sous la forme de l’ascension d’une échelle, qui serait inversée : on y monte en descendant, puisque l’humilité ne peut être acquise en s’élevant, mais en s’abaissant, comme le dit explicitement la partie centrale de la règle de Saint-Benoît inspirée directement de l’évangile d’aujourd’hui.
Pour le moine, mais également pour celui veut grandir dans la vie spirituelle, il s’agit de ne pas avoir peur de descendre en lui-même, jusqu’à l’intérieur de ses sentiments. Il marche dans l’acceptation de qui il est en profondeur, là où Jésus descend avec lui, vers son âme, et, que lui seul vient illuminer. Avec la Lumière du Christ, la réalité se révèle la seule école de la vie authentique et fidèle à Dieu. Marcher humblement à la suite de Jésus est une marche vers la liberté.
Si je n’ai pas peur de ma réalité, alors je peux être serein. Je n’ai pas besoin de m’effacer, de me cacher derrière une façade, ni de mettre un masque pour paraître plus vrai… Je vis simplement en accord avec mon être, ouvert au mystère de la vie qui trouve toujours sa source au-dedans de ma réalité humaine. Je deviens pleinement homme ! N’est-ce pas ce que Dieu à fait le premier pour nous libérer et nous sauver ?
Ainsi, celui qui cherche à s’élever au-dessus des autres, ou qui préfère sa suffisance, adoptant des comportements arrogants, ou bien qui préfèrent sa fierté, va à la rencontre de la défaite et de l’échec ! Celui qui, au contraire, a le courage de descendre en lui-même pour mieux se connaitre et se vivre ne pourra plus tomber. Comme un arbre bien planté, il poussera et portera du fruit dans la joie. L’humilité signifie également être avec ses deux pieds posés solidement au sol et sur la terre qui le fait grandir.
Votre curé, Joseph SCHMETZ

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