Homélies du dimanche

Méditation du 1er Dim. Carême B : évangile selon saint Marc 1, 12-25
Commentaires de l’Évangile du 2e Dimanche de Carême – Année B – Mc 9, 2-10
Méditation du 3e dimanche de Carême B : évangile selon saint jean 2, 13-25
Méditation du 4e dimanche du carême B : évangile selon saint Jean 3, 14-21
Commentaires de l’Evangile du 5ème Dimanche de Carême – Année B – Jn 12, 20-33 – 21.03.2021
Homélie du Dimanche des Rameaux et de la Passion du Christ – Année B – 28.03.2021
Méditation du Dimanche des Rameaux et de la Passion B : évangile selon saint Marc 14 & 15
Méditation du Jour de Pâques : évangile selon saint Jean 20, 1-9
Homélie du 2ème Dimanche de Pâques – Année B – 11.04.2021 – Jn 20, 19-31
Méditation du 2e Dimanche de Pâques : évangile selon saint Jean 20, 19-31
Médiation du 3e Dimanche de Pâques B : évangile selon saint Luc 24, 35-48
Homélie du 4ème Dimanche de Pâques – Année B – 25.04.2021 – Jn 10, 11-18
Homélie du 5ème Dimanche de Pâques – Année B – 02.05.2021 – Jn 15, 1-8

Haut de Page

Homélie du 5ème Dimanche de Pâques – Année B – 02.05.2021 – Jn 15, 1-8

Chers sœurs et frères,

Dans l’Evangile de ce jour, Jésus nous parle à nouveau en parabole, faisant allusion à une vigne.

Si nous plaçons ce récit dans son contexte, nous sommes le soir du Jeudi Saint, où après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus prend congé des siens. Jésus parle de vigne et de vin, en des termes qui font état d’une Alliance. Alliance entre Jésus et notre humanité, comme l’Alliance fut scellée, dans l’Ancien Testament, entre Dieu et le peuple d’Israël. Dans ce récit, Jésus nous fait découvrir qui Il est et comment nous maintenir uni à Lui. Découvrons ensemble la beauté de ce message. Tout d’abord, à qui Jésus fait-il allusion, lorsqu’Il parle de vigne, de cep, de sarments et de vigneron ? La vigne, les ceps, c’est Jésus, les sarments, c’est chacune et chacun de nous, greffé au Christ, nourri de la même sève, l’Esprit Saint. Le vigneron, c’est Dieu lui-même. De nombreuses manières nous permettent de rester greffés au Christ, comme nous le rappelle le Père Didier Noblot, dans la revue Magnificat de ce mois de mai :  la prière personnelle et communautaire, l’adoration eucharistique, la relecture des évènements, l’accompagnement spirituel, la fréquentation des sacrements, le service aux autres, le soin apporté à la planète, notre Maison commune comme l’a décrit le pape François. C’est ainsi que le chrétien témoigne de sa foi. La foi ne lui est pas donnée de manière non évolutive, elle constitue la réponse aux exigences de la Parole, qui veut être reçue et vécue chaque jour, dans le concret de son existence. Jésus nous invite à porter du fruit, et avec insistance, car cette expression est présente six fois dans cet extrait d’Evangile. Sarments que nous sommes, branchés à la vigne, nous sommes les membres du Corps du Christ unis à Jésus et à son Père, notre Père, par l’Esprit Saint, amenés à fournir un fruit vigoureux, un vin de qualité. Pour permettre au fruit de mûrir et d’acquérir sa maturité, il faut qu’il soit maintenu au cep de manière permanente, nourri et irrigué. Il en est de même pour nous. C’est ainsi qu’unies au Christ nos actions deviendront fécondes. Les chrétiens sont identifiés par leurs actes : « C’est à leurs fruits que vous les reconnaitrez ». Mt 7, 16. Ce vin produit par la vigne fait allusion à l’Eucharistie, au sang du Christ, versé pour nous, pour le rachat de tous nos manques d’amour. C’est en partageant le Sang versé et le Corps du Christ, que nous demeurerons en Lui et Lui en nous : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. » Jn 6, 56.

« Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. » Jn 15, 6.

Les fruits de la vigne symbolisent la foi vécue, et le témoignage qu’elle rend sur la portée missionnaire des fruits fournis. Oui sœurs et frères, déconnectés du Christ, nous perdons vitalité et forces, nous finissons par nous assécher, devenant inconsistants, perdant tout repère et discernement, errant sans but, sans raison d’être, devenant électrons libres, sans attraction. N’étant plus unis au Christ, nous allons prendre de fausses pistes qui fournissent une vie superficielle et éphémère, sans profondeur. Bonheur de l’instant présent associé à une matérialisation à outrance, une surconsommation exagérée, où une vie relationnelle ne trouve pas sa place. Pour que la vigne porte du fruit, celle-ci doit être émondée. Ce sont les hommes qui ont émondé Jésus, le plaçant sur la croix, Lui la vraie vigne aimée du Père. En s’effaçant, par sa mort, Jésus a donné Vie au monde, la vigne a porté un fruit nouveau et qui demeure, dont nous sommes aujourd’hui encore, après plus de 2000 ans, les heureux bénéficiaires. « Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. » Jn 15, 8.  A nous aussi de porter du fruit, un fruit qui demeure. Image du travail de Dieu dans son Eglise, et en nous, Il purifie, Il émonde, Il nettoie. Cela est douloureux mais nécessaire, pour que les vendages soient plus belles, plus abondantes. Le voici le fruit qui donne Vie et que nous sommes invités, par le Christ, à porter en abondance, au cœur de notre monde, à nos portes, à l’intérieur même de nos maisons : le fruit de l’Amour. Le disciple se définit par le devoir du témoignage apostolique. Témoigner de ce qui nous fait vivre, qui nous anime, qui oriente nos journées. Cela est nécessaire pour que le fruit soit abondant et universel, qu’il nourrisse l’entièreté de notre monde. Il nous est demandé de rayonner de cet Amour de Dieu qui nous anime, dans tous les lieux que nous fréquentons. Nous sommes invités à être contagieux. « Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » Mt 5, 15-16. Amen.

Guy SCHYNS, diacre permanent

Haut de Page

Homélie du 4ème Dimanche de Pâques – Année B – 25.04.2021 – Jn 10, 11-18

Chers sœurs et frères,

Dans l’évangile selon saint Jean que vous venez d’entendre, Jésus se présente comme étant le bon pasteur, le vrai berger, d’une multitude de brebis. Quel est le message que Jésus veut nous adresser par cette comparaison ? « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui … » Jn 10, 11-12. Cette association au berger est classique dans tout l’ancien orient, pour désigner les dieux et les rois. Voici quelques extraits bibliques qui illustrent bien ce parallélisme : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien «  Ps 22, 1. « Car ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. » Ez 34, 11. Bon pasteur ou bon berger fait partie des sept paroles Je suis… que l’on trouve uniquement dans l’Évangile selon Jean et qui fait allusion à un aspect de la mission de Jésus : celui qui rassemble, guide, recherche celui qui est égaré et donne sa vie pour les autres. Il fait paître ses brebis ou ramène la brebis égarée. Le bon berger est, dans cet extrait d’Evangile, comparé au mercenaire, personne qui s’acquitte d’une tâche contre salaire. Pour ce dernier, l’argent pourrait être sa seule priorité, il ne voit que son propre intérêt, même s’il propose une vie merveilleuse, qui sera éphémère et sans consistance. Quant’ à Jésus, sa dimension est tout autre : « Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent … » A la différence du mercenaire, pour qui les brebis ne comptent pas, les hommes, tous les hommes, ont du prix aux yeux de Jésus. Leur vécu, leur bonheur, leur devenir, sont pour Lui ses priorités. Jésus ira jusqu’à donner sa vie pour chacun d’eux. La connaissance des brebis dont Jésus fait référence, va bien au-delà qu’une pure connaissance superficielle, c’est une naissance commune avec l’autre, par amour, un engagement total pour lui. C’est le partage d’une vie dans sa proximité et dans son intimité, dans la compréhension réciproque, en communion de pensée et de cœur. Le vivre avec, c’est s’engager activement pour l’autre. Jésus ira jusqu’au don ultime pour l’autre, il ira jusqu’à donner sa vie. L’expression « Donner sa vie » sera utilisée quatre fois dans cet extrait d’Evangile. Expression paradoxale, car lorsqu’un berger décède, il ne sait plus sauver ses brebis. Et pourtant, Jésus nous dit que, par sa mort, il va nous sauver. Jésus a fait de sa mort une offrande pleinement consciente et libre, un acte volontaire.  Il accomplit ce geste par amour pour notre humanité, pour tous, pour la multitude. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Jn 15, 13. Le texte grec donne davantage de précision que les traductions, littéralement : je dépose mon âme, je me dessaisis de ma vie. « comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. » Jn 10, 15. Voici ici l’intimité intrinsèque, amoureuse et réciproque, vitale, du Père et du Fils, avec l’Esprit Saint, dans le mystère de l’alliance trinitaire. Cette intimité de Jésus se vit également avec ses frères et sœurs que nous sommes, qu’il sauve de la mort, qu’il fait renaître à une vie nouvelle en Dieu. Cette vie à laquelle nous avons part nous aussi, par le Sacrement de baptême que nous avons reçu. L’apothéose de ce don d’amour éclate dans la résurrection de Jésus où, avec Lui, il nous fait entrer dans la Gloire de Dieu son Père, notre Père. « J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. » Jn 10, 16. Nous percevons ici la dimension universelle, œcuménique, de la mission que Jésus a reçue de son Père, amour donné pour tous, sans exclusion. L’amour de Jésus permettra à tous, si perdus soient-ils, d’entendre sa voix et de se sentir écoutés, reconnus, regardés, aimés. « Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. » Jn 10, 17-18. Personne n’a pris la vie de Jésus. Pour l’évangéliste Jean, la mort est un fait du passé. Jésus a donné librement sa vie en plein accord avec la volonté de son Père. « Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. » Jn 8, 29. Comme la vie entière de Jésus fut une mission, sa mort en est le sommet. Chers sœurs et frères réjouissons-nous et soyons dans l’allégresse, la mission entière de Jésus se résume par ce verset qui précède l’extrait d’Evangile de ce jour et qui s’adresse à chacune et à chacun de nous, le voici :  « Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. » En cette journée mondiale de prière pour les vocations, prions le Seigneur de nous envoyer de nombreux pasteurs, accompagner toutes les brebis qui peuplent la bergerie qu’est notre Eglise en marche. Amen.
Guy SCHYNS, diacre permanent

Haut de Page

Médiation du 3e Dimanche de Pâques B : évangile selon saint Luc 24, 35-48

« C’est la lumière de la résurrection qui guérit notre regard » 

Au 3e dimanche du temps de Pâques saint Luc rapporte comment, retournés à Jérusalem, les disciples bouleversés avaient reconnu le Seigneur à la fraction du pain, lorsqu’ils étaient à Emmaüs. Et voici que Jésus lui-même ressuscité fut présent au milieu d’eux. Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un fantôme. Alors Jésus leur dit de regarder et de le toucher pour qu’ils fassent le constat de la chair et de la présence réelle de Jésus parmi eux.

C’EST BIEN MOI ! et le grec traduit : «εγώ είμαι Αυτός ».

« Αυτός » désigne l’être, le soi profond, le noyau de la personne, dans la philosophie des stoïciens. Et saint Luc est pétri par cette sagesse grecque lorsqu’il écrit ces récits. Ainsi, lors de la rédaction de son évangile et du livre les Actes des Apôtres, c’est avec les outils du stoïcisme qu’il traduit l’expérience du ressuscité aux apôtres. C’est une fois Ressuscité, que Jésus de Nazareth est vraiment devenu Lui-même, le Vivant, Dieu parmi nous ! Ainsi Vivant, Jésus accomplit la promesse et la quête du désir profond de l’humain de voir Dieu. Nous sommes également informés de cette promesse qui nous est faite de la part de Dieu que dans notre résurrection, tout en nous trouvera son achèvement et son plein épanouissement.

Cette page de l’évangile de saint Luc parle de la signification qu’a pour nous la résurrection. Nous serons libérés des apparences, des représentations et des masques, pour enfin, être celui de nous somme, être en accord profond avec la vie de l’Être en nous.

Saint Luc poursuit qu’alors, Jésus ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures et leur dit comment le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts ! Il ne suffit pas de prendre une bible de l’ouvrir et de la lire pour expliquer la vie et le destin de Jésus ! C’est avec le recul et dans la lumière de la résurrection que les apôtres voient que Ressuscité signifie l’accomplissement de la vie et des promesses.

C’est bien Dieu qui relève l’humain et le fait sortir du tombeau. C’est Dieu qui nous sauve de la noyade, lorsque nous coulons ; c’est Dieu qui nous libère des idoles et des liens de servitudes, lorsque nous sommes captifs, enfermés dans des fausses représentations de l’homme ; c’est Dieu qui transforme nos larmes et notre tristesse en joie ; tout cela s’accomplit par et dans la résurrection du Jésus. La résurrection n’est pas une expérience totalement inconnue des apôtres. Jésus veut leur faire comprendre que c’est de tout cela que parlaient déjà les Écritures et que Dieu a toujours fait ainsi par le passé. Dieu est bien Celui qui initie cette vérité, cette liberté, cette vie, cette joie en nous pour la vie nouvelle dans l’Esprit-Saint.

La résurrection de Jésus est la promesse de Dieu d’une expérience immédiate de plénitude, d’harmonie, de paix et de joie entre nous. Elle est la promesse de la Fraternité universelle annoncée et vécue par celles et ceux qui croient en Lui. Elle est la promesse d’une recréation de notre soi profond, enfin libre des attentes et des cadres qui ont longtemps enfermé nos existences. Elle est la promesse que Dieu peut transformer la nuit en jour, la trahison en nouveau commencement, la dureté pour la faire éclater en Vie nouvelle.

Votre curé Joseph SCHMETZ

Haut de Page

Méditation du 2e Dimanche de Pâques : évangile selon saint Jean 20, 19-31

« Pâques est la transformation de nos blessures. »

En ce jour de la Divine Miséricorde, je vous souhaite de vivre le mystère pascal dans cette expérience de la communion de nos blessures et de nos souffrances aux marques des plaies du Christ Ressuscité.

 En effet, l’histoire de l’apôtre Thomas qui veut mettre son doigt dans les marques des clous et dans le côté ouvert de Jésus nous révèle combien il a besoin d’expérimenter personnellement dans sa chair Jésus, celui qu’il avait connu, aimé, et que les apôtres disent ressuscité. Souvent présenté comme celui qui a douté, Thomas est bien plus d’abord celui qui a besoin de faire l’expérience de l’identification du crucifié. Il a besoin de vérifier que le ressuscité n’est pas un autre, un fantôme, mais que c’est bien Jésus qui est mort pour lui. Pour lui, les paroles des apôtres ne suffisent pas ; il veut faire l’expérience dans sa propre chair du Christ Vivant. Et c’est bien au moment où Thomas touche des blessures du Jésus, que se passe le miracle de la Foi pour que les blessures de Jésus soient convoitées. Avez-vous observé comment des artistes à travers les âges ont enjolivé fortement les plaies du corps de Jésus, jusqu’à les couvrir d’or ? Les représentations des plaies et les dévotions aux plaies de Jésus le Christ renvoient bien aux expériences des plaies qui nous font souffrir personnellement.

Les marques dans la chair de Jésus sont une merveilleuse image pour nous, car elles nous invitent à nous fier au Christ pour qu’Il nous soigne et nous sauve des blessures de notre vie humaine et spirituelle. Comment nos blessures sont-elles les blessures que le Christ porte en lui ? Lorsque nous regardons les marques des clous dans ses pieds, nous pouvons reconnaitre nos manques de confiance, nos fuites causées par la souffrance d’être sans défense. La blessure du cœur ouvert de Jésus nous réveille à nos blessures affectives. Les blessures aux mains renvoient aux expériences douloureuses d’être jugé et cloué dans une fausse image ; ou bien enfermé dans des tiroirs réducteurs ; ou bien lorsque nous avons été humiliés et que d’un revers de la main, nous avons ressenti le rejet, le mépris et le manque de considération ; ou bien encore d’être lâché par la main protectrice qui s’est subitement retirée, sans dire un mot, nous laissant tomber.

Alors, oui, ce sont bien nos blessures, et par elles que nous touchons les blessures de Jésus. Aux mains pour que par elles, nos propres blessures soient guéries. L’apôtre Thomas veut mettre sa main dans le côté ouvert de Jésus. Nous aussi, nous pouvons toucher la blessure affective qui nous fait souffrir, celles de nos déceptions amoureuses, de nos trahisons, de nos duretés, celles des rejets, des calomnies et des condamnations par les autres, de notre personne. Ainsi, c’est en touchant la blessure de Jésus-Christ qu’Il vient soigner, guérir et sauver nos souffrances. À la messe, la communion au Corps du Jésus est la transformation de nos blessures en une vie nouvelle et libre. À chaque communion, nous tenons dans la main son corps et nous pouvons facilement nous représenter le Christ qui nous guérit des blessures aux mains.

Mais, Jésus ajoute : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Parfois, nous ressentons le silence et l’absence de Jésus en nous fait mal. Alors Pâques, nous apparaît étrange. Nous ressentons la nostalgie d’une belle fête, et faisons l’expérience d’un Dieu lointain. Cette sensation peut également être. C’est dans ces nuits que retentissent les paroles : « heureux ceux qui ne voient pas et qui se fient tout de même au Christ ! » Croire, parce que nous avons fait un jour une expérience personnelle de la rencontre avec Dieu et que ce n’était pas une illusion. Alors, cette Foi nous porte dans ces moments où nous n’expérimentons rien. Ainsi, la joie de croire sans voir demeure et Jésus en fait une béatitude.

En union de prière, cordialement,

Votre curé, Joseph Schmetz

Haut de Page

Homélie du 2ème Dimanche de Pâques – Année B – 11.04.2021 – Jn 20, 19-31

Chers sœurs et frères,

Ce 2ème Dimanche de Pâques clôture l’Octave de Pâques et est également institué « Dimanche de la Divine Miséricorde ». Je vous propose de cheminer pas à pas au cœur de ce  récit de l’Evangile selon saint Jean, que vous venez d’entendre.

« … en ce premier jour de la semaine … Jésus vint, et il était là au milieu d’eux ». Jn 20, 19. C’est en faisant mémoire du Cénacle qu’ici Jésus rejoint ses disciples, au milieu d’eux. Remarquez la démarche de l’aller vers, de rejoindre l’autre dans son vécu, et cette première parole du Christ après la résurrection : « La Paix soit avec vous ! » Jn 20, 19.21, que Jésus prononcera par deux fois dans cet extrait d’Evangile.

Jésus rejoint ses disciples malgré les portes verrouillées du lieu où ils étaient. Au moment des faits, c’étaient toujours un temps de peur, de persécution, ajouté à cela l’incertitude faisant suite à la disparition de Jésus, de sa résurrection, temps d’incompréhensions, les disciples sont craintifs. Mais pour nous, chaque Dimanche, se renouvelle le signe de cette présence de Jésus, où il rejoint les siens, comme pour chacune et chacun de nous aujourd’hui, au plus profond de notre être, en ces lieux qui sont les nôtres. « Tu es là Seigneur, au cœur de nos vies, et c’est toi qui nous fait vivre. Sans te voir, nous croyons. » Nous aussi Seigneur, aujourd’hui, nous sommes tentés de verrouiller peureusement nos portes. Que l’Esprit Saint nous libère de nos carcans, de nos entraves, de nos situations angoissantes qui nous paralysent, qui nous referment sur nous mêmes et nous rendent imperméables à ton message d’Amour libérateur. La Paix donnée par Jésus par deux fois, est une Paix qui se donne dans la joie Pascale, à la suite d’une période d’épreuve et de mort, au retour d’une situation désespérée. C’est la joie de la Paix qui vient de la foi en Jésus Christ. Lors de chaque Eucharistie et par la voix du prêtre, Jésus nous souhaite la paix : « La paix soit avec vous ! », et à la donner mutuellement à son voisin, à l’invitation du prêtre ou du diacre. Cette paix donnée, par un baiser, une poignée de main, un regard, un sourire, n’est pas un geste anodin. C’est être pour l’autre, membre du Christ à part entière, animé de cette volonté d’être don d’amour pour l’autre. « De même que le Père, m’a envoyé, mois aussi je vous envoie … » Jn 20, 21. Quelle beauté ! Quelle confiance a Jésus envers nous. Il nous adresse une mission, celle adressée à tout baptisé, Il fait appel à nous, tels que nous sommes, avec nos talents personnels, mais aussi avec nos défauts, nos faiblesses, nos fragilités, nos limites. Prenons conscience de cette responsabilité qu’Il nous confie, celle d’être des ambassadeurs de son Père, de son message d’Amour pour tous, sans distinction. Nous sommes les bras de ce Christ sans bras, mais aussi ses oreilles, ses lèvres, et sommes membres de son Corps, présence visible du Christ.

« … Il souffla sur eux et Il leur dit : Recevez l’Esprit Saint. » Jn 20, 22. Jésus est mort et est entré dans la Gloire de Dieu son Père, notre Père. Nous, chrétiens, sommes ici-bas invités à prendre le relais, à poursuivre son Œuvre créatrice. L’Esprit Saint reçu du Père nous y aidera. « Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu. » 1 Co 6, 19.

« À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Jn 20, 23. Une allusion est faite ici au Sacrement de la réconciliation, au pardon des péchés. Lier et délier, remettre et maintenir les péchés est une formulation grammaticale araméenne où par l’usage de deux mots contraires, affirme plus fortement une réalité, mettant l’accent sur l’aspect positif. Par le don de l’Esprit Saint, Jésus donne à ses disciples le pouvoir de libérer l’homme de son mal, de ce qui l’enferme, l’empêche d’être épanoui, source d’amour pour les autres, à l’image de Dieu. Par cette libération, nous devenons des êtres miséricordieux, comme Dieu lui-même, laissant une place à l’autre en nous, plein d’empathie. Mais que dire de Thomas, qui signifie jumeau. Ne nous reconnaissons-nous pas en lui, dans son état cartésien, terre à terre, qui doit tout prouver scientifiquement, ne faisant aucun pas sans certitude, lui l’incrédule ? Ne sommes-nous pas comme Thomas, ne percevant pas cette présence invisible du Christ, mais ô combien agissante ? Mais qu’elle joie ressentie, lorsque prononçant ses mots : « Mon Seigneur et mon Dieu », il devient croyant, exprimant cet acte de foi, pour qui le toucher est devenu inutile. Percevons-nous aussi cette joie, cette chaleur intérieure intense, ce bonheur indescriptible, vécus dans une grande proximité avec le Père ?

Dans l’universalité de l’Eglise, demandons à Dieu dans la prière, de nous y aider.

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu. ». Amen

Guy SCHYNS, diacre permanent

Haut de Page

Méditation du Jour de Pâques : évangile selon saint Jean 20, 1-9

« L’Amour est plus fort que la mort ! »

À la fête de Pâques, nous proclamons l’évangile de saint Jean au chapitre 20 qui raconte ce qu’a vu et fait Marie Madeleine de grand matin lorsqu’elle est arrivée au tombeau, et la course de jean et de Pierre pour vérifier ses dires.

Pour saint Jean, la mort de Jésus sur la croix est décrite comme la manifestation de la Gloire de Dieu comme le signe éclatant de la victoire de l’Amour sur la haine du monde. Ce récit de la résurrection veut montrer une nouvelle fois comment l’Amour est plus fort que la mort !

Inspirer par le Cantique des Cantiques (3, 2s), saint jean décrit l’expérience de la fiancée qui cherche celui que son âme désire. Alors, elle demande aux gardes à trois reprises : « Celui que mon âme désire, l’auriez-vous vu ? »

Dans l’évangile de Jean, Marie Madeleine cherche Jésus et par trois fois elle dira : « … je ne sais pas où on l’a déposé. » Cette image de l’amour éperdu de Marie Madeleine à la recherche de Jésus qu’elle reconnaîtra dans le jardinier, décrit l’expérience de sa rencontre avec le ressuscité. Lorsqu’elle entendra prononcer son nom, son cœur bouleversé et comblé d’avoir trouvé Jésus qui l’avait libéré et sauvé de toutes sortes de démons, elle reconnait Celui qui l’aimait. Elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! » ; elle a une profonde relation d’amitié à Jésus, mais elle devra le lâcher, elle ne pourra pas le retenir. Elle l’aurait bien pris dans ses bras mais Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

Ce que saint Jean dit de la relation entre Marie Madeleine à Jésus est l’expérience souvent vécue dans les situations de deuil. Lorsqu’une personne chère disparaît, il faut également la lâcher et vivre la confiance profonde que la personne morte est maintenant auprès de Dieu. Ainsi, dans la confiance nous croyons que la mort ne nous séparera pas de l’amour que nous avons partagé durant la vie avec elle. Ici encore, l’Amour est plus fort que la mort !

Nous ne pouvons pas retenir l’autre ; il appartient d’abord à Dieu et dans la foi, nous vivons une relation nouvelle avec elle. Elle est allée vers Dieu tout en restant éternellement, mon épouse, mon enfant, mon frère, mon père, ma mère, mais elle l’est véritablement en Dieu Vivant !

Ainsi l’évangile de Pâques, nous enseigne que Jésus nous aime après notre mort d’un amour semblable à celui commencer sur terre. Et l’évangile nous dit à la fois la promesse de Dieu qu’après la mort, nous ne sommes pas rejeter de l’amour que nous avons vécu entre nous et de l’amour de Dieu. Nous expérimentons une transformation de cet Amour, qui en Dieu reçoit la force de lâcher l’autre pour qu’il renaisse à la vie éternelle. Nous ne devons plus retenir personne par peur de ne pas y arriver ou bien de manquer ou bien de la corruption, mais nous découvrons la confiance en la Vie qui est donnée pour toujours…

Votre curé Joseph SCHMETZ

Haut de Page

Méditation du Dimanche des Rameaux et de la Passion B : évangile selon saint Marc 14 & 15

« Là où l’impuissance est la plus grande, l’amour triomphe. »
Aujourd’hui s’ouvre la Grande Semaine. Celui que nous célébrons, nous l’accueillons triomphalement, et comme des disciples, nous lui ouvrons la maison de notre cœur avec des feuillages et des chants joyeux. Nos cris d’allégresses ne laissent pas présager le pire. Mais aussitôt, l’ambiance de cette liturgie bascule et passe des cris de joie au récit de la Passion. Cette année, nous proclamons la Passion selon l’évangile de Marc.
Saint-Marc est le tout premier à écrire un récit relatant la vie, les faits de la Passion de Jésus. Sa Bonne Nouvelle est marquée de sa propre théologie. D’un côté, il raconte Jésus dans ses faits et gestes qui Lui valent le succès et la gloire. En présence des démons et de l’adversité et de l’hostilité, Jésus guérit, sauve, libère les gens ; il chasse les démons et nourrit les foules, si bien que beaucoup de gens croient en Lui.
Au milieu de son évangile, Marc va parler d’un Jésus, qui marche et qui enseigne aux disciples d’aller le chemin à sa suite. Dans une troisième partie, Jésus ose leur parler de son impuissance. En descendant dans les zones sombres et obscures de l’existence avec la lumière de son Amour, Il va transformer les ténèbres en vie nouvelle et illuminer le monde de la vraie gloire.
Quand arriva la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure. Et à la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ce n’est pas un cri d’abandon. C’est le cri de l’amour qui triomphe de la puissance des démons.
 
Pour nous aujourd’hui, c’est la merveilleuse image qui nous montre que là où l’impuissance est la plus forte, l’Amour de Dieu triomphe. Nous aimons nous rappeler le Vendredi saint de l’an dernier, le Pape François sur une place Saint-Pierre déserte lançait le message : « Le soir venu… Depuis des semaines, la nuit semble tombée. D’épaisses ténèbres couvrent nos places, nos routes et nos villes ; elles se sont emparées de nos vies en remplissant tout d’un silence assourdissant et d’un vide désolant… Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Dans la victoire de la foi, tous les ennemis de l’amour sont vaincus.
Voici de manière très résumée, c’est la théologie de saint Marc qui sous-tend le 1er évangile.
 
Une autre théologie est celle décrite par un exégète qui parle d’une théologie de la confiance. Vu de l’extérieur, Jésus semble être impuissant. Mais au-dedans, Jésus vit une confiance totale. N’est-ce pas ce dont nous avons le plus besoin : reprendre de chemin de la confiance en soi-même ? Que nous n’ayons pas peur de ce qui habite en nous comme démons, comme refus et comme récalcitrantes. Que nous cessions de nous nourrir des annonces anxiogènes et choisissions de raviver la lumière intérieure sur le chemin que Dieu ouvre devant nous.
 
À la suite de Jésus, nous sommes appelés à vivre la confiance. Cette confiance profonde en soi-même, éclairée par l’exemple de Celui qui marche, nous montre notre propre chemin de vie. Nous pouvons rester reconnaissants lorsque la souffrance nous épargne. Et nous n’avons plus besoin d’avoir peur de souffrir, lorsqu’elle nous atteint. Car nous ne sommes plus seuls ! Accompagner par Jésus lui-même et porter par le Père devant qui nous pouvons tout déposer, oui, DIeu peut transformer toute souffrance toute nuit en chemin d’abandon. Alors sa vie renaît et comme dans la passion de Jésus sa résurrection est manifestée.
Votre curé Joseph SCHMETZ

Homélie du Dimanche des Rameaux et de la Passion du Christ – Année B – 28.03.2021

Chers sœurs et frères,
Notre Carême s’achève aujourd’hui, et en ce Dimanche des Rameaux débute la Semaine Sainte.
Nous acclamons haut et fort notre intention de suivre le Christ et de marcher avec Lui pour vivre sa résurrection.
« Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Hosanna au plus haut des cieux ! » Mc 11, 9-10, venons-nous d’entendre dans l’Evangile proclamé en ce début de célébration, avant la Procession des Rameaux.
Avant de commenter la Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Marc, permettez-moi de reprendre cet extrait du Prologue de l’Evangile selon saint Jean : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. » Jn 1, 11-12. Voici donc, sœurs et frères, le devenir de celles et ceux qui mettront leurs pas dans ceux de Jésus, ils deviendront membres du Christ à part entière partageant avec Lui cette proximité avec le Père, notre Père, par l’Esprit Saint.
Dans le récit de la Passion de Jésus que vous venez d’entendre, deux procès sont faits à Jésus. Un premier, religieux, devant le Sanhédrin, en présence des grands prêtres, assemblée législative traditionnelle d’Israël et son tribunal suprême, siégeant normalement à Jérusalem, et un procès politique, devant Pilate, préfet de la province romaine de Judée. C’est lors de ce procès qu’a lieu le triple reniement de Pierre.
Mais marcher à la suite de Jésus nécessite une ligne de conduite, faite d’écoute, de partage, de bienveillance, d’empathie, de renoncement, d’abandon, de déchirement, de délestage.
Cette mise en œuvre, nous n’y parviendrons pas seul. Et tel un athlète qui se prépare à une compétition, il nous faudra acquérir une discipline de vie, qui nous permettra d’atteindre le but, non sans mal, mais aidés par une nourriture spirituelle et corporelle à laquelle le Seigneur nous invitera à venir puiser sans compter, je fais ici allusion à sa Parole et à son Corps, lors du repas eucharistique.
Le Carême nous a permis de nous y préparer. Aujourd’hui, nous voulons par notre adhésion, accompagner Jésus sur cet ultime chemin de souffrances et de mort, où par amour pour nous et pour notre humanité, Il fera don de sa vie pour que la nôtre soit sauve et qu’avec Lui nous entrions dans la Gloire de Dieu son Père.
Le récit de la Passion selon saint Marc laisse apparaître avec netteté la solitude à laquelle Jésus doit faire face, à son abandon par des personnes qui faisaient partie de son cercle restreint d’amis et qui Lui étaient proches. Pensons à Judas Iscariote qui le livrera et qui, avec Jésus, se sert dans le plat lors du repas de la Cène. Lorsqu’à Gethsémani, les disciples de Jésus ne veillèrent pas à sa demande et s’endormirent. Et dans le silence de la prière lorsque Jésus s’adresse à Dieu son Père : « « Abba… Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! » Mc 14, 36. Aussi chez le grand prêtre, lorsque Pierre renia Jésus par trois fois.
Mais l’ultime abandon ressenti par Jésus est le silence de son Père. Jésus cria sur la croix d’une voix forte : « « Éloï, Éloï, lema sabactani ? », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » » Mc 15,34
Jésus est Fils, mais pas comme les hommes se l’imaginent, Il est roi, mais pas comme les hommes s’y attendent. Ce Fils est tout Amour, sans aucun retour attendu, un Amour absolu, qui meurt pour l’autre. Ce roi est tout Amour, sans aucune domination, Il est le serviteur qui donne sa vie pour l’autre.
Cette manière de vivre et d’être de Jésus est tellement nouvelle, déroutante que personne n’y comprend rien. Quand aux Apôtres ils sont absents.
C’est au moment où Jésus rendit son dernier souffle que l’intervention divine apparu, le rideau du Sanctuaire se déchira depuis le haut jusqu’en bas, brisant ainsi pour l’éternité cette barrière entre Dieu et notre humanité. L’universalité de l’Eglise est accomplie, c’est d’un païen, le centurion romain, que vient la première profession de foi : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! » Mc 15, 39.
Puissions-nous sœurs et frères, accompagner Jésus durant cette Semaine Sainte, étape par étape, et méditer la grandeur de ce don d’Amour que, par sa mort, Jésus fera à chacune et à chacun de nous. Par sa résurrection d’entre les morts, Jésus donnera à nos vies l’Eternité en Dieu. C’est dans la foi et l’espérance que bientôt nous acclamerons Jésus vivant, à la Lumière de la résurrection . Amen
Guy SCHYNS, diacre permanent

Haut de Page

Commentaires de l’Evangile du 5ème Dimanche de Carême – Année B – Jn 12, 20-33 – 21.03.2021
Chers sœurs et frères,
Nous poursuivons notre cheminement vers Pâques, en ce 5ème Dimanche de Carême de l’Année B.
Dans l’Evangile que vous venez d’entendre, saint Jean nous laisse percevoir un tournant décisif dans la vie publique de Jésus. Nous distinguons avec netteté la Passion de Jésus qui s’annonce, ce chemin de mort qu’Il va parcourir, pour ressusciter en Dieu et nous attirer à Lui, en Vies abondantes et fécondes pour chacune et chacun de nous.
Mais analysons progressivement ce que nous livre l’évangéliste Jean. Les Grecs arrivant à Jérusalem ne sont pas des touristes, mais des pèlerins se soumettant à certaines prescriptions de la Loi, tout en n’étant pas de la descendance d’Abraham. L’entrée des Grecs à Jérusalem annonce l’universalité de l’Eglise, accessible à tous.
Philippe, abordé par les Grecs, porte un nom grec, il provient de Bethsaïde, qui signifie « maison de la pêche », région de passage où vivaient beaucoup d’étrangers, il connait des rudiments de la langue grecque lui permettant d’établir des contacts. Il tisse ainsi une toile relationnelle. Et nous, sommes-nous aussi attentifs aux étrangers ? Sommes-nous des passeurs, qui conduisent à Jésus ?
Le grain de blé dont-il est fait allusion dans l’Evangile, c’est Jésus, semence de l’Eglise universelle, qui, par sa mort et sa résurrection, donne beaucoup de fruits. Ces fruits ne sont pas des mérites mais l’élargissement de la Communauté des croyants. La mort de Jésus n’est pas un seul fait historique, mais dessine la destinée de tous les chrétiens. Sa mort est féconde et attire à Lui tous les hommes et les femmes. Jésus sera très seul au moment de sa mort sur la croix, mais Il sera entouré d’une foule invisible et nombreuse, d’hommes et de femmes qui, par sa mort, auront la Vie éternelle. La vraie mort n’est pas la mort physique, mais le refus de se donner, fermeture stérile sur soi-même. Pour entrer dans la vraie Vie, il faut se donner. Amour absolu de Jésus pour chacune et chacun de nous, qui nous permet de grandir et de porter du fruit, comme Lui.
Le Carême que nous vivons actuellement nous oriente vers cette charité divine qui se donne dans l’humilité et la simplicité du coeur.
Seigneur, délivre-nous de notre égoïsme que nous appelons parfois « vivre sa vie ». Apprends-nous à donner notre vie, comme toi, dans l’abandon au service de nos soeurs et frères que nous rencontrons sur les routes de nos vies. L’Amour de Jésus serviteur, c’est à cela que nous sommes invités. Jésus sera présent là où sera présent l’amour, amour pour tous, avec une attention particulière pour les personnes les plus fragilisées, les rejetés, les blessés, les laissés pour compte.
Malgré la certitude de la fécondité de son sacrifice, de sa mort donnée pour sauver l’humanité, Jésus a été tenté d’utiliser sa divinité pour s’épargner la condition humaine de l’homme souffrant. Mais Jésus reste obstinément fidèle à son Père et vit simplement sa mort comme une obéissance à sa condition d’homme, par Amour, et ainsi Il en change le sens. Nous aussi, nous pouvons vaciller, sous le poids de la douleur, envahi par le doute et l’abandon. Aide-nous, Seigneur, par l’Esprit saint, à garder force et espérance.
« .. et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes ». Voici une mystérieuse parole de Jésus à accueillir dans la foi. Telle est la vraie réponse donnée aux Grecs qui voulaient voir Jésus. Cette phrase est une des dernières prononcées par Jésus lors de son ministère public. Personne ne l’a comprise. Il n’y a plus rien à dire. « Ainsi parla Jésus. Puis il les quitta et se cacha loin d’eux. » Jn 12, 36.
La pandémie que nous vivons actuellement et les mesures sanitaires qui nous sont imposées nous ont fait prendre conscience de l’importance des Eglises domestiques, dans la poursuite de nos parcours de foi. En ce vendredi 19.03.2021, Fête de saint Joseph, papa de Jésus et époux de la Vierge Marie, le pape François ouvre l’année de la Famille Amoris Laetitia, qui se clôturera le 26.06.2022. Cette année sera l’occasion de mettre en valeur les familles aux profils multiformes. Puissions-nous, dans la prière, les confier au Seigneur, qu’elles puissent devenir davantage, havres de paix, lieux de ressourcement et d’évangélisation, où il y fait bon se reposer et se repositionner pour poursuivre la route, forts et confiants. Puisse saint Joseph, père de famille, nous y aider et intercéder pour nous. Sœurs et frères, animés par une foi profonde hydratée par cette Source d’Eau Vive, poursuivons notre cheminement vers Pâques qui approche à grands pas et préparons-nous à cette rencontre Lumineuse avec Jésus Ressuscité. Amen Guy SCHYNS, diacre permanent

Haut de Page

Méditation du 4e dimanche du carême B : évangile selon saint Jean 3, 14-21

 « Celui qui regarde vers Jésus ne doit pas craindre la mort ».

Du texte de l’évangile d’aujourd’hui, je voudrais simplement retenir deux images. D’abord, l’image du Dieu qui sauve et qui vient guérir de la blessure du serpent : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé… »  Si elle signifie la mort de Jésus sur la Croix, elle dit de la mort de Jésus sur la croix qu’elle n’a rien à voir avec nos péchés et la faute de l’homme. Jésus fait plutôt référence à l’expérience de l’exode d’Égypte. Le peuple fuyant l’armée de Pharaon se trouve dans le désert. Là, il récrimine contre Dieu. Des serpents dangereux et mordants menacent le peuple. Face à cet épisode, Dieu dit à Moïse de faire un serpent d’airain, et de le mettre sur une perche ; et il arrivait que lorsqu’un serpent avait mordu un homme, et qu’il regardait le serpent d’airain, il vivait (Livre des Nombres 21).

Ainsi l’image pour nous ; celui qui se tourne vers Jésus crucifié sur le bois de la croix et qui croit en lui sera sauvé du poison du serpent et de la blessure profonde qui est celle de la mort. Celui-là découvre que la mort n’a plus de pouvoir sur lui. Le serpent peu le mordre, mais ne pourra plus l’anéantir.

Dans la philosophie grecque, l’image du serpent est le symbole du médecin. Le serment d’Hippocrate est un serment traditionnellement prêté par les médecins, chirurgiens-dentistes et les sages-femmes en Occident avant de commencer à exercer. Par cette image symbolique du serment d’Hippocrate, Jésus se présente comme le médecin divin, Celui qui vient soigner nos blessures et de la blessure existentielle que toutes les personnes portent en elle, la blessure de la mort.

La seconde image vient de la parole : « Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle ». La raison de l’Incarnation c’est l’amour de Dieu. Il donne son Fils aux humains par amour pour eux. Son Fils est le cadeau que Dieu offre aux humains « afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle ». Il nous donne une Vie qui ne connaît pas la corruption. Cette vie nous est promise, non pas pour après la mort, mais là, tout de suite, c’est maintenant que Vivre toujours est apparu au cœur de notre vie humaine.

Et puis pour que l’homme ne se perde pas !… La perdition est liée à la corruption, à la destruction, à l’anéantissement de la personne. Nous parlons alors de la tragédie humaine et de son cortège de morts, ainsi que de nos propres errances, nos volontés d’auto destructions et de non-sens. Beaucoup de personnes se perdent elles-mêmes…

En tournant notre regard sur Jésus, nous disons une renonciation à vivre dans l’aliénation à soi-même et sans sagesse. En le voyant, nous nous retrouvons nous-mêmes. Notre regard sur Jésus est la reconnaissance que nous ne sommes pas perdus, mais aimé d’un amour inconditionnel, si fort, que Dieu nous donne son propre Fils en cadeau.

Votre curé Joseph SCHMETZ

Haut de Page

Méditation du 3e dimanche de Carême B : évangile selon saint jean 2, 13-25

« Pour découvrir la beauté en nous ! »

En ce 3e dimanche de Carême, nous proclamons le récit de saint Jean rapportant la colère de Jésus, les chassant tous du Temple de Jérusalem. Si les autres évangiles situent cet épisode juste avant l’arrestation de Jésus, c’était d’abord pour saint Marc, une raison de justifier sa condamnation à mort.

Par son geste Jésus a pris aux pharisiens leur source de revenus…

Dans l’évangile de saint Jean, le récit comprend une dimension symbolique. En venant dans le monde, Jésus donne sa vie pour que nous croyions au Père et Dieu Lui-même vient purifier notre existence. Nos vies avec ces expériences ressemblent parfois à des places de marchés où on trouve de tout : les bruits qui sont nos idées et nos pensées ; les marchands intérieurs qui sont ce besoin maladif de savoir ce que je vaux pour les autres ; quelles sont mes performances et mon efficacité personnelle ?

Et puis il y a les bœufs, les brebis, autant d’images pour dire mon besoin de paraître puissant et fort ; les colombes qui représentent toutes les pensées volatils, les « zins », les distractions…

Notre vie intérieure ressemble parfois à un véritable souk. Et si nous sentons un tel marché en nous, à l’image d’un bazar intérieur, alors nous avons également besoin de beaucoup d’énergie pour contenir ce marché entre nos mains. Alors, il n’est pas étonnant qu’apparaissent dans le corps, toutes sortes de tensions, de peurs et de crispassions et que nos émotions s’emballent dans des colères ou des mutismes.

Jésus veut venir dans notre temple intérieur. En venant apporter sa lumière, Il nous libère de nos pensées creuses. Les bœufs, les brebis, les colombes et les changeurs sont chassés dehors ; ils n’auront plus prise sur nous et ne pourront entraver notre marche vers plus de vie, de liberté et d’épanouissement personnel.

La promesse de Dieu pour le temps de Carême est de nous purifier. Il vient nettoyer notre temple intérieur de toutes les salissures, l’illuminer pour en dissiper les zones d’ombres et la nuit de l’incrédulité. Il vient nous transfigurer pour que nous soyons glorieux comme Lui, rayonnant de la gloire du Père.

Nous pouvons faire cette expérience lorsque nous entrons dans une belle grande église. Une émotion peut s’emparer de nous. Un réveil et nous nous sentons différents. Les belles églises sont une image qui nous parle de notre grandeur intérieure, de notre ouverture à la lumière et à la beauté profonde de l’existence. Dans ce sens, saint Irénée de Lyon (130-202) disait très justement : « La Gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme c’est de voir Dieu. Amen. »

Je vous souhaite en ce temps de Carême de faire l’expérience de la venue de Jésus dans votre existence pour la rendre plus belle, plus vivante et témoigner de l’espérance en ces temps de pandémie.

Cordialement,

Votre curé Joseph Schmetz

Haut de Page

Commentaires de l’Évangile du 2e Dimanche de Carême – Année B – Mc 9, 2-10

 Chers sœurs et frères,

Le récit de l’Évangile selon saint Marc que vous venez d’entendre est celui de la transfiguration. Jésus va révéler aux disciples Pierre, Jacques et Jean, sa mort et sa résurrection. Il va ainsi anticiper l’aboutissement de sa vie par sa mort sur la croix, sa mise au tombeau et sa résurrection des morts dans la Lumière du jour de Pâques. Mais pour bien comprendre ce récit important, qui est au cœur de notre foi, ne brûlons pas les étapes et cheminons dans sa découverte, pas à pas.

La transfiguration est une manifestation divine, au cours de laquelle a lieu la révélation d’un message de Dieu aux hommes. Du grec théophania : théos qui signifie Dieu et phaineïn signifiant faire paraître, rendre visible. Mot utilisé chez les Pères grecs pour désigner la manifestation de Dieu. Plusieurs éléments identifient cette présence divine : une haute montagne, la blancheur des vêtements, qu’il est impossible d’obtenir de manière telle sur terre, la nuée. C’est dans l’intimité divine que Dieu révèle la présence de son Fils Jésus. Par l’invitation de Pierre, Jacques et Jean, Jésus atteste qu’ils sont prêts pour assister à cette révélation divine, à laquelle ils vont participer avec Jésus lui-même, Élie et Moïse.

Et nous, quelle serait notre réaction lors de ce face à face avec notre Dieu ? Sommes-nous prêts ?

La résurrection de Jésus atteste l’engagement de Dieu pris lors de notre baptême et qui s’actualise chaque jour de notre vie dans le don de sa grâce, son soutien et sa présence à nos côtés, dans toutes les situations de nos vies d’hommes ou de femmes. Cette présence est bien réelle.

Cette expérience vécue par les Apôtres en présence de Dieu nous renvoie à nos propres expériences humaines, qui nous font découvrir Dieu dans le don de nos vies au service de nos sœurs et frères.

L’apparition d’Élie et de Moïse sur cette haute montagne, s’entretenant avec Jésus, fait la jointure entre l’Ancien et le Nouveau Testament, ils représentent la Loi et les Prophètes, ils rappellent ainsi tout le déroulement de la révélation de Dieu à travers l’histoire de l’Alliance.

Ils sont les médiateurs privilégiés, Jésus étant l’accomplissement. « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. » Mt 5, 17

Puisque le témoignage d’Élie et de Moïse confirme la présence du Messie que Pierre vient de reconnaître, il propose à Jésus de dresser trois tentes, une pour Jésus, une pour Élie et une pour Moïse, comme du temps au désert où Le Seigneur habitait sous la tente au milieu de son peuple, jusqu’à ce que Salomon lui construise un temple : « Depuis le jour où j’ai fait monter d’Égypte les fils d’Israël et jusqu’à ce jour, je n’ai jamais habité dans une maison ; j’ai été comme un voyageur, sous la tente qui était ma demeure. » 2 Sm 7, 6

Pierre était à ce point effrayé par cette présence divine, qu’il ne savait pas le sens véritable de l’évènement qu’il venait de vivre. Il n’a pas pu vivre de l’intérieur ce qu’Élie et Moïse venaient de partager avec Jésus. Le sens de cet évènement, c’est à Dieu lui-même de le donner, comme au baptême de Jésus : « Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Mc 9, 7

« Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi, et vous l’écouterez. » Dt 18, 15

Sur la montagne, Dieu ne s’adresse pas ici uniquement à son Fils Jésus, mais aussi aux trois disciples Pierre, Jacques et Jean. Il s’agit d’écouter Jésus, de s’ouvrir à son enseignement.

La nuée s’estompe, la présence divine disparait. Jésus, Pierre, Jacques et Jean descendent de la montagne, c’est le retour à la vie terrestre, humaine et quotidienne. C’est là que doit s’appliquer le contenu de la révélation de Dieu dans le vécu de celui qui enseigne et guérit, que les disciples doivent entendre. Et nous, dans l’incarnation de Jésus au cœur de notre humanité, percevons-nous avec clarté cette mission qu’il nous confie, cet envoi vers nos sœurs et frères qu’Il nous invite à rejoindre ?

La foi s’expérimente dans l’affrontement de nos réalités humaines et dans le silence de Dieu.

Jésus ordonne à Pierre, Jacques et Jean de ne rien dire à personne de cette expérience qu’ils viennent de vivre, car même s’ils ont saisi certaines choses de la transfiguration de Jésus, ils sont loin d’en comprendre toute la portée. Elle ne s’éclairera qu’à la Lumière de la Résurrection.

Sœurs et frères, profitons pleinement de cette période de Carême pour préparer nos cœurs et nous  mettre en bonnes conditions pour être réceptifs à cette révélation lumineuse de Jésus, notre Frère, ressuscité des morts et Vivant. Puisse l’Esprit Saint nous y aider. Amen

Guy SCHYNS, diacre permanent

Haut de Page

Méditation du 1er Dim. Carême B : évangile selon saint Marc 1, 12-25

« Le carême, la période pour une transformation »

Chaque année, au premier dimanche de Carême, nous entendons l’histoire des tentations de Jésus au désert. Vous connaissez ces récits des tentations, chez saint Matthieu et saint Luc ; ils décrivent trois tentations de Jésus au désert. Dans un court récit, saint Marc montre Jésus qui va 40 jours au désert poussé par l’Esprit. L’Esprit le pousse lui-même au désert pour qu’Il soit libéré des choses qui l’environnent, pour un jeûne… Au désert, Il est tenté par Satan, sans que nous sachions en quoi ses tentations consistent vraiment. Rien d’explicite n’est dit chez Marc, sinon qu’il est mis à l’épreuve.

Pourtant deux images parlantes nous indiquent la raison : « Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient ». Au désert, Jésus vient vivre sans défense, sans toutes sortes d’activités et d’occupations ; mais, dans une réalité dépouillée, dénudée de tout prestige. Ainsi, celui qui recherche une meilleure connexion avec sa vie profonde et qui ne craint pas de ressentir ce qui est sauvage en lui-même. En chacun de nous, il a « les bêtes sauvages » : la colère, la jalousie, l’agressivité… Tous nous connaissons des aspects sauvages, indomptés de l’existence, qui répondent aux lois de la jungle intérieures. Souvent, ces aspects nous tyrannisent. Mais, Jésus, fort de l’Esprit sait vivre avec les bêtes sauvages… Elles ne lui font pas de mal, parce qu’il les a parfaitement acceptés et intégrés dans son existence. Ses aspects négatifs ne le mordent plus et lui n’est pas dangereux ; il ne mord pas ! Au contraire, Il nous apprend à transformer nos émotions et sentiments sauvages en force de vie positive. Notre devoir en ce temps de carême pourrait-être de chercher à nettoyer nos émotions et nos sentiments sauvages. Les bêtes sauvages sont une image pour nous mettre dans la réalité de ce qui est indompté au fond de nous. Apprenons à les regarder comme faisant également partie de nous-mêmes et de les déposer dans le regard de Dieu.

« Et les anges le servaient ! » Cette image des anges gardiens veut nous montrer les potentialités intérieures de notre âme. Ils nous mettent en contact avec les forces positives de la vie saine de l’esprit en nous. Alors, nous n’avons plus besoin d’avoir peur de nous-mêmes et des bêtes sauvages en nous et autour de nous. Elles ne nous feront aucun mal. L’ange dispose d’un regard appelant. Il a une manière d’attirer vers « un plus » quand bien même serions-nous dans un état intérieur délabré ou une situation sans issue apparente. C’est une affaire de présence, d’attitude, de regard et d’action.

Ces personnes sur ma route, je les appelle les anges, des orpailleurs de l’humain. L’orpailleur, lui, accepte de demeurer dans l’eau boueuse qui est la nôtre, de se pencher sur nous, de prendre délicatement toute cette merde dans laquelle nous sommes, et de se mettre à la recherche de la pépite d’or qui est là et que personne ne voyait plus…

C’est cela être un ange pour l’autre. Une sorte de pari fou que l’on finira par trouver l’âme, au cœur de la situation la plus désespérée qui soit. Car les pépites d’or sont là même si on ne les voit pas.

Je vous souhaite un temps de carême pour transformer en vous les bêtes sauvages en pépites d’or et rayonner de la liberté d’exister à l’image de Dieu.

Votre curé Joseph SCHMETZ

Haut de Page