L’été a déjà commencé, et avec lui la période tant attendue des « grandes vacances ».
Si Charlemagne a inventé l’école, qui a donc inventé les vacances ?
On se demande rarement quel est l’inventeur des vacances. Une idée vieille comme le monde sûrement, mise à la mode par les Britanniques au XVIIIe siècle avec le Grand Tour, en France mise en œuvre par le Front populaire en 1936 avec ces fameuses semaines de congés payés.
À vrai dire, le mérite de ce repos attendu entre deux périodes de travail revient au Créateur lui-même. Qui a d’ailleurs eu le bonheur de le goûter lui-même (Gn 2, 2) : « Le septième jour, Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite. » Dieu a donc bien inventé les vacances ! Et leur a donné une grande dignité (Gn 2, 3) : « Et Dieu bénit le septième jour : il le sanctifia puisque, ce jour-là, il se reposa de toute l’œuvre de création qu’il avait faite. »
Le premier livre de la Bible ne détaille pas tellement les activités de loisir organisées là-haut par le Seigneur. Pourtant, le texte laisse clairement penser que le repos divin n’est pas une oisiveté autocentrée. Il s’agit de regarder l’œuvre accomplie, parce que les vacances sont d’abord cela : la récompense d’un travail donné. Il s’agit même de la contempler, comme le fruit de la grâce du Créateur qui a voulu que l’homme participât, même imparfaitement et péniblement, à la Création.
Comme le dimanche pour une semaine, les vacances pour une année sont ordonnées à l’action de grâce et à la remise de nos vies à Dieu. Dans le cours des événements, il n’est pas toujours facile de remettre au Seigneur tous les moments vécus et les tâches réalisées. Seul le changement de rythme ou de lieu permet d’orienter les préoccupations de la terre vers les réalités du ciel. Voilà pourquoi les vacances ont été inventées.
Vacances vient de vacant, du latin « vacans », participe passé du verbe « vacare » : être libre, inoccupé, vaquer, c’est aussi suspendre ses fonctions, être en vacances : « je vais vaquer tout le mois de juillet ! » Je me permets d’être différent, de lâcher les rôles que je joue habituellement. L’objectif de « vaquer » est que je me permette d’être moi-même.
Souvent, nous nous adaptons à notre environnement. Les attentes des autres sur nous viennent conditionner nos comportements. Nous voulons plaire et nous rendre populaires. Les vacances sont un temps pour être Soi, et se sentie libres à l’intérieur des contraintes quotidiennes. Plus besoin de prouver quoi que ce soit, stopper la productivité et le rendement, plus besoin de se présenter. Être simplement là ! Pour ressentir cette différence, il est bon de ne pas planifier le temps des vacances ou de le remplir d’activités de toutes sortes. Vaquer à des occupations différentes, comme de la randonnée, de l’alpinisme, la visite de lieux inconnus, de la voile, du sport, de la lecture, de la méditation…
Pourquoi ne pas vivre des moments à ne rien faire, et s’asseoir sur un banc pour regarder au loin le paysage en silence ? Il se dégage une grande paix et une sensation d’ouverture pour la beauté qui s’offre à nous. Regarder, ne rien faire, ne rien apporter, ne pas avoir de nouvelles idées, mais juste goûter à la bonté pour le corps et l’esprit.
Je vous souhaite de passer de belles vacances, de prendre le temps de vous asseoir dans un coin de nature pour simplement regarder, entendre, sentir, percevoir et apprécier la beauté du paysage. La nature nous donne d’être Soi, car la nature ne juge pas. Entourés par sa beauté, sa vitalité, sa grandeur, nous sommes acceptés et aimés pour nous-mêmes. Nous faisons partie de cette nature. Nous pouvons ressentir un profond sentiment d’appartenance et réciprocité. Cela fait du bien… Dans ce sens, je vous souhaite un temps béni, beau et relaxant, dans lequel vous obtiendrez ce dont vous avez besoin maintenant pour votre corps, votre esprit et votre âme. Bonnes vacances !