Homélies du dimanche

Méditation du 1er Dim. Carême B : évangile selon saint Marc 1, 12-25
Commentaires de l’Évangile du 2e Dimanche de Carême – Année B – Mc 9, 2-10
Méditation du 3e dimanche de Carême B : évangile selon saint jean 2, 13-25

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Méditation du 3e dimanche de Carême B : évangile selon saint jean 2, 13-25

« Pour découvrir la beauté en nous ! »

En ce 3e dimanche de Carême, nous proclamons le récit de saint Jean rapportant la colère de Jésus, les chassant tous du Temple de Jérusalem. Si les autres évangiles situent cet épisode juste avant l’arrestation de Jésus, c’était d’abord pour saint Marc, une raison de justifier sa condamnation à mort.

Par son geste Jésus a pris aux pharisiens leur source de revenus…

Dans l’évangile de saint Jean, le récit comprend une dimension symbolique. En venant dans le monde, Jésus donne sa vie pour que nous croyions au Père et Dieu Lui-même vient purifier notre existence. Nos vies avec ces expériences ressemblent parfois à des places de marchés où on trouve de tout : les bruits qui sont nos idées et nos pensées ; les marchands intérieurs qui sont ce besoin maladif de savoir ce que je vaux pour les autres ; quelles sont mes performances et mon efficacité personnelle ?

Et puis il y a les bœufs, les brebis, autant d’images pour dire mon besoin de paraître puissant et fort ; les colombes qui représentent toutes les pensées volatils, les « zins », les distractions…

Notre vie intérieure ressemble parfois à un véritable souk. Et si nous sentons un tel marché en nous, à l’image d’un bazar intérieur, alors nous avons également besoin de beaucoup d’énergie pour contenir ce marché entre nos mains. Alors, il n’est pas étonnant qu’apparaissent dans le corps, toutes sortes de tensions, de peurs et de crispassions et que nos émotions s’emballent dans des colères ou des mutismes.

Jésus veut venir dans notre temple intérieur. En venant apporter sa lumière, Il nous libère de nos pensées creuses. Les bœufs, les brebis, les colombes et les changeurs sont chassés dehors ; ils n’auront plus prise sur nous et ne pourront entraver notre marche vers plus de vie, de liberté et d’épanouissement personnel.

La promesse de Dieu pour le temps de Carême est de nous purifier. Il vient nettoyer notre temple intérieur de toutes les salissures, l’illuminer pour en dissiper les zones d’ombres et la nuit de l’incrédulité. Il vient nous transfigurer pour que nous soyons glorieux comme Lui, rayonnant de la gloire du Père.

Nous pouvons faire cette expérience lorsque nous entrons dans une belle grande église. Une émotion peut s’emparer de nous. Un réveil et nous nous sentons différents. Les belles églises sont une image qui nous parle de notre grandeur intérieure, de notre ouverture à la lumière et à la beauté profonde de l’existence. Dans ce sens, saint Irénée de Lyon (130-202) disait très justement : « La Gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme c’est de voir Dieu. Amen. »

Je vous souhaite en ce temps de Carême de faire l’expérience de la venue de Jésus dans votre existence pour la rendre plus belle, plus vivante et témoigner de l’espérance en ces temps de pandémie.

Cordialement,

Votre curé Joseph Schmetz

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Commentaires de l’Évangile du 2e Dimanche de Carême – Année B – Mc 9, 2-10

 Chers sœurs et frères,

Le récit de l’Évangile selon saint Marc que vous venez d’entendre est celui de la transfiguration. Jésus va révéler aux disciples Pierre, Jacques et Jean, sa mort et sa résurrection. Il va ainsi anticiper l’aboutissement de sa vie par sa mort sur la croix, sa mise au tombeau et sa résurrection des morts dans la Lumière du jour de Pâques. Mais pour bien comprendre ce récit important, qui est au cœur de notre foi, ne brûlons pas les étapes et cheminons dans sa découverte, pas à pas.

La transfiguration est une manifestation divine, au cours de laquelle a lieu la révélation d’un message de Dieu aux hommes. Du grec théophania : théos qui signifie Dieu et phaineïn signifiant faire paraître, rendre visible. Mot utilisé chez les Pères grecs pour désigner la manifestation de Dieu. Plusieurs éléments identifient cette présence divine : une haute montagne, la blancheur des vêtements, qu’il est impossible d’obtenir de manière telle sur terre, la nuée. C’est dans l’intimité divine que Dieu révèle la présence de son Fils Jésus. Par l’invitation de Pierre, Jacques et Jean, Jésus atteste qu’ils sont prêts pour assister à cette révélation divine, à laquelle ils vont participer avec Jésus lui-même, Élie et Moïse.

Et nous, quelle serait notre réaction lors de ce face à face avec notre Dieu ? Sommes-nous prêts ?

La résurrection de Jésus atteste l’engagement de Dieu pris lors de notre baptême et qui s’actualise chaque jour de notre vie dans le don de sa grâce, son soutien et sa présence à nos côtés, dans toutes les situations de nos vies d’hommes ou de femmes. Cette présence est bien réelle.

Cette expérience vécue par les Apôtres en présence de Dieu nous renvoie à nos propres expériences humaines, qui nous font découvrir Dieu dans le don de nos vies au service de nos sœurs et frères.

L’apparition d’Élie et de Moïse sur cette haute montagne, s’entretenant avec Jésus, fait la jointure entre l’Ancien et le Nouveau Testament, ils représentent la Loi et les Prophètes, ils rappellent ainsi tout le déroulement de la révélation de Dieu à travers l’histoire de l’Alliance.

Ils sont les médiateurs privilégiés, Jésus étant l’accomplissement. « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. » Mt 5, 17

Puisque le témoignage d’Élie et de Moïse confirme la présence du Messie que Pierre vient de reconnaître, il propose à Jésus de dresser trois tentes, une pour Jésus, une pour Élie et une pour Moïse, comme du temps au désert où Le Seigneur habitait sous la tente au milieu de son peuple, jusqu’à ce que Salomon lui construise un temple : « Depuis le jour où j’ai fait monter d’Égypte les fils d’Israël et jusqu’à ce jour, je n’ai jamais habité dans une maison ; j’ai été comme un voyageur, sous la tente qui était ma demeure. » 2 Sm 7, 6

Pierre était à ce point effrayé par cette présence divine, qu’il ne savait pas le sens véritable de l’évènement qu’il venait de vivre. Il n’a pas pu vivre de l’intérieur ce qu’Élie et Moïse venaient de partager avec Jésus. Le sens de cet évènement, c’est à Dieu lui-même de le donner, comme au baptême de Jésus : « Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Mc 9, 7

« Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi, et vous l’écouterez. » Dt 18, 15

Sur la montagne, Dieu ne s’adresse pas ici uniquement à son Fils Jésus, mais aussi aux trois disciples Pierre, Jacques et Jean. Il s’agit d’écouter Jésus, de s’ouvrir à son enseignement.

La nuée s’estompe, la présence divine disparait. Jésus, Pierre, Jacques et Jean descendent de la montagne, c’est le retour à la vie terrestre, humaine et quotidienne. C’est là que doit s’appliquer le contenu de la révélation de Dieu dans le vécu de celui qui enseigne et guérit, que les disciples doivent entendre. Et nous, dans l’incarnation de Jésus au cœur de notre humanité, percevons-nous avec clarté cette mission qu’il nous confie, cet envoi vers nos sœurs et frères qu’Il nous invite à rejoindre ?

La foi s’expérimente dans l’affrontement de nos réalités humaines et dans le silence de Dieu.

Jésus ordonne à Pierre, Jacques et Jean de ne rien dire à personne de cette expérience qu’ils viennent de vivre, car même s’ils ont saisi certaines choses de la transfiguration de Jésus, ils sont loin d’en comprendre toute la portée. Elle ne s’éclairera qu’à la Lumière de la Résurrection.

Sœurs et frères, profitons pleinement de cette période de Carême pour préparer nos cœurs et nous  mettre en bonnes conditions pour être réceptifs à cette révélation lumineuse de Jésus, notre Frère, ressuscité des morts et Vivant. Puisse l’Esprit Saint nous y aider. Amen

Guy SCHYNS, diacre permanent

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Méditation du 1er Dim. Carême B : évangile selon saint Marc 1, 12-25

« Le carême, la période pour une transformation »

Chaque année, au premier dimanche de Carême, nous entendons l’histoire des tentations de Jésus au désert. Vous connaissez ces récits des tentations, chez saint Matthieu et saint Luc ; ils décrivent trois tentations de Jésus au désert. Dans un court récit, saint Marc montre Jésus qui va 40 jours au désert poussé par l’Esprit. L’Esprit le pousse lui-même au désert pour qu’Il soit libéré des choses qui l’environnent, pour un jeûne… Au désert, Il est tenté par Satan, sans que nous sachions en quoi ses tentations consistent vraiment. Rien d’explicite n’est dit chez Marc, sinon qu’il est mis à l’épreuve.

Pourtant deux images parlantes nous indiquent la raison : « Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient ». Au désert, Jésus vient vivre sans défense, sans toutes sortes d’activités et d’occupations ; mais, dans une réalité dépouillée, dénudée de tout prestige. Ainsi, celui qui recherche une meilleure connexion avec sa vie profonde et qui ne craint pas de ressentir ce qui est sauvage en lui-même. En chacun de nous, il a « les bêtes sauvages » : la colère, la jalousie, l’agressivité… Tous nous connaissons des aspects sauvages, indomptés de l’existence, qui répondent aux lois de la jungle intérieures. Souvent, ces aspects nous tyrannisent. Mais, Jésus, fort de l’Esprit sait vivre avec les bêtes sauvages… Elles ne lui font pas de mal, parce qu’il les a parfaitement acceptés et intégrés dans son existence. Ses aspects négatifs ne le mordent plus et lui n’est pas dangereux ; il ne mord pas ! Au contraire, Il nous apprend à transformer nos émotions et sentiments sauvages en force de vie positive. Notre devoir en ce temps de carême pourrait-être de chercher à nettoyer nos émotions et nos sentiments sauvages. Les bêtes sauvages sont une image pour nous mettre dans la réalité de ce qui est indompté au fond de nous. Apprenons à les regarder comme faisant également partie de nous-mêmes et de les déposer dans le regard de Dieu.

« Et les anges le servaient ! » Cette image des anges gardiens veut nous montrer les potentialités intérieures de notre âme. Ils nous mettent en contact avec les forces positives de la vie saine de l’esprit en nous. Alors, nous n’avons plus besoin d’avoir peur de nous-mêmes et des bêtes sauvages en nous et autour de nous. Elles ne nous feront aucun mal. L’ange dispose d’un regard appelant. Il a une manière d’attirer vers « un plus » quand bien même serions-nous dans un état intérieur délabré ou une situation sans issue apparente. C’est une affaire de présence, d’attitude, de regard et d’action.

Ces personnes sur ma route, je les appelle les anges, des orpailleurs de l’humain. L’orpailleur, lui, accepte de demeurer dans l’eau boueuse qui est la nôtre, de se pencher sur nous, de prendre délicatement toute cette merde dans laquelle nous sommes, et de se mettre à la recherche de la pépite d’or qui est là et que personne ne voyait plus…

C’est cela être un ange pour l’autre. Une sorte de pari fou que l’on finira par trouver l’âme, au cœur de la situation la plus désespérée qui soit. Car les pépites d’or sont là même si on ne les voit pas.

Je vous souhaite un temps de carême pour transformer en vous les bêtes sauvages en pépites d’or et rayonner de la liberté d’exister à l’image de Dieu.

Votre curé Joseph SCHMETZ

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