Homélies du dimanche


Médiation du 1er dimanche de l’Avent B : évangile selon Saint-Marc 13, 33-37

Médiation du 1er dimanche de l’Avent B : évangile selon Saint-Marc 13, 33-37

« Avent ; reviens, chez toi je veux naître à nouveau ! »

Cette fin d’année 2023 est décidément bouleversée et faite d’incertitude. La crise climatique, la guerre en terre sainte, la crise sociale… Eh bien, pourquoi ne pas préparer une fête de Noël dans nos maisons appelées à être églises domestiques ? Un Noël particulièrement bienfaisant… Un enfant s’annonce, lumineux et réjouissant. Laissons-le entrer dans nos vies familiales. Ne va-t-il pas renouveler notre vie, nous rafraîchir l’existence, si nous prenons le temps de l’accueillir soigneusement ? Il est le Prince de la Paix pour ce temps de guerre. Dans chaque maison, faisons le point sur ce qui est beau et heureux, digne de lui. Revenons à nous-mêmes sans nier ce qui est plus difficile à voir.

Je vous souhaite un temps d’Avent béni par des temps longs de veille. Malgré une actualité anxiogène, n’offrons pas de prise aux agitateurs autour de nous, ni aux influenceurs, ni aux manques et autres envies tyranniques. Je vous invite au calme et à revenir à la paix du dedans. Des rites peuvent nous y aider. Par exemple : s’assoir devant une bougie allumée, être là, regarder la lumière, la laisser descendre en soi, pour entrer en relation avec ce qui aspire au fonds et le véritable désir d’être soi. La simple présence lumineuse qui se déverse lentement jusqu’au fond de soi, ranime également le désir de Paix, de Sagesse et de Dieu. 

Ce temps de l’Avent est un temps qui peut transformer notre quête intérieure. Il est le temps de l’attente de la venue de Jésus. Non pas l’apocalypse de la fin du monde, ou le « black friday », comme un grand soir. La venue aimante de Jésus pour chaque instant de notre existence est le rendez-vous avec soi-même, pour mettre fin à l’errance et la fuite du réel de son existence. Il est le temps du réveil de la conscience.

Le temps de l’avent invite à davantage de créativité. Avec la traditionnelle couronne de l’Avent, nous exprimons plus qu’un élément de décoration.  Elle veut symboliser que la vie triomphe et réussit, malgré ses fragilités et ses peurs. Elle veut exprimer le désir d’unification et de réparation du cercle familial, à l’image d’une couronne de la victoire.

Chacune des 4 bougies devient une image de notre transformation par la lumière qui vient. La première bougie dit le désir d’être unifier et en harmonie avec soi. La seconde, le signe de la bénédiction divine sur ce qui est souvent vécu comme des pôles qui s’opposent, mais qui apportent en fait la lumière. La troisième bougie est le symbole des trois dimensions de l’humain unifié en son être, que sont : le corps, l’âme et l’esprit ; qu’elles soient traversées de la lumière d’en haut. Et la quatrième bougie renvoie au chiffre symbolique de la terre ; que notre quotidien soit également transformé par ce temps de veille et du désir de la venue de Dieu chez nous.

Le père Teilhard de Chardin priait : « … Pas votre Épiphanie, Jésus, mais votre diaphanie. » Que toute réalité devienne diaphane pour nos sens, transparente comme un cristal, afin que nous puissions contempler Dieu lorsqu’Il crée, échange, communique avec nous, dans un échange sans piège et sans frontières.

Je vous souhaite un serein temps d’Avent qui vous fasse du bien, pour goûter à la tranquillité intérieure. Garde ton âme silencieuse, comme la mère qui nourrit l’enfant qui allaite. La mère allaite l’enfant afin que celui-ci trouve le calme et apaise sa faim. Un temps pour faire silence en soi et retrouver une paix intérieure ; alors notre véritable faim sera satisfaite dans le silence de la proximité de Dieu et nous naîtrons à nous même.

Votre cure, Joseph Schmetz