Homélies du dimanche

Méditation du 1er Dim. Carême B : évangile selon saint Marc 1, 12-25
Commentaires de l’Évangile du 2e Dimanche de Carême – Année B – Mc 9, 2-10
Méditation du 3e dimanche de Carême B : évangile selon saint jean 2, 13-25
Méditation du 4e dimanche du carême B : évangile selon saint Jean 3, 14-21
Commentaires de l’Evangile du 5ème Dimanche de Carême – Année B – Jn 12, 20-33 – 21.03.2021
Homélie du Dimanche des Rameaux et de la Passion du Christ – Année B – 28.03.2021
Méditation du Dimanche des Rameaux et de la Passion B : évangile selon saint Marc 14 & 15
Méditation du Jour de Pâques : évangile selon saint Jean 20, 1-9
Homélie du 2ème Dimanche de Pâques – Année B – 11.04.2021 – Jn 20, 19-31
Méditation du 2e Dimanche de Pâques : évangile selon saint Jean 20, 19-31
Médiation du 3e Dimanche de Pâques B : évangile selon saint Luc 24, 35-48
Homélie du 4ème Dimanche de Pâques – Année B – 25.04.2021 – Jn 10, 11-18
Homélie du 5ème Dimanche de Pâques – Année B – 02.05.2021 – Jn 15, 1-8
Homélie du 6ème Dimanche de Pâques – Année B – 09.05.2021 – Jn 15, 9-17
Médiation du 6e dimanche de Pâques B : évangile selon saint Jean 15, 9-17
Homélie du 7ème Dimanche de Pâques – Année B – 16.05.2021 – Jn 17,11b-19
Méditation du 7e Dimanche de Pâques B : évangile selon Saint-Jean 17, 11b-19
Méditation Pentecôte : du livre des Actes des Apôtres 2, 1-11
Méditation du dimanche (B) de la Trinité : évangile selon saint Matthieu 28, 16-20
Méditation de la Fête-Dieu : évangile selon saint Marc 4, 26-34
Méditation du 11e Dim B : évangile selon saint Marc (4, 26-34)
Homélie du 13ème Dimanche du temps ordinaire – Année B – 27.06.2021 – Mc 5, 21-43
Méditation du 15e dimanche B : évangile selon saint Marc 6, 7-13.
Méditation du 16e dimanche, la Belgique est en deuil : évangile selon saint Marc 6, 30-34
Homélie du 17ème Dimanche du temps ordinaire – Année B – 25.07.2021 – Jn 6, 1-15
Méditation du 18e dimanche B : évangile selon saint Jean 6, 24-35 : « Jésus est le pain de la vie ».
Homélie du 19ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année B – Dimanche 08.08.2021
Homélie du 21ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année B – Dimanche 22.08.2021
Homélie du 23ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année B – Dimanche 05.09.2021
Homélie du 25ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année B – Dimanche 19.09.2021
Méditation Toussaint 2021 : évangile selon saint Matthieu 5, 1-12.
Méditation à la Commémoration des fidèles défunts.
Homélie du 32ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année B – Dimanche 07.11.2021
Méditation du 33e dimanche B : évangile selon saint Marc 13, 24-32
Méditation biblique : Le Seigneur est roi ; Évangile selon saint Jean 18, 33b-37.
Méditation du 1er Dimanche de l’Avent C : évangile selon saint Luc 21, 25-28.34-36.
Méditation du 2e Dimanche de l’Avent C : évangile selon saint Luc 3, 1-6.
Homélie du 3ème Dimanche de l’Avent – Année C – Dimanche 12.12.2021
Méditation du 3e Dimanche « de Gaudete », Avent C : évangile selon Saint-Luc 3, 10-18.
Médiation du 4e dimanche de l’Avent : Évangile selon Saint-Luc, 1,39-45).
Méditation du Baptême du Seigneur : évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 3, 15-16.21-22.
Méditation du 2e Dimanche ordinaire C : évangile selon saint Jean 2, 1-11
Homélie du 3ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année C – Dimanche 23.01.2022
Méditation du 4e dimanche C : évangile selon Saint-Luc, 4, 21- 30
Médiation du 5e dimanche C : évangile selon Saint-Luc 5, 1-11
Médiation du 6e dimanche C : évangile selon Saint-Luc 6,17-26
Méditation du 7e Dimanche C : évangile selon Saint-Luc, 6, 27-38
Homélie du 8ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année C – Dimanche 27.02.2022
La TRANSFIGURATION par Sieger Köder
Méditation du 3e dimanche de Carême C : évangile selon Saint-Luc 9, 1-13
Méditation du 4e Dim. de Carême de Laetare C : évangile selon Saint-Luc Lc 15, 1-3.11-32.
Méditation du 5e dimanche de Carême C : évangile selon Saint-Jean 8, 1-11
Méditation du 3e dimanche de Pâques C : évangile selon saint Jean 21, 1-14 : « C’est le Seigneur ! »
Méditation du 5e dimanche de Pâques : évangile selon Saint-Jean 13, 31-33a.34-35.
Méditation du 6e dimanche de Pâques C : évangile selon saint Jean 14, 23-29 
Méditation de l’évangile selon saint Jean 14, 5-6 ; 23 : « Va où ton cœur te mène ! »
Solennité de la Sainte Trinité, Année C évangile selon Saint-Jean 16, 12-15
Méditation de la Fête-Dieu C : évangile selon saint Luc 9, 11b-17 

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Méditation de la Fête-Dieu C : évangile selon saint Luc 9, 11b-17 ; « Donnez-leur vous-mêmes à manger. »

Née à Cornillon au 13e siècle par la vision de la jeune Julienne, recueillie alors dans l’hospice d’une léproserie, la fête du Saint-Sacrement du Corps et du sang du Christ fait toujours apparaître ce qu’il manque au Christ total dans sa venue jusqu’au cœur de nos pauvretés. Avec l’aide de son amie, l’ermite Ève de Saint-Martin, et plus tard du Pape Urbain IV, la fête Dieu met en lumière la vocation du monde ; sa transformation par le Christ présent chez nous, reconnu, reçu dans la foi et manger par l’humanité qu’Il ne cesse de pénétrer de son Esprit-Saint.

Nous communions à la présence réelle du Christ pendant la messe pour devenir nous-mêmes une présence réelle du Christ après la messe. Saint-Jean Chrysostome (4e siècle) a quelques mots très forts pour dire la mission que l’eucharistie nous donne : “Tu veux honorer le Corps du Christ, ne le méprises pas lorsqu’il est nu.” C’est bien ce que fit Saint-Julienne de Cornillon auprès des pauvres de son temps.

C’est tout naturellement que les femmes sont sensibles aux images et cultivent une relation plus étroite avec la nature. Julienne et Ève ont donc voulu que le pain eucharistique soit porté dans l’ostensoir à travers les rues de la cité et à travers les champs… Ainsi, de même que le pain de l’hostie est devenu le Corps du Christ, nous sommes tous appelés à cette transformation pour être un membre de son Corps. Chacun d’entre nous est en quelque sorte un ostensoir qui porte le Christ dans la vie quotidienne. Et il doit émaner de nous un éclat semblable à celui de l’ostensoir que le prêtre tient dans ses mains. Notre participation à l’Eucharistie nous offre un nouveau regard sur les gens dans les rues. Ceci, parce que le Christ est présent en chacun d’eux ; même s’ils ne le sentent pas ou ne le croient pas eux-mêmes…

Le pain de la Communion, nous montre également que toute la création est déjà imprégnée de l’esprit de Jésus, de son amour. Dans « Le Phénomène humain », le géologue et paléontologue, Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) décrit un amour universel « capable d’embrasser la totalité des hommes et de la Terre ». Il parle de l’amorisation. Le monde entier est imprégné d’amour. Il raconte de manière impressionnante comment, un jour, il s’est agenouillé dans une église de village devant l’ostensoir montrant le pain eucharistique. Tout à coup, il a eu l’impression que la blancheur de l’hostie imprégnait toute l’église, toute la ville et même le monde entier. C’est alors qu’il a réalisé que le pain transformé est le symbole que, grâce à l’incarnation de Dieu en Jésus-Christ, le monde entier est déjà imprégné de l’amour de Dieu, que partout est un lieu saint.

Tout cela semble très beau. Mais comment pouvons-nous le concilier avec notre monde actuel, où règnent la guerre et la discorde, la famine et l’injustice ? La Fête-Dieu, avec sa procession à travers la cité, veut nous donner l’espoir que le monde ne se résume pas à ce que nous apprennent les médias, mais qu’en profondeur, tout est déjà imprégné de l’amour de Dieu.

Cet extraordinaire dévouement des soignants, l’élan de solidarité déclenché pour les régions sinistrées par les inondations ou bien en guerre, nous montre à quel point les humains sont capables de se surpasser et de mobiliser toutes leurs forces de courage et de ténacité, jusqu’au péril de leur vie, et au-delà de ce qui était pensable et même possible avant ses crises. N’est-ce pas le signe qu’un instinct irrésistible nous porte vers l’Unité ? – l’unité de la cause commune de guérison des malades, de l’aide aux sinistrés et de l’accueil des étrangers fuyants les guerres – et que la passion – passion de la fraternité humaine poussée jusqu’à l’amour humain – exalte ?  Cet amour humain, porté au-delà de la stricte conscience professionnelle, cet amour altruiste dépassant les formes communément admises dans le courant de nos vies, cet amour-passion ou mieux cet amour-compassion, n’est-il pas l’amour universel ou l’Amour-Énergie donné en Jésus qui nous demande aujourd’hui de donner nous-mêmes à manger à la foule ?

Cela nous permet de regarder ce monde avec espoir. Nous manifestons une confiance en chaque être humain, même s’il s’est égaré, pour qu’il rencontre en lui, quelque chose de sacré. Et nous espérons qu’il finira par percevoir ce sacré en lui et qu’il sera alors attentif et respectueux du sacré vivant au cœur de ses frères et sœurs.

C’est dans cet esprit que je vous souhaite un dimanche béni et une semaine réussie, au cours de laquelle vous porterez sur tout et sur tous un regard d’espérance, en sachant que l’Esprit du Christ agit déjà en profondeur et prépare sa transformation.

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Solennité de la Sainte Trinité, Année C évangile selon Saint-Jean 16, 12-15
 
« Dieu unique, mais pas solitaire ».
Aujourd’hui, l’Église catholique fête la Sainte Trinité. Une réalité mystérieuse : un seul Dieu dans l’unité d’amour de trois personnes distinctes, égales et indivisibles, le Père, le Fils, l’Esprit. Pour l’homme moderne, c’est étrange et pour nos frères juifs et musulmans, le christianisme est une religion polythéiste.
Le mystère de la Sainte Trinité n’est pas un concept ou une idée de Dieu. Chercher à connaître Dieu et dire quelque chose de Lui a toujours été le signe d’un Dieu qui s’est ouvert aux humains. Dieu parle au monde et particulièrement aux humains. C’est pourquoi il nous est impossible de parler de Dieu sans parler de notre propre expérience humaine ; comme il nous est tout aussi impossible de parler de l’humanité sans parler de Dieu. Maurice Zundel, dans son livre, « Le Problème que nous sommes » (éd. Le Sarment, Fayard, 2000, pp 39-42) , disait de la Trinité : «(…) la Trinité est la délivrance d’un cauchemar où l’humanité se débat quand elle se situe en face d’une divinité dont elle dépend et à laquelle elle est assujettie : pourquoi Lui plutôt que moi? Pourquoi suis-je la créature, et Lui le Créateur ? Pourquoi, s’il est mon créateur, m’a-t-il mis dans cette situation de savoir que je suis son esclave ? Pourquoi m’a-t-il donné juste assez d’intelligence pour comprendre que je dépends de Lui ? Il y a une révolte sourde et implacable qui monte du coeur de l’homme dans cette confrontation de son esprit avec cette espèce de Dieu qui lui apparaît comme le rouleau compresseur de l’esprit, qui nourrit une théologie sacrificielle, expiationniste, cette théologie de substitution aux pratiques honteuses qui enferme l’humain dans une servitude !
Dans l’ouverture du Coeur de Dieu à travers le Coeur du Christ, il y a justement cette manifestation incroyable et merveilleuse que Dieu est ouvert et pauvre, qu’il est Dieu parce qu’il se communique, qu’il est Dieu parce qu’il se donne tout, parce qu’il est la désappropriation infinie et éternelle, parce qu’il a la transparence d’un enfant, une transparence où toute espèce d’appropriation est impossible, où le regard est toujours dirigé vers un l’Autre, où la personnalité, où le moi, n’est qu’un pur et infini altruisme. C’est là la grande confidence qui resplendit dans l’Évangile du Christ ! La perle du royaume, c’est que Dieu soit ce Dieu-là ! « Dieu a envoyé son Fils, pour que, par Lui, le monde soit sauvé ».
Dans sa foi l’Église parle de Dieu, qui est Père, créateur créant le ciel et la terre et tout ce qu’ils enferment. Il est venu habiter chez nous ; c’est Jésus l’envoyé du Père ; pour être à notre niveau et nous parler les yeux dans les yeux. Il est mort pour nous ; Dieu l’a ressuscité et Il est avec nous sur nos chemins de vie. Le Saint-Esprit qui est en nous, nous le fait connaître et aimer. Le Père comme étant la source, la vie que nous recevons par le Fils, dans la tendresse infinie de l’Esprit-Saint.
La philosophie grecque distinguait en l’humain trois parties ou plutôt trois puissances différentes ; le désir, le cœur et la raison. Plus tard, tous les humanistes de l’histoire vont définir l’humain en « animal raisonnable » et distinguer l’âme, l’esprit et le corps. L’être humain possède en lui-même, l’être, la vie et la raison. Les pères de l’Église décrivaient le mystère de la Trinité avec toutes ses manifestations dans notre vie d’homme, c’est-à-dire d’abord dans l’Église. La trinité sera comprise avec les trois notions : le Père, c’est l’Être, le Fils est la Vie et l’Esprit vit parmi nous et se fait plus clairement connaître. Grégoire de Nazianze disait bien que Dieu ne pouvait pas se révéler trop brutalement à l’homme, ou plus exactement que si sa révélation est unique, il sait prendre le temps qu’il faut pour que l’homme puisse percevoir un tout petit peu ce qu’est ce mystère insondable de la Trinité ; c’est là la « pédagogie divine ».
Humainement, nous pouvons faire l’expérience trinitaire, d’abord de la vie de l’être en nous sous la forme d’un roc intérieur, d’une aspiration semblable à l’expérience de la quille d’un bateau, sans aucun besoin de justification ni d’explication. Ces ‘temps d’être’ en présence de soi-même et à l’écoute de la voie de l’Être au plus profond de soi est une vraie expérience de Dieu. Ensuite, la vitalité qui nous traverse, cette sensation d’être vivant et d’épanouissement personnel de la vie est l’expérience de la filiation et de Jésus qui vient nous visiter, nous libérer pour nous relever afin que nous marchions en apôtre. L’Esprit-Saint en nous pour nous faire comprendre et nous donner la connaissance du mystère de l’être et de la vitalité. Il nous le fait connaître et nous rend à notre dignité et à notre vocation.
Je vous souhaite de croire au nom du Fils unique de Dieu pour ne pas être perdu et errer dans le vide .
Votre abbé Joseph SCHMETZ

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Méditation de l’évangile selon saint Jean 14, 5-6 ; 23 : « Va où ton cœur te mène ! »

Dans l’évangile Jésus nous dit : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ».

Durant des siècles, des hommes, des femmes et des enfants marchent vers un pays de joie et de Paix, vers la lumière pour habiter la joie, à l’écoute, de l’appel de Dieu, sans faire de bruit, mais toujours avec d’autres qui ont marché sur la route, dans la nuit… Nous aussi nous sommes à l’écoute, des pas du Seigneur vers toi ; Il marche sur ta route, il marche près de toi.

D’autres ont laissé leurs cris de guerre, leur bout de terre pour habiter la paix, pour des chansons de paix. Ils sont venus les mains ouvertes pour accueillir l’hospitalité ; ils sont venus chercher des amis pour habiter la terre et la transformer en une terre verte.

Pour nous chrétiens, la première en chemin est Marie. Elle nous entraîne, à risquer notre OUI aux visitations imprévues de Dieu. Et voici qu’est venu, en argile de notre humanité Jésus-Christ, Le fils de Dieu. Apprends-nous Marie à marcher ensemble, sur les chemins de foi : ils sont chemins vers Dieu. Pourquoi Marie en hâte tu t’élances avec autant de de joie ? Prophète de celui qui a pris corps en toi, tu as la grâce de la Parole, et tu es sa résonnance et tu franchis des maux pour en porter la voix de la victoire de l’amour sur le mal !

Avec l’Église en marche, dès les commencements, Marie appelle l’Esprit-Saint en ce monde aujourd’hui. Alors nous pouvons lui demander d’assurer notre marche pour que grandisse le corps de ton fils Jésus-Christ par notre participation à la Messe.

Les pas sur le sol me rappellent la célèbre légende de l’antiquité chrétienne, l’histoire du « Quo vadis ? », c’est-à-dire en latin, « Où vas-tu ? » Un film de cinéma s’appelle ainsi et met en scène l’histoire du Quo vadis ? Il a été réalisé par Mervyn LeRoy en 1951, avec Robert Taylor, Deborah Kerre et Peter Ustinov dans les rôles principaux. Il se base sur un récit : Les Actes de saint Pierre. On y parle des persécutions contre les chrétiens de Rome : tous les frères, ainsi que Marcellus, pressaient Pierre de sortir de Rome. Mais Pierre leur dit : « Serais-je donc un fuyard, mes frères? » Eux lui disaient : « Non, mais c’est que tu peux encore servir le Seigneur ». Obéissant alors aux frères, il sortit seul, en disant : « Qu’aucun de vous ne sorte avec moi, je sortirai seul, après avoir changé ma tenue ». Mais, comme il franchissait la porte de la Ville, il vit le Seigneur entrer dans Rome. Et, le voyant, il dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Et le Seigneur lui dit : « J’entre dans Rome pour y être crucifié ». Et Pierre lui dit: « Seigneur, seras-tu de nouveau crucifié ? » Il lui dit : « Oui, Pierre, je serai de nouveau crucifié ». Et Pierre rentra en lui-même et vit le Seigneur remonter au ciel ; il retourna à Rome, tout remplit de joie, il louait le Seigneur qui avait dit : « Je serai de nouveau crucifié » ; c’était ce qui devait arriver à Pierre.

On montre encore aujourd’hui à Rome, dans la basilique de Saint-Sébastien, Via Appia, une pierre avec l’empreinte de deux pieds, qui sont censés être ceux de Jésus quand il s’arrêta devant Pierre. « Quo vadis ? Où vas-tu ? »

Cette question que Pierre pose à Jésus est posée à chacun de nous aussi. Où vas-tu dans la vie ? Que fais-tu de ta vie ? Jésus explique où il va : il va à Rome pour y être crucifié. Jésus montre qu’il affronte sa mort et qu’il donne sa vie. Suite à cette réponse, Pierre rentre en lui-même et il réfléchit intensément.

Il sent que la question posée à Jésus est aussi posée à lui-même : Où va-t-il ? Va-t-il suivre le chemin de Jésus ou prendra-t-il un autre chemin ? La question de Pierre rejaillit sur nous. Où allons-nous ? Suivons-nous le chemin de Jésus ?

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation du 6e dimanche de Pâques C : évangile selon saint Jean 14, 23-29 

« Le Christ est devenu notre maître intérieur ; Il donne sa Paix ! ».

En Orient, c’était et c’est encore aujourd’hui une belle coutume de se souhaiter la paix en se saluant et en se quittant. En Israël, on salue par « shalom », dans les pays arabophones par « as-salam alaikum », « que la paix soit sur vous ». L’actualité montre des conflits et à quel point notre monde a faim et soif de paix. Des réfugiés d’Ukraine, de Syrie, d’Irak ou d’Afrique, parlent de leurs destins. On devine dès lors beaucoup mieux, pourquoi le mot « paix » est synonyme de salut. Un souhait réciproque qui résonne dans le monde.

Jésus a souvent salué avec ces mots. Mais il a va plus loin. Il n’a pas seulement souhaité la paix, il l’a manifestée dans le cœur des humains. Il n’a pas seulement espéré la paix ; il l’a offerte : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ». Alors, Jésus a-t-il une paix différente à donner ? En quoi consiste-t-elle ? Jésus dit : « ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne… »

Quelle bénédiction ce serait si, par exemple, un cessez-le-feu vraiment durable pouvait être conclu en Ukraine, en Syrie après neuf ans de guerre ! Cette paix, « le monde » peut et doit la donner, en faisant en sorte que les grandes puissances cessent enfin de livrer des armes et d’organiser leurs jeux de pouvoir au détriment des populations civiles et des paysages qui souffrent. Mais ce n’est pas encore la paix dont parle Jésus. Ce n’est que lorsque les armes se tairont que le véritable chemin de la paix pourra commencer. Chez nous en Belgique, savons-nous à quel point la paix sociale est un bien précieux ? Celle-ci n’existe que là où règnent une justice sociale, la sécurité publique et des conditions économiques saines. Pour nous, tout cela va de soi. Nous vivons en paix depuis 77 ans. Dans de nombreuses régions du monde, les gens ne peuvent qu’en rêver. C’est pourquoi la Belgique est pour beaucoup un pays de rêve de paix.

Et pourtant, ce n’est pas encore la paix que Jésus donne. La paix de Jésus existe aussi dans les camps de réfugiés, sur les lits des malades, auprès des mourants. Elle vient d’ailleurs. Jésus fait aujourd’hui une grande promesse : Si quelqu’un m’aime et qu’il garde ma parole, celui-là fera une expérience très profonde de la paix : « mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure », promet Jésus. « Vivre sous le même toit que Dieu », pourrait-on dire. Il n’y a pas de compagnon de maison plus paisible que Dieu lui-même. C’est pourquoi le plus important dans la vie est d’être en paix avec Dieu.

Comment parvenir à la paix avec Dieu ? Jésus a également pris des dispositions à ce sujet : il nous a promis le défenseur. Le mot que Jésus utilise signifie : avocat, intercesseur, mais aussi consolateur. C’est ainsi que Jésus appelle le Saint-Esprit. Dieu n’est pas contre nous ! Même si nous faisons des erreurs, sommes tristes et déçus de nous-mêmes, Dieu lui-même est notre défenseur. Il nous console et nous relève. Il nous montre le chemin et nous rappelle les paroles de Jésus et ce qu’il fait pour nous. Oui, c’est bien l’Esprit-Saint qui fait naître l’Église, la communauté des croyants et qui donne à chaque homme et à chaque femme sa dignité et sa mission.

C’est parce que Jésus nous a envoyé le Saint-Esprit qu’il peut dire : « Que votre cœur ne se trouble pas et ne s’effraie pas » ! Tout cela n’est-il pas trop beau pour être vrai ? Cette paix, ce réconfort existent-ils ? Dieu est-il vraiment pour nous ? Je le crois. J’ai confiance en elle ! Avec de bonnes raisons !

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation du 5e dimanche de Pâques : évangile selon Saint-Jean 13, 31-33a.34-35.

« Sur la croix, l’amour a triomphé. »

Alors que les choses sont devenues claires, que le Fils de l’homme est glorifié, que Judas est maintenant sorti du cénacle et qu’est venu le temps de l’arrestation, du jugement et de la condamnation, Jésus dit aux disciples : « le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui ».

LA GLOIRE : (hébreu kdbod ; grec doxà). Terme fréquemment employé, dans des sens assez différents. Le terme hébreu dérive d’une racine qui exprime l’idée de pesanteur ; ce rapprochement entre le poids et la gloire a été fait par l’apôtre Paul (2 Corinthiens 4.17, un poids éternel de gloire). De là découle un premier sens : ce qui recouvre, d’où ornement, parure. De l’idée de richesse et de parure, de ce qui donne de l’éclat, nous en arrivons à l’éclat lui-même. La gloire de Dieu est considérée tout d’abord comme le rayonnement qui se dégage de sa personne, rayonnement qui éblouit, aveugle et inspire à tous crainte, respect, admiration et adoration. Encore un pas, de cette manifestation en quelque sorte physique de la splendeur divine nous arrivons à une conception purement spirituelle : la gloire de Dieu, c’est l’éclat de ses perfections infinies, la révélation de sa sainteté, de sa puissance, de son amour ; et c’est ainsi que si l’homme ne peut contempler cette gloire face à face, du moins elle pourra lui apparaître comme réfléchie par un miroir.

Le paradoxe de la gloire réside dans la beauté et la splendeur de l’amour que se manifeste dans l’horreur et la brutalité de l’homme. Jésus glorifié sur la croix signifie que sur la croix, l’amour a triomphé sur la haine, le péché et la lâcheté.

Un second aspect du court évangile de ce jour est la parole de Jésus : « Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. » Ce commandement n’est pas nouveau. Il s’agit de la règle d’or connue dans beaucoup d’autres philosophies et religions du monde, ainsi que dans la sagesse grecque. « Ne fais pas à ton voisin ce que tu prendrais mal de lui » – Pittacos de Mytilène (640 – 568 av. J.-C.) et « Évite de faire ce que tu blâmerais les autres de faire » – Thalès (624 – 546 av. J.-C.).

La nouveauté de ce commandement dans la bouche de Jésus est qu’il nous donne son esprit. Il renouvelle le monde par la toute-puissance de l’Amour qui triomphe de la haine, de la mort. Jésus révèle le cœur de l’homme, pour qu’ainsi l’humanité connaisse sa vraie valeur et son poids véritable : l’Amour de Dieu pour renouveler la face de la Terre. La force de l’Esprit nous a pénétrés pour que nous nous aimions les uns les autres. Ainsi, l’Amour devient la nouvelle expression de l’être humain recréé en Lui. Le commandement de l’Amour est un réveil des consciences et non une nouvelle morale. Lorsque nous allons le chemin de l’Amour, nous sortons du sommeil, du mirage, de l’inconscience et de l’ignorance pour une connaissance nouvelle de l’humanité. C’est bien une résurrection, un éveil, une nouvelle naissance.

Je vous souhaite de vivre la vie nouvelle donnée dans l’amour du prochain, une nouvelle qualité de vie pour devenir vrai et beau à la fois.

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation du 3e dimanche de Pâques C : évangile selon saint Jean 21, 1-14 : « C’est le Seigneur ! »

Nous avons tous fait l’expérience de la frustration ou encore, de futilité et de défaites. Par exemple : nous avons si souvent prié pour la paix en Ukraine ; pourtant la guerre progresse et tout semble avoir été vain. Ou bien, après avoir travaillé sur nous-mêmes, nous sentons encore la forte influence des autres sur nous. Avez-vous remarqué combien vous dressez l’oreille, dès que quelqu’un parle de vous ? Avez-vous remarqué combien vous êtes sensible aux compliments et aux reproches ? Alors nous nous sentons entravés dans notre liberté, et c’est frustrant…

Ou bien, vous rencontrez certains enfants qui se fâchent et crient lorsqu’ils perdent à un jeu de société. Pour lui, la conclusion est : « J’ai perdu donc je suis nul… » Vous avez même observé un enfant détruire un jeu, parce qu’il avait perdu… Face à la frustration et la défaite, comment s’affranchir de cette souffrance ?

L’évangile de l’apparition du Ressuscité aux apôtres, nous parle de pareilles expériences de futilité et de frustration. En effet, les disciples, partis pêcher, ont travaillé toute la nuit sans rien prendre. Tout ce travail pour rien… Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, et leur demande de jeter le filet à droite de la barque. Pour des pêcheurs expérimentés, c’est une provocation et un défi ou bien une mauvaise blague. Ils connaissent tout de même bien ce métier… Mais, sans avoir reconnu le Seigneur sur le rivage, ils jettent les filets à l’eau, sur la Parole de Jésus. Voici que leur filet se remplit de gros poissons, à tel point qu’ils n’arrivaient pas à le tirer. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » (Jn 21,7)

Dans de tels passages, il apparaît toujours clairement que le monde entier, la vie, chaque détail et chaque acte de la vie sont comme une métaphore de quelque chose de plus élevé. L’extérieur du monde reflète le ciel ; il suffit de regarder ou justement d’écouter, car tout cela est en fait caché dans le langage, dans la parole qui, pour Saint-Jean, est d’origine divine et dont le reflet remplit d’esprit toute parole humaine.

Ce récit de résurrection est une histoire réconfortante pour chacun de nous. Cette page de l’évangile, nous apprend, comment ne pas se résigner à cause de frustrations que je subis ou bien de la futilité de mes pensées et de mes actions. En effet, Simon-Pierre, Thomas, Nathanaël, les fils de Zébédée et les deux autres disciples continuent à faire ce qui est juste pour eux ; mais maintenant en écoutant le Ressuscité. Ils continueront d’être des pêcheurs, mais sur La Parole de Jésus Vivant, ils sont des pêcheurs d’Hommes ! 

Ainsi, pareil pour chacun de nous. Dans notre quotidien, je peux toujours me répéter dans des situations banales de ma vie : « C’est le Seigneur ». N’avons-nous pas déjà fait l’expérience difficile de réunion où tout simplement aucune avancée, aucune décision n’étaient perceptibles ?  Personnellement, il m’arrivait alors de me dire : « C’est le Seigneur » ! Mon regard peut alors changer et je vois la table ronde d’un autre œil. Et tout à coup, la situation s’est détendue. Parce que j’ai pris conscience que le Ressuscité était parmi nous, même dans une réunion confuse, l’atmosphère s’en trouve transformée. Une nouvelle présence vient éveiller les consciences. Et tout d’un coup, des solutions nouvelles apparaissent à des problèmes que nous avions tenté de résoudre en vain jusque-là.

Je vous souhaite de vivre cette expérience de résurrection dans votre vie quotidienne. Dites-vous de temps en temps « C’est le Seigneur ! » et imaginez que le Christ ressuscité est vraiment avec vous et parmi vous. Cela change et transforme votre regard sur une situation. Et nous pouvons espérer que cela transforme aussi la situation. C’est dans cet esprit que je vous souhaite une semaine riche en expériences de résurrection au cœur de votre quotidien.

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation du 5e dimanche de Carême C : évangile selon Saint-Jean 8, 1-11

« Vis et va où ton cœur te mène ! »

Aujourd’hui, nous entendons le magnifique récit de la femme adultère. Prise, par les pharisiens, en flagrant délit d’adultère, ils veulent mettre Jésus à l’épreuve afin de pouvoir l’accuser. Ils affirment : « Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Par cette question, quelle que soit la réponse de Jésus, il sera de toute façon perdant.

S’il devait répondre, « oui, vous pouvez tuer cette femme », tous ses disciples repartiront déçus et penseront qu’il n’est pas aussi miséricordieux qu’Il ne l’enseigne aux foules. Et s’il prenait le parti de la relaxer : « non, relâcher cette femme pècheresse », c’est sur lui-même que l’étau se refermerait, parce qu’il irait contre la loi. Face à ce piège qu’ils lui tendent, Jésus pose un geste inattendu et merveilleux : Il s’abaisse et, du doigt, il écrit sur la terre.

Les exégètes se sont demandé : qu’est-ce que Jésus aurait peu écrire dans le sable ? Ce qui apparaît de plus marquant : c’est la sagesse de Jésus. Il entre en lui-même, tout en se détournant d’eux, et Il griffonne quelque chose dans le sable. Puis subitement, Il trouve cette idée géniale, de se relever et de s’adresser directement à ses opposants avec l’affirmation qui tue : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Voici qu’Il reprend la main, laissant les pharisiens eux-mêmes en porte-à-faux. Et aucun d’entre eux n’ose jeter une pierre. Ils sont aussi honnêtes que ça et reconnaissent qu’aucun n’est sans péché.

Jésus, détendu, s’abaisse à nouveau et poursuit le griffonnage dans le sable avant de se redresser et de s’adresser à la femme par ses mots : « Personne ne t’a condamnée ? Moi non plus, je ne te condamne pas. Va en Paix, et ne pèche plus. » Ainsi, Jésus s’investit personnellement dans cette relation, sans qu’il ne juge la femme amenée par les pharisiens.

En ce dimanche de Carême, nous pouvons nous interroger sur notre manière de réagir lorsque nous sommes en situation d’être dos au mur, ou bien lorsque nous sommes acculés et tombés dans un piège sans pouvoir prendre une décision. Comment rester dans l’impartialité lorsque nous sommes piégés ? Alors, nous pouvons apprendre de Jésus qu’entrer en soi-même pour se recevoir d’abord de Dieu est une étape qui conduira au salut. Ensuite, dire une parole, en cherchant la distanciation qui permet de faire le chemin entre la tête pour aller vers le fond de l’être et le cœur de soi. Arrivé en soi pour ressentir : « qu’est ce qui ce passe en moi, que veut Dieu de moi en cet instant ? »

Pour garder ma liberté, et bien avant que je ne me laisse entraîner par les idées des autres dans la voie de la condamnation et du mépris, je garde ma part de souveraineté. L’Esprit-Saint ouvre alors un chemin pour dire une parole libératrice et créatrice, au lieu d’abonder dans les paroles banales, complices des enfermements, des exclusions et condamnations. Je vous invite à méditer personnellement Jésus qui écrit sur le sable et de trouver un chemin de Pâques.

L’évangile veut aussi nous inciter à ne pas juger les autres, car aucun d’entre nous n’est sans péchés. Refusons de jeter une seule pierre envers quelqu’un d’autre. Entendons au fond de nous Jésus qui nous dit : « tu peux être comme ça… Mais, ne pèche plus et va où ton cœur te mène, comme cela tu corresponds à ta nature ».

Votre curé Joseph SCHMETZ.

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Méditation du 4e Dim. de Carême de Laetare C : évangile selon Saint-Luc Lc 15, 1-3.11-32.

« Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie !»

Ce dimanche de Carême est celui de la joie. « Réjouis-toi, Jérusalem ! et rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez : soyez dans le bonheur réjouissez-vous avec allégresse, vous qui avez été dans la tristesse : vous pouvez bondir de joie et vous rassasier du lait de consolation qui est pour vous. » Réjouis-toi, Allégresse !  C’est déjà l’annonce de la Joie Pascale, la joie de la Résurrection. Ainsi, l’enseignement de l’évangile du père miséricordieux qui avait deux fils est rempli de la joie eucharistique !

Jésus raconte la parabole du fils prodigue en réponse aux pharisiens et aux scribes qui récriminaient contre lui, parce qu’il mangeait avec les pécheurs. L’image du repas partagé avec eux est également une image de l’Eucharistie. En effet, dans chacune de nos eucharisties se réalise aujourd’hui pour nous ce qui se déroule dans la parabole de Jésus.

Le premier fils veut vivre l’aventure. Il se trouve à l’étroit à la maison du père. Il part dépenser tous ses biens sans compter, il ne connaît pas de limite, et il finit par atterrir au milieu des porcs. Pour les juifs c’est synonyme d’impureté et d’avoir péché. Pourtant, c’est par sa descente en servitude, qu’il fait l’expérience d’entrer en lui-même et qu’il se remet à parler avec lui-même. Il entre en relation avec son désir profond de se lever pour retourner vers son père. Au moins il y a du pain en abondance. Et le père, si magnifique, l’apercevant et saisi de compassion courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Il partage dans l’allégresse sa joie : « mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. » Pour signifier que son fils est sauvé maintenant, le père l’habille du plus beau vêtement pour l’habiller et lui passe une bague au doigt. Merveilleuse image pour exprimer que le fils découvre sa beauté intérieure et choisit d’y consentir.

Le fils aîné est également une figure qui vient nous révéler notre ambiguïté humaine. Ne sommes-nous pas fait, à la fois poussé par nos envies et nos actes irraisonnables, sans limites, à l’image du premier fils, et puis la colère et l’accusation qui veut tout expliquer et justifier de notre droiture et notre conduite exemplaire ? Même si la parabole ne parle pas de cette attitude, le deuxième fils, enfermé dans sa spiritualité étroite, s’étant tout interdit pour bien correspondre aux attentes des autres, est devenu acariâtre, acerbe, agressif, mauvais et méchant. Il refuse d’entrer et rejette son frère et son père ! 

Le père, avec une tendresse toute maternelle s’adresse alors à lui en lui disant : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi ». Nous ne saurons jamais, si le fils aîné fait le chemin d’entrer en lui-même pour retourner vers le père…

Étrange paradoxe, mais parfois, celui qui s’est perdu et égarer du bon chemin manifeste plus de facilité à se convertir que celui qui n’a jamais pris de risque et qui s’est toujours dit qu’il n’a pas besoin de se convertir puisqu’il est sur le bon chemin. Mais, n’est-il jamais entré dans la Vie ?…

Je vous invite en ce temps de Carême de vous poser la question très personnellement pour savoir lequel des deux fils est le plus fort en nous ? Le fils qui veut vivre sa vie, ou bien le fils qui s’enferme dans ce qui est correctement et droit, mais qui par la suite devient dur et sans miséricorde ?

Aujourd’hui, chacun des deux fils est invité à se laisser embraser par l’infinie tendresse du père qui les invite chacun à revenir au repas qu’il veut préparer pour eux et manger avec eux. Ainsi, heureux sommes-nous également, souvent perdus et fâchés avec nous-mêmes et contre le monde entier, mais toujours invité au repas du Seigneur qui vient nous passer l’anneau pour que nous fassions alliance avec lui. Ici le Seigneur vient nous relever ; lorsque nous sommes morts, Il nous donne sa vie ; lorsque nous sommes perdus, Il vient nous retrouver pour célébrer la beauté d’une vie réussie.

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation du 3e dimanche de Carême C : évangile selon Saint-Luc 9, 1-13

« Des racines, pour porter des fruits nouveaux ! »

En ce 3e dimanche de Carême, Saint-Luc décrit une scène qui pourrait-être actuelle lorsque des gens se mettent à raconter au sujet d’événements qui interpellent. Ainsi des pharisiens viennent rapporter à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, et puis les dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé. Les pharisiens veulent avoir raison pour dire qu’il s’agit de la punition de Dieu !

Jésus n’abonde pas dans leur sens. Au contraire des pharisiens, concernant les faits survenus, il met en garde et avertis : « Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même ». Les événements qui surviennent servent souvent à la discussion et alimentent les débats stériles. Pour Jésus, ils sont un miroir dans lequel nous sommes invités à nous regarder nous-mêmes. Il ne sert à rien de s’indigner sur ceux qui ont péché ou bien qui commettent des fautes. Il en est de même aujourd’hui. Beaucoup s’indignent et commentent les comportements fautifs des autres, en se mettant clairement au-dessus et supérieurs à eux. Ces façons actuelles et modernes qu’ont les gens aujourd’hui, par cette posture hautaine et méprisante sont mises en lumière par Jésus. Pour Jésus, tout événement est un miroir pour soi, et peu devenir un avènement en soi : comme autrui agit, tu peux agir de la même manière toi aussi. Alors, retourne-toi, change tes pensées, commence par toi-même, commence par regarder attentivement dans tes pensées et tes sentiments. Convertis-toi !

Et Jésus de poursuivre avec l’étonnante parabole du figuier planté au milieu de la vigne. Après 3 années sans récolte, l’homme déçu, dit au vigneron de couper l’arbre stérile qui épuise le sol de sa terre. Le vigneron lui répondit : « Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir ». Cette parabole vient réconforter la foule qui écoute son enseignement. Mais elle est aussi une image pour nous-mêmes qui bien souvent ne portons pas de fruits.

Le temps du carême devient alors une invitation à prendre soin de notre terre, de recommencer a cultivé notre désir et notre soif de grandir pour nous libérer des rumeurs, du bruit de la guerre et des dangers de l’errance. En cultivant sa terre intérieure, ce sont nos qualités d’être que nous élevons et que nous transmettons autour de nous. En cultivant notre jardin intérieur, nous pouvons sortir des terrains bétonnés par nos principes érigés en absolus ou lois sacrées qui mettent nos émotions dans le coffre-fort des certitudes et des convictions personnelles. Par le travail de sa propre terre intérieur, nous apprenons à sortir des ornières creusées par nos vieilles habitudes et pourtant vidées de sens pour un nouvel avenir.

En ce 3e dimanche de carême, je vous souhaite d’abord de biner votre terre intérieure, celle de l’esprit et des pensées, pour casser le superficiel des idées qui circulent et d’un sol tassé. Il est temps d’aérer l’âme et de prendre soin des qualités d’être enfuies, mais toujours prêtes à germer dans notre vie pour nous faire porter du fruit.

Ensuite, je vous souhaite un retour vers les racines. Nos racines nous portent. Par elles monte en nous l’irrésistible sève de La Vie. Les racines de la foi des ancêtres et des maîtres spirituels femmes et hommes. À leur contact, nous pouvons faire l’expérience forte d’être enraciné nous-mêmes dans une Tradition qui n’a jamais cessé de produire de bons fruits à chaque période de l’histoire, même dans les temps les plus sombres de l’humanité.

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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La TRANSFIGURATION par Sieger Köder

Comme ils sont beaux les yeux des trois apôtres, fermés mais illuminés, aptes à voir l’invisible!

Méditation 2e dimanche du Carême C : évangile selon saint Luc 9, 28-36 « Ce sont toujours les regards d’amour qui nous transfigurent ».

Au deuxième dimanche du Carême, l’Évangile de la Transfiguration de Jésus vient indiquer le but du Carême : notre illumination, ou bien, comment retrouver l’image originale de Dieu en nous. La transfiguration intérieure nous invite à devenir plus lumineux. Choisir de faire l’expérience que quelque chose puisse s’éclaircir en nous, et sortir des flous qui obscurcissent, des peurs qui paralysent, des mensonges qui enchaînent pour se connecter à l’image originale de Dieu en soi. Eckart Kästner a écrit dans son beau livre « The Hourly Drum from Mount Athos »: « Ce sont toujours les regards d’amour qui nous transfigurent. »   Ce sont toujours les regards d’amour qui nous permettent de reconnaître la vérité chez les autres et en nous-mêmes. Donc, si nous nous regardons avec tendresse, nous sortons du flou pour adhérer au vrai. Cette beauté de Jésus, il est impossible de la connaître, sans lui consacrer toute sa vie. Le vrai Dieu ne peut se connaître qu’en s’assimilant à lui et non en voulant l’assimiler à soi, à ses imaginations. Alors, le perfectionnisme, le jugement sur soi de ne pas être assez bons, la critique constante des autres, peuvent cesser. Et puis la lumière originale et claire s’illumine en nous et pour nous. 

Moïse et Élie apparaissent sur le mont de la Transfiguration. Moïse est le législateur et le leader de la liberté. Élie est le prophète. Ils nous parlent de ces expériences où quelque chose s’illumine en nous, lorsque notre vie renaît à la liberté à laquelle Dieu nous invite. La joie du témoignage de Dieu est alors toute naturelle. 

Je vous encourage à transfigurer votre semaine, en choisissant de vous regarder avec amour. Et si vous regardez avec amour les personnes que vous rencontrez cette semaine, plutôt que de juger ou bien de vous dévaloriser, alors vos pensées s’éclairciront, et vous reconnaîtrez l’image originale et claire de l’autre par-delà les masques.

Cherchons à nous dilater nous-mêmes à l’infini, tout en sachant qu’on n’arrivera jamais, jamais à épuiser ce mystère et qu’il faudra toujours, pour finir, se résoudre à n’être qu’une seule corolle qui rayonne une parcelle de la divine lumière.

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Homélie du 8ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année C – Dimanche 27.02.2022

Chers sœurs et frères,

Au terme de l’Evangile selon saint Luc de dimanche dernier, Jésus s’adressait à nous en ces termes :

« Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. » Lc 6, 38

L’Evangile de ce 8ème Dimanche du Temps Ordinaire de l’Année C, que vous venez d’entendre, en est la suite immédiate et Jésus s’adresse à nous en parabole.

Deux parties distingues constituent ce récit, la première est une réflexion sur le regard, la deuxième étant une allusion à l’arbre et à ses fruits.

« Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ? » Lc 6, 39

En étant aveuglé peut-on assurer ce rôle de guide ? Cette chute dans un trou, manifeste clairement cette méconnaissance des lieux, qu’une vision normale ou éclairée aurait permis d’éviter.

« Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais une fois bien formé, chacun sera comme son maître. » Lc 6, 40. Bien formé, voici la faculté à acquérir pour être un bon guide, et par une formation permanente, atteindre cette perfection, cette proximité avec le maître. Et nous le savons, pour être un bon guide il faut avoir ses sens en éveil, et notamment la vue, pour percevoir avec netteté l’environnement dans lequel il évolue. La netteté du regard ne peut être acquise que par des yeux en bon état, non encombré.

L’Evangile de ce jour y fait référence, en parlant de poutre et de paille.

« Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? » Lc 6, 41

Nous constatons ici un réel problème visuel du regardant, percevant une paille dans l’œil de la personne regardée alors qu’il ne remarque pas la poutre dans l’œil qui lui est propre.

Mais qu’elle est donc la symbolique qui se cache derrière les termes utilisés par Jésus, de poutre et de paille ?

Il s’agit bien sur de nos imperfections, de nos jugements, de nos convoitises, de nos jalousies, de nos vies encombrées de richesses virtuelles, de nos bonheurs éphémères et sans racines, qui rendent ceux-ci vulnérables. Notre vision est ainsi, altérée, embuée, et rends difficile la bonne perception des dimensions humaines qui nous entourent, dans leurs fondements et dans leurs vécus.

Cette formation dont j’ai fait allusion est cette nourriture spirituelle à laquelle le Seigneur nous convie, lors du partage de sa Parole et de son Pain, dans une prière confiante et intime avec Lui. Nous pouvons ainsi, nourris de manière régulière, percevoir avec netteté et avec l’aide de l’Esprit Saint, le message que notre Seigneur veut nous transmettre et qu’il véhicule au travers de nos frères et sœurs vers lesquels il nous envoie, nous demandant de nous adresser à eux par son langage d’Amour.

Jésus poursuit le message qu’il nous adresse dans l’Evangile de ce dimanche en faisant allusion à la symbolique de l’arbre et de ses fruits. « Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. » Lc 6, 44

Frères et sœurs du Christ, nous le sommes en paroles et en actes.

C’est par nos témoignages de vies et d’êtres que nous sommes invités à être des témoins visibles du Christ, animés de cette force d’Amour qui fait donner à l’arbre que nous sommes, ses plus beaux fruits.

Ces fruits seront cueillis et nourrirons ceux qui en profite. Ces derniers recevront l’énergie nécessaire pour se relever, se remettre en marche, pour transmettre à leur tour ce message que Jésus nous adresse et qui donne Vie.

Les arbres que nous sommes sont variés et multiples, tous différents, il en va de même des fruits produits par ces arbres. Une nourriture saine et équilibrée est acquise lorsque nous mangeons variés.

Alors, comme le Christ qui n’a aucun lieu où poser la tête, restons en marche et dans une vie relationnelle à laquelle Il nous invite, nourrissons-nous des fruits qu’il met sur nos chemins, ils nous sont tous nécessaires, sans exclusions, sachant que certains ne sont pas comestibles.

« L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. » Lc 6, 45

Aide-nous Seigneur à avoir un cœur débordant, transmettant par nos bouches Ton message d’Amour pour tous. Amen.                                                                       

Guy SCHYNS, diacre permanent

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Méditation du 7e Dimanche C : évangile selon Saint-Luc, 6, 27-38

« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ».

Les paroles de Jésus dans la plaine peuvent être comprises comme un appel à choisir la vie et à se décider profondément pour elle. « …vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. »

Jésus parle ouvertement de l’hostilité qui naît toujours d’une projection. Quelqu’un projette en moi quelque chose qu’il ne peut pas accepter en lui-même.

C’est à moi de décider comment je réagis : soit je réponds à l’hostilité et je me bats contre l’ennemi, soit je reconnais cette projection, je m’en distancie et je vois dans l’ennemi celui qui a besoin d’aide, qui a peur et qui projette sa peur sur moi. En choisissant la vie et le bonheur, je ne crains pas devant l’autre. C’est le point de vue de l’amour, qui voit dans l’ennemi une personne, aimée de Dieu, une sœur, un frère en humanité. L’amour peut éveiller une réaction active. Si je réagis à l’ennemi avec hostilité ou bien violence, je reste bloqué dans la passivité. Je laisse l’ennemi avoir une emprise sur moi et m’imposer une réaction agressive.

Jésus enseigne trois manières de réagir activement en face de l’ennemi. Pour chacune de ces trois réactions, il s’agit de sortir du rôle de victime et de devenir nous-mêmes des acteurs capables de transformer activement la situation dans laquelle je suis confronté à une passivité.

Jésus dit : « faites du bien à ceux qui vous haïssent ». Cette première réaction délibérée est de vouloir faire du bien pour transformer la haine. Répondre à la violence par la violence, viendrait confirmer l’ennemi dans la haine et la méchanceté. En choisissant de faire du bien, j’empêche l’autre, même l’ennemi, de m’imposer ses réactions. Alors, fidèle au meilleur en moi, en accord avec la voie de l’être, je choisis la vie en faisant du bien.  C’est Vivre qui doit gagner dans toutes les guerres !

La deuxième réaction est la bénédiction : « Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent ». En bénissant, j’envoie une énergie positive à celui qui maudit, qui m’offense avec des mots et qui m’envoie des signes négatifs. Ma bénédiction se révèle plus forte, en ce qu’elle me protège de l’énergie négative de l’autre. Et elle me permet également de rencontrer l’autre d’une manière nouvelle. Savez-vous qu’une bénédiction veut le bien de l’autre, mais qu’elle revient aussi sur soi ? C’est une décision par laquelle je choisis la vie et le bonheur pour le bien de chacun et pour plus de vie.

La 3e réaction à l’hostilité est de prier pour les personnes qui maltraitent autrui. « …priez pour ceux qui vous calomnient », dira Jésus. En priant pour ses ennemis, je choisis de réagir activement. Je ne reste pas dans le rôle de la victime, mais je deviens acteur puisque dans la prière, je me tourne vers les gens de manière positive et je demande à Dieu de transformer la haine en amour.

« Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux ». Misericordia : viens de deux mots latins : « Miserere » et « cordis », « misère » et « cœur ». Elle consiste à avoir le cœur qui bat pour les pauvres, pour celui qui est dans la difficulté. Quoi de plus beau, de plus chaleureux, de plus courageux ! C’est aussi le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours.

Pour le Nouveau Testament, la miséricorde est l’attitude qui caractérise Dieu. Si nous sommes miséricordieux comme notre Père céleste (Lc 6,36), alors nous participons à Dieu, nous sommes marqués par l’esprit de Dieu. C’est la miséricorde qui est le plus pur reflet de Dieu dans une vie humaine. « Par la miséricorde envers le prochain, tu ressembles à Dieu » (Basile le Grand).

La miséricorde est l’humanité de Dieu. Elle est aussi l’avenir divin de l’homme.

Peu avant sa mort, Rembrandt, appauvri et malade, a peint un magnifique tableau du Père miséricordieux. Comme le père du tableau de Rembrandt, nous pouvons étendre nos mains sur les autres pour les bénir.

En chacun de nous se trouve un père miséricordieux, une mère compatissante dont le cœur et la porte sont toujours ouverts pour les perdus, les échoués ; un homme, une femme qui, par leur amour et leurs pensées de guérison, aspirent au fils perdu, à la fille perdue, qui invitent l’endurci à venir près d’eux avec de bonnes paroles d’amour. Être entièrement accepté par une personne paternelle ou maternelle signifie être en sécurité chez soi.

 Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Médiation du 6e dimanche C : évangile selon Saint-Luc 6,17-26

« Qu’est-ce que je veux ? Le courage de prendre une décision. »

Heureux les pauvres, malheureux les riches… Ce serait un tort de résumer les béatitudes selon Luc de cette manière caricaturale. Avez-vous remarqué que chez Matthieu les béatitudes font partie d’un discours appelé communément : le sermon sur la montagne (Mt 5-7). Luc préfère un terrain plat. Il tient à placer le Seigneur, qui se tenait déjà près de Simon-Pierre, parmi une foule et au sein d’une diversité qui rappellerait une cour des miracles.

La parole de Jésus est ainsi associée à la Bonne Nouvelle en actes : guérir et retrouver la santé, signe du salut et de la venue du Royaume ; thème cher au médecin qu’était Saint-Luc lui-même. Il présente Jésus venu pour la guérison de chaque personne, appelée conversion, à laquelle chacun est maintenant invité, depuis les apôtres, descendus de leur montagne, jusqu’à cette foule venue d’autres frontières. Jésus vient nous révéler l’image originale de Dieu en nous-mêmes et nous appeler au bonheur.

Jésus s’adresse directement à ses auditeurs. Il ne dit pas : « Heureux les pauvres en esprit », mais bien : « Heureux les pauvres ». Il s’adresse aux pauvres, à ceux qui ont faim, à ceux qui pleurent et à ceux qui sont exclus de la communauté et leur promet le salut. Aux pauvres, aux affamés, à ceux qui pleurent et à ceux qui sont exclus et insultés, Jésus montre comment ils peuvent choisir la béatitude, le bonheur, la joie. Il leur dit : « Ta vie peut changer. Le bonheur est possible pour toi aussi. C’est à toi de gérer ta pauvreté, tes pleurs et ta faim. Jésus encourage les exclus à croire que Dieu les regarde et qu’en Lui faisant confiance, ils connaîtront la joie au milieu de la haine des hommes.

Ce n’est pas la faute des pauvres s’ils sont tombés dans la pauvreté. Mais ils peuvent soit se lamenter et se plaindre, soit réagir à la pauvreté. Si Dieu règne en eux, leur pauvreté extérieure se transforme en richesse intérieure. Rechercher Dieu dans son cœur, parce qu’Il est le vrai trésor. Si Dieu règne en moi, j’ai assez ; ça suffit. Alors, la quantité d’argent que j’ai n’a plus d’importance.

A ceux qui ont faim, Jésus dit : « Vous serez rassasiés ». Ce n’est pas une promesse extérieure. Jésus invite les affamés à chercher ce qui les rassasie vraiment. Même si j’ai faim physiquement, je peux être rassasié spirituellement. Nombreux sont ceux qui, aujourd’hui, restent bloqués dans une attitude d’attente : les autres devraient les rassasier. Mais ce que les autres nous donnent ne peut jamais combler notre vide intérieur.  Nous avons besoin d’une autre nourriture, qui nous rassasie vraiment. Jésus parle de la parole de Dieu. Elle nous rassasie plus que le pain. Lorsque nous laissons la parole de Dieu tomber dans notre cœur, notre âme est rassasiée. Nos désirs les plus profonds sont rencontrés et comblés par sa venue. La véritable faim est la faim d’aimer et d’être aimé, d’être reconnu.e et en paix intérieure. Ce n’est pas le pain qui apaise cette faim, mais Dieu seul qui me promet que je suis aimé sans condition.

Le quatrième groupe auquel Jésus s’adresse est celui de ceux qui sont méprisés, harcelés et insultés par les hommes, qui sont exclus de la communauté. Jésus les invite à se réjouir. Cela semble excessif. Mais si je suis méprisé, je devrais me rendre compte que les autres projettent leurs problèmes sur moi. D’une part, je dois me libérer intérieurement de leurs projections. D’autre part, je peux intérioriser pour découvrir le socle sur laquelle je construis ma vie. Elle n’est pas l’approbation des hommes, mais l’amour de Dieu. Je peux m’apitoyer sur mon sort en cas de harcèlement. Mais accepter la situation comme un défi à relever pour grandir intérieurement, n’est-ce pas choisir la vie ? J’acquiers alors une position solide à partir de laquelle je peux observer ce que les autres font de moi sans être renversé.

Dans les quatre malédictions qui suivent les béatitudes, Jésus s’adresse aux riches, à ceux qui rient et à ceux qui sont loués par les hommes. Il s’adresse à eux en les tutoyant et les met en garde : « Ta richesse peut être réduite à néant, ton rire peut se changer en pleurs et ta satiété peut se transformer en faim. Veille à ne pas te sentir trop en sécurité. La vie peut se transformer en son contraire. Rien de ce que tu possèdes à l’heure actuelle n’est sûr. Tu ne peux pas te reposer sur ta situation actuelle. Choisis la vie, choisis le bonheur, surtout ne crains pas ; choisis la vie, choisis de bénir, fais comme cela et tu vivras…

L’enseignement de Saint-Luc est une invitation à se décider pour le bonheur. Si tu veux être heureux ou si tu veux le malheur entend ceci : « Quelle que soit ta situation, que tu sois pauvre ou riche, ne te fais pas d’illusions. Ce qui compte dans chaque situation, c’est de te décider pour Dieu, pour la Vie. Ce n’est qu’alors que tu réussiras ta vie. Ne te repose pas sur tes richesses ni sur ta piété, mais décide-toi pour Dieu à chaque instant. Et décide-toi pour le chemin qui mène vraiment à la Vie.

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Médiation du 5e dimanche C : évangile selon Saint-Luc 5, 1-11

« Pourquoi gagner les personnes à Dieu ? »

La pêche miraculeuse que font Pierre et ses compagnons, après avoir peiné toute la nuit sans rien prendre, est une expérience que nous faisons également. Lorsque fatigués, nous vivons une forte frustration, une lassitude, une capitulation de nous-mêmes et dont nous accusons la vie d’être difficile, alors que nous avons tout donné. Et nous qui espérions du résultat…

Nos modes de fonctionnement de la performance et du rendement sont alors en échec.

En présence de l’échec, Jésus invite à réessayer et à jeter les filets une nouvelle fois à l’eau. Sur sa parole, Pierre jette les filets, et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. Pour des pêcheurs professionnels et expérimentés comme eux, c’est un miracle…

La réaction de Pierre est forte : il tomba à genoux, il est effrayé de voir qu’il a réussi et que le succès est au rendez-vous. Cette bonne et belle expérience lui fait ressentir un grand effroi devant Jésus ; c’est un miracle !

Qu’est-ce qui arrive à Pierre ? Dans la philosophie des religions, on apprend que Dieu est mystérieux, car à la fois « Fastinosium et Termendum. » En d’autres mots que le Sacré, c’est le Mystère qui nous cause l’effroi et qui en même temps nous fascine. Dieu qui peut nous broyer les os ; Pierre tombe à genoux… C’est l’expérience de Pierre à cet instant qui dit à Jésus : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ». En face de ce miracle, Pierre reconnait sa petitesse, son étroitesse. Il vit à côté de lui-même et de manière superficielle sa vie d’homme. Il fait l’expérience qu’il est pécheur.

Mais Jésus n’y répond pas ; il ne pardonne pas non plus ses péchés. « Toi, tu es comme tu es ! » Et Il lui dit : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »

Saint-Luc nous montre par une belle image, comment la profession de pêcheur est transformée : il doit désormais gagner des hommes à Dieu.  N’est-ce pas également l’appel de Jésus adressé à chacun.e d’entre nous ? Comment gagner les personnes à Dieu ? Gagner les personnes à Dieu pour que nous puissions vivre ensemble ; gagner les personnes à Dieu pour que leur vie réussisse ; pour qu’elles s’épanouissent avec Dieu et avec les autres.

Et gagner des personnes à Dieu dans nos relations humaines. Gagner les personnes à Dieu pour les libérer du rendement et de la productivité aliénante. Gagner des personnes à Dieu pour sortir des ornières et de la routine ; qu’elles restent ouvertes à du neuf. Gagner des gens pour Dieu, toucher des gens pour qu’ils découvrent la beauté de la vie en eux et que grandisse la fraternité humaine. N’est-ce pas notre devoir à chacun.e, d’être témoin du Christ ? C’est également une merveilleuse mission dans le monde, d’être des artisans de paix, des bâtisseurs d’amour pour rassembler l’humanité que Dieu veut réussie à son image.

L’ENJEU DU SYNODE POUR L’ÉGLISE QUI EST À LIÈGE

L’Up prend part à la démarche synodale et nos équipes de catéchistes, notre C Up, nos fabriques d’église, nos équipes de jeunes et de famille s’organisent.  Les réponses au questionnaire simple rassemblent des avis, des suggestions. Le pape appelle cela d’une formule un peu poétique : “passer du temps avec l’avenir”. Je le cite : “rêver”, pour “faire naître l’espérance” d’une “Église participative et coresponsable, capable d’apprécier sa propre riche variété”.

Et le pape nous adresse principalement et prioritairement cette question-ci : “comment marchons-nous ensemble dans notre paroisse, dans notre mouvement, notre communauté, etc.?”

Je souhaite qu’une participation, la plus large possible, donne à chaque personne qui le souhaite l’occasion d’exprimer dans l’Up sa voie. Le C.Up collectera les réponses de chaque groupe et se chargera de transmettre au diocèse notre travail collectif. Le curé et les membres du C.Up sont à votre service.

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation du 4e dimanche C : évangile selon Saint-Luc, 4, 21- 30

« Aucun prophète n’est reconnu dans son pays ».

Aujourd’hui, nous entendons la 2e partie de l’intervention de Jésus dans la synagogue de Nazareth. Manifestement, Jésus parle bien. Mais, si dans un premier temps ces paroles plaisent et séduisent, lorsqu’il fait la citation du dicton : « Médecin, guéris-toi toi-même », les choses vont vite se gâter. Alors, Il leur dira ouvertement : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays ».

Nous connaissons tous ces paroles et souvent nous avons le sentiment qu’elles sont tellement vraies. Un sentiment de ne pas être reconnu par les membres notre propre famille et une souffrance, qu’ils n’ont pas encore découvert le mystère de notre vie.

Et Jésus raconte deux histoires ; celle de la rencontre du prophète Élie avec la veuve de Sarepta et celle de la guérison de Naaman le Syrien.

Jésus n’est pas venu pour guérir tout le monde à Nazareth, mais bien plus pour rencontrer la personne en chacun.e, et la question est de chercher à comprendre ce qui se cache derrière ses paroles : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays..

Il est évident que les habitants de Nazareth veulent s’approprier Jésus. On te connait ; tu es le fils de Joseph ; on te connait depuis l’enfance et de ton travail… »  Ainsi, dès que l’on dit connaître quelqu’un, on l’enferme dans nos idées et il ne peut plus nous dire ou bien nous apprendre quelque chose de nouveau. N’est-ce pas la tendance qui domine encore aujourd’hui dans nos cercles familiaux, d’amis et de communautés paroissiales ? Nous n’acceptions pas facilement de recevoir une parole d’un proche et nous pensons que celui-là ou bien celle-là n’a quand même rien à nous dire… Il a lui-même des fautes et ses faiblesses, nous connaissons son histoire, il n’est pas quelqu’un de particulièrement intéressant, et puis il est sans formation exceptionnelle. En fait, nous enfermons l’autre parce que nous voulons garder nos certitudes et nos idées bien ancrées qui pourraient-être remises en question par les retours et les questions déstabilisantes de l’autre.

Le message libérateur de l’évangile de Jésus veut nous mettre en marche. Jésus vient en chacun de nous comme un questionnement de nos existences et du désir de plus beau qui anime chaque vie pour son épanouissement personnel. Aujourd’hui, nous pourrions dire que Jésus veut nous sortir de notre zone de confort. Il néglige les convenances et ne vient pas faire de la représentation de Dieu. Il veut redresser, relever, soigner, guérir et sauver l’humain en chacun.e. 

C’est sûr que naturellement, nous avons une forte propension à rechercher notre confort, une sorte de paix mièvre et consensuelle : « ne venez pas nous déranger dans nos affaires, nous gérons… », et puis nous refusons que quelqu’un nous dise ce que nous avons à faire.

Peut-être que l’évangile d’aujourd’hui pourra nous aider à ouvrir nos oreilles à ce que mon mari, ma femme, qu’un enfant aurait à me dire ; ce qu’un membre de ma famille aurait à me dire ; ce qu’un voisin aurait à me dire…

Ainsi chacun.e cherche à nous dire quelque chose. Chaque étranger à moi-même m’invite à l’écouter. Il peut me parler, être porteur d’un message libérateur et bon pour moi, qui vient ouvrir notre cœur à la vérité.

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Homélie du 3ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année C – Dimanche 23.01.2022

Chers sœurs et frères,

En ce 3ème Dimanche du Temps Ordinaire de l’Année C, l’Eglise célèbre le « Dimanche de la Parole de Dieu ».

L’Evangile de ce jour, selon saint Luc, nous présente Jésus de retour dans sa région d’origine, en Galilée et plus précisément à Nazareth, où il a été élevé.

Jésus n’y vient pas seul, Il est accompagné de la puissance de l’Esprit, ce même Esprit que nous avons reçu au jour de notre baptême, et qui fait de nous des êtres oints, prêtres, prophètes et rois, membres d’un même Corps, le Corps du Christ.

Cette présence divine qui accompagne Jésus lui sera bien nécessaire, car en cette région païenne où il se rend, l’accueil à son égard n’y sera pas toujours des plus favorables. C’est par cette Force venue du Père qu’Il interviendra sous de multiples formes.

En bon pratiquant, Jésus se rend à la synagogue, le jour du sabbat, et il se lève dit-on, pour faire la lecture.

Au livre d’Isaïe qui lui sera remis, Jésus entamera la lecture par ces mots :  « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. » Lc 4, 18.

Sœurs et frères, prenons-nous suffisamment conscience que nous aussi, aujourd’hui et maintenant, en ce dimanche 23.01.2022, nous faisons nôtre ces Paroles, et que dans toutes nos situations de vie, Jésus est en nous et nous accompagne sur le chemin, nous donne cette Force qui relève, qui met debout, qui met en marche, qui guérit et qui aide dans les cheminements propres à chacune et à chacun.

Et comme transmise à Jésus au jour de sa lecture, la mission qui était la sienne devient la nôtre aujourd’hui.

Mais en quoi consiste cette mission contenue dans le livre d’Isaïe ?

Celle « d’envoyer porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, d’annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur . » Lc 4, 18-19.

Oui, le Seigneur nous a choisit pour être ses ambassadeurs là où nous sommes, transmettre son message au monde, fait d’Amour inconditionnel et d’empathie, pour toutes et tous, et particulièrement pour les personnes les plus fragilisées de notre société.

En ces jours difficiles et en pleine pandémie Covid-19, et à la suite des inondations du mois de  juillet 2021, de nombreuses personnes, de nombreuses familles souffrent au niveau sanitaire, social et économique. C’est là qu’actuellement, en humanité, nous devons veiller à transmettre ce message du Christ, en Parole et en actes. Aussi à toutes ces familles qui ont perdu un être cher et pour qui l’obscurité et la peur du lendemain sont devenus leur quotidien.

C’est là que dans un langage de cœur à cœur, nous devons prendre le temps d’écouter nos sœurs et frères souffrants, de laisser en nous une place pour eux, de partager leurs difficultés, leurs doutes, leurs incertitudes, leurs peines, leurs angoisses.

C’est auprès d’eux que nous devons être présence du Christ, message d’espoir, porteur de la Lumière qui éclaire les chemins obscurcis et aide, tel un repère, à retrouver la voie de la sérénité et de la Paix.

Achevant la lecture, refermant le livre d’Isaïe, Jésus s’assit et dit : « Aujourd’hui, s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre. » Lc 4, 21.

Oui, la Parole de Dieu proclamée il a plus de 2000 ans, s’accomplit aujourd’hui encore parmi nous.

Ce n’est pas un message poussiéreux du passé, mais au contraire une Force qui guide les pas de nos quotidiens respectifs.

Puissions-nous prendre davantage de temps à approfondir la densité du message d’Amour que Jésus nous adresse par sa Parole, à découvrir, à savourer les textes bibliques que nous propose la liturgie de chaque jour, à prier ensemble dans l’universalité de toute l’Eglise.

En cette semaine de prière pour l’Unité des chrétiens, partageons nos prières adressées au Dieu Unique.

Présents ici ce matin, nous avons répondu à l’appel du Seigneur. Nous sommes venu écouter sa Parole et partager son Corps, présent parmi nous.

Que cette nourriture nous aide à reprendre forces pour poursuivre la route, rayonnants de cette joie d’être enfants de Dieu, aimés par Lui, Amen.     

Guy SCHYNS, diacre permanent

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Méditation du 2e Dimanche ordinaire C : évangile selon saint Jean 2, 1-11

 
« Lorsque notre vie prend une nouvelle saveur !»

 

Dans le récit des noces à Cana, Saint-Jean ne veut pas d’abord rapporter une fête de mariage où Jésus avec ses disciples était présent. Dans son évangile, il fait apparaître une réalité symbolique. Le premier signe qu’accomplit Jésus est une nouvelle fois dans la prolongation du mystère de la Nativité. Ce dimanche également, nous célébrons une nouvelle manifestation de Dieu fait Homme. En effet, lorsque Dieu se fait homme, Il veut célébrer des épousailles qui viennent transformer nos vies.
« Il y avait là six jarres de pierre » ; six est le chiffre symbolique de l’homme qui, par nature, n’atteint pas la perfection. Si l’eau est un symbole pour exprimer la source, elle est parfois également, l’eau qui stagne, l’eau usée. Jésus va utiliser l’ancienne eau qui servait au rituel de purification et la transformer en vin. Ainsi, lorsque Dieu se fait humain, notre vie prend une nouvelle saveur. En devenant un homme, Dieu divinise notre nature humaine et l’Homme est glorifié en Lui. Diviniser la nature humaine, c’est lui donner une nouvelle saveur, une nouvelle joie qui n’est pas celle de l’ivresse, mais de se sentir exister pleinement. N’est-ce pas là où il y a le plus de joie, qu’il y a le plus de vérité et par conséquence le plus de bonheur ?
Les pères de l’Église ont interprété le signe de Cana comme la venue en nous de l’accomplissement de notre désir profond d’une vie épanouie. Dans la mythologie grecque, Dionysos (en grec ancien Διώνυσος) est le dieu de la vigne, du vin et de ses excès, de la folie et de la démesure. Il était de coutume d’offrir dans son temple des jarres d’eau pour qu’il change l’eau en vin. Il est une figure majeure de la religion grecque et un dieu de première importance au sein de l’orphisme : les Hymnes orphiques comportent de très nombreuses prières en son honneur et s’organisent pour donner une image de l’ordre du monde naturel et moral qui montre que, dans cet ordre, Dionysos joue un rôle particulier.
Les pères de l’Église parlaient de l’état « Sobrias debrietitas », de sobriété et de jeûne. Ils parlaient en mettant en avant le bruissement intérieur et non pas les cris et les bruyantes manifestations extérieures des soirées arrosées. Il faisaient allusion au bruissement intérieur de la venue de l’Esprit-Saint, de la joie que nulle ne peut nous ravir, celle du souffle de Dieu dans nos vies. Seul Son souffle donne au corps et à notre existence une saveur nouvelle. C’est l’expérience personnelle de Dieu qui fait irruption dans nos vies pour l’attirer vers sa Lumière et sa vérité. Alors, pourront également sortir de nous une autre saveur et un témoignage missionnaire. Ne disons-nous pas parfois à l’issue d’une rencontre qu’elle a laissé en nous un goût amer ?
Je vous souhaite d’être remplis de l’Esprit-Saint, du vin de l’Amour de Dieu, pour que se répandent autour de vous le goût de la joie et du bonheur de la vie des autres dans une bienveillance audacieuse et provocatrice, à l’image de Marie que nous célébrons particulièrement à Banneux.
En effet, le soir du 15 janvier 1933, Notre-Dame apparaît pour la première fois dans le jardin de la petite maison de Mariette Beco. Elle appelle Mariette par un signe de la main. Quelques jours plus tard, elle montrera à Mariette la source de sa joie pour toutes les nations.
Notre-Dame des Pauvres, priez pour nous.
Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation du Baptême du Seigneur : évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 3, 15-16.21-22.

« Le baptême révèle notre dignité »

Aujourd’hui, nous célébrerons la fête du baptême du Seigneur. Elle célèbre notre propre baptême et vient nous rappeler qui nous sommes. Nous avons été plongés dans l’eau du baptême qui purifie. Elle nous purifie de tout ce qui ternit l’image originelle, inaltérée et unique de Dieu en nous, des attentes et des projections qui veulent nous imposer une image mensongère et fausse de nous-mêmes. Et puis, par l’onction d’huile sainte, le chrême, chaque membre du peuple de Dieu est fait roi et reine, prêtre et prêtresse, prophète et prophétesse. Le baptême révèle et montre notre dignité de femme et d’homme.

Saint-Luc décrit que Jésus priait au moment de son baptême. C’est dans sa prière que le ciel s’ouvrit, et l’Esprit-Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie ». Ces images décrivent également notre propre baptême. Ainsi, lorsque nous prions Dieu nous entrons en connexion avec la sensation profonde d’être fille et fils bien aimé du Père. Notre ciel intérieur peut s’ouvrir à la hauteur, la profondeur, la largeur de notre existence. Nous sortons de l’étroitesse, de l’enfermement que parfois nous donnons à notre vie par toutes sortes de devoirs, d’attentes et d’obligations. Elles nous défigurent et nous réduisent à vouloir prouver aux autres que nous existons. Nous sommes en représentation et non présent.

Le baptême est riche en images et symboles. Tous ils servent à révéler et faire apparaître qui nous sommes. Ainsi, le symbole du vêtement blanc, de la prière de l’Éphata sur nos yeux, notre bouche et nos oreilles pour qu’elles s’ouvrent, pour que nous vivions pleinement par tous nos sens. Toutes ces réalités d’être des enfants de Dieu sont réveillées en nous, lorsque nous prions.

Ensuite, Jésus descend dans l’eau pour se faire baptiser. La vallée du Jourdain est la plus basse du monde, puisqu’il se jette dans la mer Morte à l’altitude de 421 mètres sous le niveau des océans. C’est une nouvelle image qui décrit la descente de Jésus jusqu’aux entrailles de la Terre. Les pères de l’Église ont décrit cette descente de l’Envoyé de Dieu du ciel comme une suite à la fête de Noël. Il est descendu dans une étable, mais l’image de sa descente dans la profondeur de l’eau du Jourdain signifie qu’il est descendu encore plus profondément, jusque dans l’inconscient humain pour visiter et connaître toute la réalité humaine et l’aimer pour la recréer. Il est venu « redresser » l’humain, le cosmos pour le diviniser.

Le baptême dit notre filiation divine : Toi, tu es mon Fils bien-aimé, tu es ma fille bien-aimée ; en toi, je trouve ma joie. Nous sommes fait Roi signifie que nous sommes maîtres de nous-mêmes et que nous ne sommes pas dominés par les attentes et les exigences des autres ni par nos besoins. Nous sommes fait Prêtre signifie que nous gardons le sacré en nous, et que nous protégeons aussi le sacré chez les autres. Le sacré est ce qui est invisible aux yeux du monde, et qui se voit qu’avec le cœur ; là où nous sommes pleinement nous-mêmes entiers. Jamais, le sacré en nous et dans les hommes ne doit pas être détourné, car tout homme est une histoire sacrée. Prophète et prophétesse signifient que chacun de nous exprime quelque chose de Dieu qui ne peut être exprimé que par lui. Chacun de nous transmet aux autres quelque chose qui est unique de Dieu.

« Toi, tu es mon Fils bien-aimé, tu es ma fille bien-aimée ; en toi, je trouve ma joie ! », ces Paroles viennent nous libérer de toute la pression qui empêche une existence heureuse. Karl Frielingsdorf, dans son livre « De survivre à vivre » décrit très justement comment trop de personnes survivent et ne vivent pas. Beaucoup de personnes sont stressées et anxieuses, vivent un besoin maladif d’être vues, de prouver quelque chose à quelqu’un. Survivre n’est pas vivre ! Aujourd’hui, Jésus vient nous libérer en nous appelant par notre nom pour nous dire son amour inconditionnel. L’Amour de Dieu seul suffit. C’est uniquement lorsque nous faisons l’expérience d’être aimé d’un amour inconditionnel que nous entrons dans un comportement nouveau et que nous optons pour des attitudes de fraternité universelle, en harmonie avec toute la création.

Je vous souhaite donc de vous souvenir de votre propre baptême, de ressentir qui vous êtes vraiment, de percevoir quelque chose de votre dignité divine, de vous regarder et de regarder ceux qui vous entourent avec des yeux nouveaux, des yeux de foi qui voient le mystère divin en chacun.

Votre curé Joseph SCHMETZ

Nous sommes arrosés d’eau. Cela a deux significations. D’une part, nous pouvons avoir confiance dans le fait que nous ne nous dessécherons ou ne nous consumerons jamais, car nous pouvons toujours puiser à la source du Saint-Esprit. D’autre part, l’eau nous purifie.

Lorsque nous faisons le signe de croix avec de l’eau bénite, nous nous rappelons toujours que Dieu purifie nos pensées lorsque nous touchons notre front avec de l’eau bénite, qu’il purifie nos émotions et nos pulsions lorsque nous touchons le bas-ventre, et que Dieu purifie l’inconscient et le conscient en nous lorsque nous touchons l’épaule gauche et l’épaule droite. Le contact avec l’eau bénite veut nous rappeler l’image originelle et pure de Dieu en nous, que nous sommes pleinement nous-mêmes.

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Médiation du 4e dimanche de l’Avent : Évangile selon Saint-Luc, 1,39-45).

 

« Le bonheur nait d’une rencontre ! »

Aujourd’hui, la figure de la Mère de Dieu, Marie de Nazareth illumine le 4e dimanche de l’Avent. La femme enceinte, porteuse de l’enfant de la promesse, Marie nous ouvre l’avenir.
Nous venons de proclamer le récit ou Marie, qui avec empressement, se rendit dans le charmant village d’Ein Karem, situé sur les versants ouest de Jérusalem, chez sa cousine Élisabeth, enceinte, elle aussi !
À Noël, nous attendons que tout le monde se rencontre à nouveau dans la Paix et la joie simple. Que la paix règne dans la famille, sans agressivité et rancoeur, que nous rencontrions nos amis avec Bonheur. Saint-Luc nous décrit dans cette magnifique scène, comment réussir une rencontre, comment le bonheur peut jaillir de la rencontre.
Marie se met en route. En grec, Saint-Luc dit qu’elle s’est levée (Ανάσταση), une image de la résurrection. Elle part vers… : c’est une image qui nous invite à sortir de moi-même ; je dois aller par-delà les collines… les collines et les montagnes des appréhensions, des préjugés, des idées reçues. Lorsque nous voulons partir à la rencontre de quelqu’un, en nous toutes sortes d’excuses naissent : est-elle une personne agréable ? aura-t-elle du temps à nous consacrer ? … ou bien s’il elle ne préfère pas rester à l’écart ? Nous nous empêchons nous-mêmes de rencontrer quelqu’un avec toutes sortes d’idées et de préjugés.
Ainsi, comme Marie, à travers la montagne, nous devons surmonter nos préjugés, nos peurs, nos réticences et nos récalcitrances avant de nous lever et vouloir arriver à l’autre.
Ensuite, « Elle entra dans la maison… » La rencontre est une histoire d’ouverture, j’entre dans l’univers de l’autre, dans son chez lui. Je m’engage avec lui dans une rencontre confiante. Alors, Marie salua Élisabeth. En grec, Saint-Luc utilise le mot « Αποσμω » qui signifie ; je t’embrasse, je sens, je te sens (littéralement, je sens ton odeur) pour exprimer la rencontre intime entre elles. Elles deviennent unies entre elles. Rencontrer l’autre, c’est le percevoir, le sentir, s’en approcher. Cette rencontre éveille Élisabeth au plus profond d’elle-même. Elle dit comment l’enfant en elle tressaillait de joie à la salutation de Marie. Réveillée au plus profond d’elle-même, elle vit intensément la présence son être de femme et de mère. Du neuf naît en elle-même, elle rajeunit par cette intensité apparue en elle et la joie de sentir son enfant tellement Vivant.
Mais Élisabeth reconnait immédiatement le mystère de Marie : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni ». Bénis la jeune femme, parce qu’elle est bénie de Dieu et elle est bénie parce qu’elle a cru aux Paroles qui lui furent dites de la part de Dieu, réalisation et accomplissement aujourd’hui de sa promesse faite autrefois.
N’est-ce pas une merveilleuse image pour nos rencontres ? Rencontrer signifie être béni de l’autre. Et faire l’éloge de l’autre, le louer, de l’avoir ramener au bonheur profond en lui, pour ce qu’il est, dans sa beauté personnelle, c’est vouloir vivre la foi profonde en l’autre.
C’est croire que Dieu fait en moi des merveilles…
À l’approche de Noël, nous laissons Dieu entrer chez nous, dans une rencontre inédite, toujours riche de promesses et ouverte au bonheur d’exister pleinement. Saint-Luc décrit très justement le bonheur né de la rencontre. Ainsi, si nous nous rencontrons à l’image de la visitation de Marie à Élisabeth, alors nous ferons un Noël béni, heureux, joyeux et la Paix règnera, notre regard sur les autres sera illuminé par le mystère qui est apparu.
Je vous souhaite d’entrer dans la bonne humeur de la rencontre. D’avoir la confiance de Marie et d’Élisabeth aux paroles de foi et de bénédiction. Malgré des contraintes sanitaires rudes liées à la pandémie du coronavirus, en venant dans le monde, Dieu fait du neuf, chaque fois que nous acceptons qu’Il puisse le faire !
Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation du 3e Dimanche « de Gaudete », Avent C : évangile selon Saint-Luc 3, 10-18.

 

« Réjouissez-vous, le Seigneur vient ! »

Le troisième dimanche de l’Avent est appelé « le dimanche de la joie ». Réjouissez-vous ! Saint Paul emprisonné, depuis ce lieu horrible et misérable, sans issues et infernal que sont les prisons écrit ces paroles : « … soyez dans la joie. Le Seigneur est proche ».
L’imminence de la venue du Seigneur et sa grande proximité devraient nous procurer une réelle joie. Pourquoi ne pas nous mettre en contact avec la joie qui est en nous ? Notre joie n’est pas commandée par un ordre extérieur ni artificiel parce que nous devons correspondre au canon de la gentillesse.
Saint Paul nous partage son expérience : au fond de l’être, il y a bien une joie que nulle ne peut nous ravir.
Lorsque nous faisons l’expérience personnelle de la joie en nous, alors, les emprisonnements qui entravent nos libertés, l’enfer des peurs, l’étroitesse des pensées et jugements seront vaincus. Car la joie vient élargir et dilater le cœur. Sans doute que joie et vérité sont sœurs, qu’il n’y a pas de joie dans le mensonge, et que la vérité ne peut advenir sans la joie : cœur et intelligence, n’est-ce pas d’autres noms de joie et vérité ?
Comme dimanche dernier, l’évangile met la figure de Jean-Baptiste en avant. Les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? » Savez-vous que cette question est une question fondamentale très présente dans la philosophie grecque antique ? C’est en connaissant très bien la sagesse grecque que saint Luc décrit cette scène dans le désert.
En bon historien au verset 1 du 3e chapitre, Luc place Jean-Baptiste dans un cadre historique. Si c’est à une époque concrète que l’appel de Dieu a été adressé à Jean, c’est pour mieux nous dire que c’est maintenant, à cette époque-ci, à l’heure où la pandémie nous a de nouveau rattrapés, où la peur d’une catastrophe climatique nous pend au nez, que l’appel de Dieu nous est adressé. Comme autrefois, Dieu nous appelle aujourd’hui à nous repentir, à changer de mentalité, à penser différemment. La pandémie nous fait comprendre que nous ne pouvons pas continuer comme avant ; que plus rien ne sera comme avant. Il est urgent de changer de mentalité et de modifier notre comportement.
Au désert, toutes sortes de gens, pharisiens, publicains, soldats demandent : « que devons-nous faire ? » Jean leur demande de partager, d’être juste, d’être miséricordieux avec les autres.
En Avent, cette question peut aussi éclairer notre marche vers Noël. Qu’est-ce que je dois faire pour entrer en contact avec mon désir profond d’être plus moi-même, plus fidèle aux appels intérieurs ? … à mon agir essentiel, plus libre intérieurement ?
Que nos actions pour construire un Vivre Ensemble se tournent davantage vers les autres dans la bienveillance et la justice. Que notre attention aux autres provoque en eux une étincelle de la joie qui est déjà la nôtre, afin qu’ensemble nous puissions partager la joie que Dieu donne à ceux qui s’aiment (sèment).
Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Homélie du 3ème Dimanche de l’Avent – Année C – Dimanche 12.12.2021

Chers sœurs et frères,

Notre cheminement vers la Nativité du Seigneur progresse à grands pas.

En ce troisième dimanche de l’Avent, la question est posée à Jean le baptiste par les foules qui venaient se faire baptiser, lui qui proposait un baptême de conversion pour le pardon de nos péchés, nos manques d’amour : « Que devons-nous faire ? »  Lc 3, 10

Cette question apparaîtra par trois fois dans cet extrait d’Evangile de Luc. Elle s’adressera à des personnes de catégories différentes : la foule, les collecteurs d’impôts et les soldats.

Personne n’est exclu de cette possibilité de se convertir. Le Seigneur aime chacune et chacun, sans exclusion et veut le bonheur de tous.

En d’autres termes, comment devons-nous vivre pour être à l’image du Messie attendu ?

Notre conversion doit passer par des actes.

C’est sans aucun intellectualisme que Jean le précurseur répondra aux foules. C’est dans le plus banal des gestes de nos vies quotidiennes, que doit se manifester corporellement notre conversion, notre retournement du cœur.

Ces gestes concernent aussi bien notre vie familiale, professionnelle, sociale et de loisirs.

Cette conversion nous invite à changer de cap et à emprunter des chemins de justice, de solidarité, de paix, d’empathie.

Nous sommes invités à vivre une vie relationnelle pleinement humaine et authentiquement chrétienne.

Les inondations de juillet dernier ont fait surgir quasi instantanément la solidarité humaine, abstraction faite de race, de culture, de religion, de politique, de classe sociale. Le cri de détresse de la femme ou de l’homme souffrant a été entendu et le langage du cœur s’est installé, lui qui ne sait pas être parasité.

Oui, c’est là que la présence divine s’incarne par les témoignages de vies des ambassadeurs du Christ que nous sommes, baptisés par le même Esprit, l’Esprit-Saint.

Dans la situation actuelle que nous vivons, au cœur de la pandémie, des difficultés s’accumulent pour de nombreuses personnes, qu’elles soient de natures sanitaires, sociales, ou économiques.

La peur du lendemain s’installe, et pourtant, nous chrétiens, devons véhiculer un message de joie, celle de se savoir aimé par Dieu, qui n’abandonne aucun de ses enfants dans la précarité et la souffrance.

Oui, le Seigneur est proche de nous par sa tendresse, sa miséricorde, son pardon et son amour.

Sœurs et frères, préparer le chemin du Seigneur c’est donner un témoignage de paix, de dialogue, d’écoute, de patience et de réconciliation. Cela suppose une véritable conversion de nous-mêmes, un ajustement à ce Dieu qui est Amour.

A la suite de cette invitation à laquelle nous avons répondu présents, le Seigneur nous donnera la force nécessaire pour poursuivre le chemin, pour poursuivre la mission qu’Il nous a confiée.

Cette force nous la trouverons dans cette intimité et cette proximité que nous avons avec Lui, et avec nos frères et sœurs, dans la prière. Une prière faite de confiance et d’abandon, par l’Esprit Saint.

Mais cette nourriture c’est aussi son Corps qu’Il nous donne dans le partage du Pain Eucharistique.

Soyons des êtres contagieux de cette joie d’être aimés du Père en toute circonstance.

Le froid s’installe et pour certaines personnes des difficultés humaines vont s’ajouter.

Puissions-nous rester attentifs à cette souffrance et à la soulager au mieux.

Après le passage de la pelle à vanner et le souffle du vent, il ne restera plus au sol que le grain, lui qui meurt et qui donne vie. Là est le fondement de notre vie d’homme et de femme chrétiens.

Oui par notre conversion, meurt en nous l’ancien, pour renaître neuf, vivifié par l’eau qui désaltère, qui fait vivre, une Vie qui n’a pas de fin en Dieu.

Telle est notre foi, telle est notre joie.

                                                                                              Amen

Guy SCHYNS, diacre permanent

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Méditation du 2e Dimanche de l’Avent C : évangile selon saint Luc 3, 1-6.« Transformer la dépendance en désir !»

 

Aujourd’hui, de nombreuses personnes se questionnent et cherchent le sens de leur vie. Nous entendons souvent parler de la crise des personnes de 40-50 ans. Mais j’entends aussi cette recherche chez les trentenaires. Alors qu’est-ce qui se passe ? D’où cela vient-il ? La COVID provoque-t-elle cette quête de sens ? Pas que… même s’il est vrai que ces temps de crise sanitaire, politique, économique, sociale poussent certains d’entre nous à se poser des questions existentielles pour trouver ce qui donnerait du sens à leur vie d’aujourd’hui, pour construire celle de demain. Mais comment répondre à ces interrogations ? Sur quoi nous appuyer pour sentir que nous allons dans la bonne direction faire des choix qui nous construisent ? Quelles sont les questions à nous poser ?
L’avent est ce temps où nous pouvons nous reconnecter avec notre désir d’exister pleinement. Ne somme-nous pas souvent dépendent aux addictions, enfermer dans les habitudes et prisonnier de nos manques ? Raviver le désir profond nous fait relever la tête et guérit nos dépendances. Pour vivre en relation avec ma sensation de bien-être, ce n’est ni en buvant ni en me droguant que je pourrai l’atteindre. Le vrai désir ne peut se laisser combler que par Dieu. L’Avent nous aide à transformer nos dépendances en désir.
L’évangile d’aujourd’hui nous montre un chemin : comment transformer nos dépendances en désir. Dans son discours aux foules, Jean Le baptiste annonce : « Préparez le chemin du Seigneur, rendre droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ». N’est-ce pas une belle image du désir pour une vie réussie ; pour une vie simple, droite, lumineuse, harmonieuse et paisible ?
Beaucoup d’expériences dans la vie nous ont rendus tordus, nous ont fait courber le dos, nous ont endurci le cœur. Notre merveilleuse capacité d’adaptation, nous a fait prendre des détours, parfois même créer des montagnes… Ils entravent aujourd’hui notre chemin. Heureusement, le désir d’être authentique, vrai ne s’est pas éteint en nous, car Dieu veille sur nous. Choisir de se reconnecter, c’est accepter et reconnaitre un dynamisme de vie qui ne cesse de nous pousser en avant. Nous ouvrir à cette dynamique nous offre l’opportunité de nous appuyer sur notre identité unique, sur ce qui nous caractérise (compétences, talents, potentialités, capacités…) pour poser des pas. Mais nous sommes aussi riches de toutes nos aspirations, connues ou en train d’émerger.
L’avent est une invitation à écouter le dynamisme de vie et les aspirations connues et en émergence pour l’épanouissement personnel. Chacun d’entre nous venons à la messe avec une demande particulière : pour l’un c’est de voir plus clair sur ce qu’il peut vivre demain au travail, pour un autre c’est de trouver sa voie. Quant à cette personne, elle cherche un élan pour continuer dans une relation difficile, tandis que cette autre vient déposer son fardeau de souffrance et de peurs devant Dieu. Ainsi, dans la foi, la force de l’Esprit-Saint est donnée à chaque être humain d’apprendre et de ressentir, s’il le désire, ce qui est constructif et bon pour sa vie…
Chez beaucoup de gens, l’Avent rappelle aussi l’enfance. Un désir de retrouver l’ambiance et les chants de noël heureux et joyeux. Cet élan est quelque part réaliste parce qu’être un enfant, c’est revenir à l’image originelle de soi. Il ne s’agit pas d’être enfantin, de retourner dans notre passé qui couvait. Le fait d’être chez soi, en ce lieu du mystère de l’être, réjoui tout naturellement ! Très naturellement, l’enfant développe un sens du mystère. Ainsi l’adulte peut se sentir vraiment chez soi, lorsqu’il sent le mystère de Dieu naître en lui.
Je vous souhaite en ces temps troublés de rechercher le calme et la paix au fond de vous, en veillant devant la lumière de la flamme de l’Avent pour vous reconnecter au désir profond en vous et préparer le chemin du Seigneur.
Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation du 1er Dimanche de l’Avent C : évangile selon saint Luc 21, 25-28.34-36.« Fêtez la venue de Jésus sur la terre ! »

 

Aujourd’hui, nous entrons dans le temps de l’Avent. Un temps pour transformer la dépendance en désir. Saint-Luc dans son évangile nous révèle que les premiers signes de la venue de Jésus sur la terre ne sont pas confortables et agréables ; mais plutôt, effrayant ! Ils sont accompagnés d’angoisses, de peurs chez les gens, tandis que le soleil et la lune s’affolent…
Nous fêtons la venue de Jésus, pas seulement il y a deux mille ans, mais sa venue ici et maintenant. Jésus se tient à notre porte et Il frappe pour nous inviter à le laisser entrer chez nous. Mais souvent, nous ne sommes pas chez nous et ne pouvons entendre les toc-toc-toc de Jésus. Nous n’entendons pas ce qu’il veut nous dire. Ainsi, la première tâche de ce beau temps d’Avent consiste à ce que nous arrivions chez nous, à ce que nous arrivions dans notre cœur.
L’invitation n’est pas de faire peur ! L’univers effroyable, terrible et affolant que Jésus décrit nous révèle notre regard tragique, apeuré et triste. Mais comme le dit saint Luc : « Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche ».
Sur cette très belle image que Jésus enseigne aux disciples, je voudrais m’y arrêter, bien indépendamment des circonstances et des situations personnelles que chacun peut connaitre. Ainsi, notre temps de pandémie mondiale, avec ses guerres, les drames humains et les contestations violentes, les innombrables problèmes non résolus, des migrants fuyants leurs maisons, des pauvretés nouvelles à nos portes, dans les bouleversements et les turbulences que nous traversons, comment ne pas être submergé ? Le flot quotidien d’informations anxiogènes et négatives pourrait nous entraîner dans une ambiance infernale.
En écoutant Jésus nous dire : « redressez-vous et relevez la tête, votre rédemption approche », nous choisissons la voie du salut. Salut et rédemption viennent du grec « Σωτηρία » et signifie la guérison de nos blessures et également soyez sauvé, redressé et libéré. Toutes ses expressions sont utilisées pour dire comment le mal et la destruction n’auront aucun pouvoir sur ceux qui accueillent chez eux Jésus qui vient.
« Σωτηρία » exprime également la protection que Dieu donne à ceux qui se fient en Lui.
Le temps de l’Avent, nous invite à prendre le temps de repos, de sortir du rythme infernal des annonces et des performances. Je voudrais vous inviter à ne pas transformer ce temps de la préparation à la fête de Noël en stress, course aux cadeaux et aux lumières pour éblouir la galerie ; mais comme un temps pour devenir plus calme intérieurement, pour unifier et harmoniser la vie en soi-même et autour de soi, afin de pouvoir ressentir au fond de soi la question : à quoi suis-je invité pour être libre et vivre sauvé ?
Jésus dit : « Restez éveillés et priez ». Ouvrez vos yeux et vos mains pour laisser monter du fond de ton être ton plus grand désir, ta plus forte aspiration à être toi ! Que veux-tu pour ton existence ? Notre aspiration la plus profonde au milieu des turbulences de la vie et un manque de clarté dans les orientations de notre temps, appel justement que je me redresse, me relève et me libère, avec un besoin d’être protégé et sauvé pour arriver à écouter la voi intérieure me parler.
Je vous souhaite donc un temps de l’Avent béni, que vous entriez en contact avec votre désir à travers votre couronne de l’Avent, à travers les chants de l’Avent, à travers la méditation devant une bougie allumée, et que vous sentiez dans ce désir Dieu lui-même, qui vous offre une véritable sécurité et une patrie, qui enchante votre vie et lui donne un goût nouveau.
Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation biblique : Le Seigneur est roi ; Évangile selon saint Jean 18, 33b-37.

À l’occasion de la fête du Christ Roi, Christine Renouard, pasteure de l’Église protestante unie de France, explore la notion de « royauté divine » dans le Premier Testament à partir du psaume 92 (93). Et nous éclaire sur l’attente du Royaume de Dieu, à partir de la venue du Christ dans nos vies.

Dimanche 21 novembre 2021, fête du Christ Roi, on lira quatre textes :

Première lecture Livre du Deutéronome (Dn 7, 13-14) ; Psaume 92 (93).

Deuxième lecture Livre de l’Apocalypse (Ap 1, 5-8) et Évangile selon saint Jean (Jn 18, 33b-37).

Psaume 92 (93)

Le Seigneur est roi ; il s’est vêtu de magnificence, le Seigneur a revêtu sa force.

Et la terre tient bon, inébranlable ; dès l’origine ton trône tient bon, depuis toujours, tu es.

Tes volontés sont vraiment immuables : la sainteté emplit ta maison, Seigneur, pour la suite des temps.

Le symbole royal est très présent dans le Premier Testament. En particulier dans ce que l’on nomme les « psaumes du Royaume » (psaumes 24, 29, 47, 93, 95, 96, 97, 98, 99), dans lesquels Dieu, sous son nom de YHWH, le Seigneur, est appelé « roi ». Le psaume de ce jour s’ouvre par un cri de confiance : « Le Seigneur est roi. » Force et magnificence « revêtent » le Seigneur, dit le psaume, rappelant l’importance du vêtement dont se paraient alors les souverains du monde pour affirmer leur puissance.

Mais le Seigneur n’a nul besoin de précieuses étoffes et de riches décorations, sa grandeur tient à son être : « Depuis toujours, tu es », énonce sobrement le psalmiste. Dieu n’est pas intronisé roi, il l’est de toute éternité. Sa royauté diffère de celle des rois de la terre, elle surpasse tout pouvoir de ce monde.

Coopérons à l’œuvre divine

Si le trône de Dieu « tient bon », alors la terre « tient bon », affirme le psalmiste. La stabilité divine, rempart contre le chaos et les forces de destruction, permet au monde d’être stable lui aussi. Pourtant, l’être humain n’a-t-il pas amplement prouvé au cours des siècles qu’il est maître du monde, de sa permanence comme de son possible anéantissement ? Où constate-t-on aujourd’hui cette stabilité qu’évoque le psaume ? Peut-être se manifeste-t-elle chaque fois que nous coopérons à l’œuvre divine, à la volonté bonne du Créateur pour nous.

Oui, l’homme peut, dans le respect des « volontés immuables » du Seigneur, contribuer à la stabilité du monde et faire de celui-ci un lieu où il est possible de vivre, car celui qui obéit à la loi de Dieu ne détruira pas le monde, ne le mettra pas en danger.

Dieu : une force qui nous met en route

Dieu n’est pas un pouvoir parmi d’autres, une force de plus avec laquelle il nous faudrait compter, ou que nous pourrions contourner, mais une force qui nous met en route. Notre Dieu est aux prises avec la vie, avec le temps, c’est sa volonté dont nous aspirons qu’elle advienne sur la Terre, ainsi que nous l’en prions dans la prière du Notre Père, et c’est dans cette espérance que nous trouvons le courage et la joie d’œuvrer.

C’est dans l’attente du Royaume que notre Évangile s’est inscrit. En Jésus, le royaume s’est approché, un royaume radicalement nouveau, paradoxal et proprement renversant. Jésus est Christ, ce qui signifie « oint », c’est-à-dire celui qui a reçu l’onction royale, mais un roi sans soldats pour empêcher son arrestation, ni anges pour lui éviter de tomber, un roi qui exerce sa charge non comme les souverains du monde, mais en se faisant serviteur de toutes et tous.

La force du Seigneur est celle qui redresse et relève, qui donne un sens à nos vies, c’est une force qui se donne et non qui s’impose. « Ma royauté n’est pas de ce monde », dira Jésus à Pilate (Jean 18, 36). Après le dimanche du Christ, Roi de l’Univers viendra le temps de l’Avent, qui nous fera revivre une fois encore l’attente de la venue du Seigneur, Lui qui nous donne à voir et à comprendre par sa vie, ses enseignements et ses actes ce que signifie en vérité « le Seigneur est roi ».

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Méditation du 33e dimanche B : évangile selon saint Marc 13, 24-32

« Comprenez-vous les signes des temps ! »

L’actualité bouscule et vient déranger jusque dans nos zones de confort. Manifestement, nos efforts collectifs n’arrivent pas à stopper la propagation du coronavirus. La pandémie reste une grave préoccupation dans notre région. La COP26 devait officiellement prendre fin ce vendredi soir avec une dernière séance plénière pour présenter la décision finale sur laquelle les 197 États représentés à la COP s’entendraient. Cette COP26 joue les prolongations, comme d’ailleurs la majorité de ces sommets de l’ONU sur le climat. Et puis, aux portes de l’Europe, plus de 2000 personnes migrantes prises en otage par des puissances et des pouvoirs tyranniques. La fin du monde serait-elle pour maintenant ?

Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus parle ouvertement de la fin des temps à ses disciples. Ce thème semble moderne, et nombre de gourous, de faux prophètes, de sectes, d’idéologues populistes et même spirituelles s’emparent de ce thème pour alimenter la peur chez les gens. Certains avancent même des dates pour annoncer la fin du monde, lorsque d’autres se réfugient dans des bondieuseries …

Jésus enseigne de ne pas chercher à penser la fin du monde, mais de rechercher à comprendre les signes des temps et à vivre connecté à la réalité de ce temps.

Le monde aura une fin, et la fin est sûre. Mais cette fin n’est pas ce que l’on pense ! Elle ne doit pas être pensée comme un cataclysme mondial ni comme une solution humaine de trouver des réponses à la fin des temps par toute sorte de plans à l’échelle cosmique. La fin du monde peut être envisagée par chacun de nous au moment de sa mort. Pour nous croyant, cette fin du monde, le jour de notre mort, est le premier jour pour penser à nos capacités inouïes, nos pouvoirs, nos potentialités infinies, qui rendues à Dieu, viennent mourir en Dieu lui-même.

Les signes de cette fin de monde décrite par les images « d’une grande détresse, le soleil s’obscurcira

et la lune ne donnera plus sa clarté ; les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées » sont l’expression qu’en nous, une ombre, une nuit arrivera. Jésus parle du processus de la mort, qui n’est pas l’image d’Épinal, où paisiblement nous fermerons les yeux pour dormir en paix.

Notre mort pourrait-être d’abord un passage dans la nuit. Lorsque notre conscience et notre intelligence viendraient à disparaître et qu’ainsi, les lumières s’éteignent… Entendez : « le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté » est une image qui exprime comment nos certitudes seront ébranlées.

Certaines personnes, qui prétendent que la fin du monde est proche, ne font que reproduire leur propre peur et leur vision déformée de la réalité dans notre monde. N’est-ce pas d’abord parce qu’elles sont au bout du rouleau avec elles-mêmes et avec leurs possibilités ? Elles sont désespérées et ne voient aucun avenir pour elles-mêmes. C’est pourquoi le monde doit prendre fin selon leur idée. En effet, elles ont en elles une humeur négative et catastrophique.

Jésus ne veut pas la fin du monde ni que tout s’achève. Son message est l’annoncer du commencement. Au moment du Grand passage, c’est là que la lumière s’allume. Lorsque ce monde s’achèvera dans notre mort, alors la lumière qui ne s’éteint jamais brillera dans notre obscurité ; alors le soleil ne se couchera plus… La comparaison du figuier est une invitation à nourrir notre existence des Paroles que Dieu donne à la Vie. En visitant son peuple, Dieu veut que nous hâtions le pas vers sa connaissance et sa Lumière.

Aussi, avec le Pape François, « j’espère que la Journée mondiale des pauvres, qui en est à sa cinquième célébration, pourra s’enraciner de plus en plus au cœur de nos Églises locales et provoquer un mouvement d’évangélisation qui rencontre en premier lieu les pauvres là où ils se trouvent. Nous ne pouvons pas attendre qu’ils frappent à notre porte, il est urgent que nous les atteignions chez eux, dans les hôpitaux et les résidences de soins, dans les rues et les coins sombres où ils se cachent parfois, dans les centres de refuge et d’accueil… »

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Homélie du 32ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année B – Dimanche 07.11.2021

Chers sœurs et frères,

« Aimer c’est tout donner ».
Les trois textes bibliques de ce dimanche nous parlent du don effectué avec générosité et abandon de soi. Dans la première lecture et l’Évangile, nous avons entendu le témoignage de deux pauvres veuves, une païenne et une fille d’Israël. Dans un don généreux, elles ont donné tout ce qu’elles avaient pour vivre. La première lecture nous parle du prophète Élie. Il avait combattu le culte aux dieux païens. Mais il n’avait pas réussi à changer en profondeur la société et les mentalités. Il a dû s’enfuir car la reine Jézabel voulait sa mort. Il s’est retrouvé en plein territoire païen. Il y a été accueilli par une pauvre veuve qui n’avait plus rien. Cette femme est choisie par Dieu pour une mission de générosité. Elle n’a qu’une poignée de farine et un peu d’huile pour elle et pour son fils. Mais à la demande du prophète, elle donne tout et s’en remet à
Dieu. Pour nous chrétiens d’aujourd’hui, cette veuve est le visage de la foi qui partage. Les grands témoins de la charité sont souvent des gens qui n’ont pratiquement plus rien. Mais ils n’hésitent pas à risquer le peu qu’ils ont pour secourir les plus nécessiteux. Ils nous apprennent à penser aux autres avant de penser à nous-mêmes. Et surtout, ils nous apprennent à faire confiance à Dieu qui sait ce dont nous avons besoin avant même que nous le lui demandions. La foi
n’est pas seulement une « croyance ». C’est surtout une confiance à Dieu et à sa parole.
L’Évangile nous présente une autre veuve très pauvre mais particulièrement généreuse. Cela se passe sur le parvis du temple de Jérusalem. Jésus s’y trouve pour donner un enseignement à la foule. Il recommande à tous de ne pas imiter les scribes quand ils pèchent par orgueil et par désir de paraître. Le plus grave c’est qu’ils volent les plus pauvres.
Jésus nous met en garde contre tous ces dangers. Le salut qu’il est venu apporter au monde doit nous amener à être vrais avec nous-mêmes, avec Dieu et avec les autres. Les apparences peuvent tromper les hommes, mais Dieu voit ce qu’il y a dans le cœur de chacune et de chacun.
C’est exactement cela que nous découvrons en lisant la suite de cet Evangile. Jésus est assis en face du trésor et il observe les gens qui déposent leurs offrandes. Il voit des riches qui donnent beaucoup, et c’est très bien de partager ainsi leurs richesses.
Mais voilà qu’arrive une veuve très pauvre. Elle n’a rien mais elle donne tout. Pouvons-nous imaginer son mal être qu’elle pouvait avoir en se voyant ne donner que deux petites pièces ? Mais sans le savoir, elle a attiré l’attention de Jésus : « cette pauvre veuve a mis dans le trésor plus que tous les autres… Elle a donné tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. » Mc 12, 43-44
En nous racontant cet événement, l’évangéliste Marc a voulu rappeler aux chrétiens ce regard de Jésus sur la générosité discrète. Il alerte les chrétiens de tous les temps contre le désir de paraître. Ne soyez pas comme les scribes qui « agissent pour être vus ».
C’est très important aussi pour nous aujourd’hui. Nous recevons souvent des appels à la générosité. La question nous est posée : sommes-nous capables d’accomplir une action généreuse sans chercher à nous mettre en avant ? Jésus nous recommande de ne pas attendre des témoignages de considération et de reconnaissance. La lettre aux hébreux nous invite à tourner notre regard vers le Christ. Il est vraiment celui qui a tout donné. Sur la croix, il a offert une fois pour toutes le sacrifice de sa propre vie pour l’humanité. En recevant le Corps du Christ, nous recevons de lui la confiance et la générosité. Alors, comme dans « la jarre de farine et le vase huile » intarissables, l’amour et la joie ne manqueront jamais dans nos cœurs. Oui Seigneur, apprends-nous à donner le meilleur de nous-mêmes. Fais de nous des artisans de paix, de justice et de réconciliation, que nous soyons des témoins vivants de ton Amour, en paroles et en actes. Puissions-nous être réceptifs à l’appel de nos sœurs et frères dans le besoin, avec la générosité du cœur.
Amen

Guy SCHYNS, diacre permanent

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Méditation à la Commémoration des fidèles défunts.

« Allégresse des hommes-marcheurs au souffle du Dieu des larmes !

Oui, ils l’auront le réconfort de consolation ! » proclame l’évangile de saint Matthieu 5, 3.

Jésus qualifie de bienheureux ceux qui pleurent. Cela nous semble paradoxal, car le deuil fait mal. Si le chagrin à le droit de citer, il reste une expérience douloureuse et bouleverse les personnes affectées. Mais le deuil n’est pas uniquement douloureux. En présence de la perte, de la séparation et de la disparition d’un être cher, nous sommes renvoyés à soi-même. Les personnes en deuil me disent combien elles se sentent seules avec leur chagrin. N’est-ce pas parce que la souffrance nous remplis totalement ? Souvent les gens ne veulent rien avoir à faire avec le chagrin des autres. Pourtant, le chagrin nous touche tous. Nous ne pleurons pas seulement la perte de personnes chères. Nous pleurons également les occasions manquées dans la vie et les rêves brisés d’une vie. Le chagrin lié à la perte d’un être cher est souvent mêlé à un sentiment de culpabilité. On a le sentiment d’avoir manqué quelque chose, de ne pas avoir suffisamment remercié le défunt et de ne pas s’être occupé de lui avec amour. Parfois, la colère et la douleur s’emparent de nous.

Le travail de deuil demeure un travail relationnel. En regardant à nouveau ma relation avec l’être disparu, c’est d’amour qu’il s’agit de revivre. Avec mon chagrin, je laisse vivre ma relation à la personne décédée. Car elle reste ma mère, mon père, mon enfant, ma femme, mon mari… Je dois accepter qu’il/elle soit mort(e). Chaque deuil a besoin d’une continuité. Il appelle que nous construisions une nouvelle relation avec le défunt, que celui-ci devienne pour nous un compagnon intérieur. Et le but du deuil est que nous trouvions aussi une nouvelle relation avec nous-mêmes : « Qui suis-je lorsque je me définis à partir de ma relation aux parents, au conjoint, à l’enfant ? Quel est le secret de ma personne ». Antony De Mello écrit : « On n’est jamais aussi rempli de soi-même que lorsqu’on souffre. On n’est jamais aussi prêt à s’oublier soi-même que lorsqu’on est heureux ». Le bonheur vous délivre de vous-même et vous conduit à mourir à soi-même pour comprendre sa vraie nature.

Enfin, le chagrin peut conduire à une nouvelle relation avec Dieu. Dieu est le Dieu des Vivants. C’est en Dieu qu’ils nous précèdent ceux qui sont morts. Notre foi en Dieu, nous relie d’une nouvelle manière avec le défunt pour une continuité de vie, prémisse de la Vie.

En ces jours où la tristesse vient réveiller la perte d’êtres chers, je vous souhaite l’ange de la consolation. Qu’il vous donne le courage de donner de l’espace au chagrin qui est en vous. L’ange de la consolation veut transformer notre chagrin en gratitude, en reconnaissance, en merci pour ce que le défunt nous a donné. Ainsi l’ange de la consolation vient ouvrir nos yeux sur le message que les défunts nous envoient à travers leur vie et leur mort. Et il nous invite à donner une réponse appropriée à ce message, une réponse de gratitude et d’amour. Que votre chagrin devienne de plus en plus l’expression de votre amour engagé, sincère et profond.

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation Toussaint 2021 : évangile selon saint Matthieu 5, 1-12.

« Tous saints, Un saint pour tous ! »

L’Église célèbre aujourd’hui une fête pleine de la promesse de Dieu : chaque personne, non seulement les saints connus dans le monde, mais bien chaque personne que nous avons connue nous précèdent dans l’Amour de Dieu. L’Eucharistie de ce jour nous donne de communier avec chacune d’elle. Par notre communion au Corps du Christ, le cœur se dilate et s’ouvre à une communion invisible avec tous les saints.

L’exemple des saints nous donne confiance sur notre propre chemin de sainteté. Un saint n’est pas la personne parfaite, impeccable et sans défaut. Il est plus tôt celui qui au long de sa vie, s’est laissé modeler et transformer en cherchant Dieu à l’œuvre au fond de lui. Pour tout ce qu’il est, il s’est accroché à Dieu. Les saints nous mettent en contact avec nos capacités personnelles. Ils nous éveillent au meilleur de la vie de l’être en nous. Quand la conscience s’éveille, alors des ailes nous poussent au dos et nous hâtons le pas vers la cible.

Il y a beaucoup de gens qui se perdent dans les zones d’ombres de l’existence ; d’autres qui cherchent à cacher les côtés lumineux de leur vie. Les saints veulent nous aider à vivre dans la lumière toutes les expériences de la vie.

Les saints nous renvoient aussi vers nos racines. De quoi vit-on ? D’où sommes-nous des vivants ? La nature nous apprend qu’à partir du mois de novembre, les racines cachées en terre ne doivent plus être retournées. Elles refont leurs forces. Ainsi pour nous, la Toussaint nous invite à venir reposer au fond de nous-mêmes pour renouveler notre vitalité à la source divine qui coule en nous. Nos racines sont également les racines de nos parents, grands-parents et de nos ancêtres qui continuent à s’épanouir à travers nos propres vies. Et puis, saints et saintes de Dieu dans l’Église qui nous poussent à toutes les audaces pour annoncer à temps et à contretemps l’Évangile libérateur de la grâce.

D’ailleurs l’évangile du jour, les 8 béatitudes s’appliquent non seulement à Jésus qui les proclamait sur la montagne, mais également à nous maintenant. Chacune d’elle nous parle de nous-mêmes, de la manière de conduire notre vie et de vivre heureux. Pour exemple, les pauvres en esprit, nous parlent du bonheur de ne pas posséder, de ne pas s’approprier l’existence puisqu’elle est donnée de la part de Dieu pour nous, comme sa source permanente d’abondance de vie ; voilà du vrai bonheur !

Un mystique ancien comparait les huit béatitudes, à une course. L’athlète qui veut courir 1000 mètres n’a pas besoin d’être le plus rapide. Il a besoin d’autres coureurs pour atteindre plus facilement son but. Cette image peut renvoyer à nos vies, lorsque celles-ci traversent des épreuves et des souffrances, blesser où bien rejeter des autres, je n’arrête pas ma course. Bien au contraire, toutes les expériences de ma vie peuvent accélérer ma course vers Dieu. Lui seul peut transformer ma vie à son image et m’aider à réaliser la promesse de vivre toujours. Oui, la Toussaint est la promesse de notre réussite certaine, et les béatitudes sont des voies pour y arriver personnellement et ensemble.

Je vous souhaite la joie du cœur dans la communion à tous les saints qui peuplent votre cœur et qui marchent sur vos chemins.

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Homélie du 25ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année B – Dimanche 19.09.2021
Chers sœurs et frères,
Chacune des trois lectures qui nous sont proposées ce dimanche, nous montre deux logiques opposées : l’une est animée par le désir de justice et de paix, par l’ouverture à l’autre et à Dieu ; l’autre cherche le pouvoir, la domination, le plaisir, la satisfaction immédiate.
Chacune de ces lectures ouvre des pistes pour nous interroger sur ce qui nous guide dans nos choix quotidiens, oriente nos vies.
La première lecture est un extrait du livre de la Sagesse.
Elle nous revoie au premier siècle avant Jésus Christ. Beaucoup de juifs sont partis à l’étranger.
Dans le cas présent, il s’agit de ceux qui vivent à Alexandrie. Les grecs les tournent en dérision parce qu’ils disent avoir une connaissance particulière de Dieu ; ils se disent « fils de Dieu » et « mis à part ».
Même parmi leurs compatriotes, beaucoup ont abandonné la pratique religieuse. Ils ont fini par renier leur foi. Ils ne supportent plus la fidélité des croyants car elle est devenue un reproche pour eux.
Les difficultés et les épreuves de ces croyants sont aussi les nôtres.
Nous vivons dans un monde où beaucoup sont devenus indifférents ou hostiles à la foi. Mais nous avons la ferme espérance, dans la foi, que le mal et la haine n’auront pas le dernier mot. Toutes les épreuves qui frappent l’Église sont un appel à nous attacher fermement au Seigneur. Nous pouvons toujours compter sur lui. Rien ne peut nous séparer de son amour.
Dans la seconde lecture, saint Jacques dénonce : « la jalousie et les rivalités mènent au désordre et à toutes sortes d’actions malfaisantes ».
L’apôtre nous recommande de nous attacher à « la sagesse qui vient d’en haut ». Cette sagesse « est d’abord pure, puis pacifique, bienveillante, conciliante, pleine de miséricorde et féconde en bons fruits, sans parti pris, sans hypocrisie ».
Se laisser guider par la sagesse terrestre conduit au désordre et au mal. La soif de s’enrichir justifie l’emploi de tous les moyens, y compris la violence et le meurtre. C’est la convoitise qui est à l’origine des guerres, des violences et du mal.
La vraie Lumière, nous ne pouvons la trouver que dans la Sagesse qui vient de Dieu ; elle est « droiture, paix, tolérance, compréhension, féconde en bienfaits ». Elle transforme notre coeur et fera de nous des artisans de paix.
L’Évangile de saint Marc dénonce une tentation qui divise l’Église ; Selon l’expression du pape François, c’est « l’envie mondaine d’avoir le pouvoir », l’envie et le désir « d’aller plus haut ».
Tout cela arrive au moment où Jésus parle de « service et d’humiliation ». Il annonce à ses disciples que « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera ».
En lisant cet Évangile, nous voyons bien que les Apôtres n’ont rien compris ; Jésus vient de leur parler un langage d’humiliation, de mort et de rédemption. Eux, ils parlent « un langage d’arrivistes ». Leur seule préoccupation c’est d’aller le plus haut possible dans le pouvoir. Ils sont tentés par la façon de penser du monde.
Pour Jésus, c’est l’occasion de faire une mise au point très ferme : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous ».
Cet enseignement de Jésus vaut aussi pour nous tous. Sur la route que Jésus nous montre pour aller de l’avant, le service est la règle : le plus grand est celui qui sert, celui qui est davantage au service des autres. Ce n’est surtout pas celui qui se vante, ni celui qui cherche l’argent et le pouvoir.
La vraie grandeur c’est l’accueil et le service des petits, des personnes précarisées, fragilisées par les circonstances de la vie. Ce service est élevé au rang de service de Dieu.
À travers ces trois lectures, c’est Dieu qui nous parle ; le juste qui souffre (1ère lecture) nous renvoie aux chrétiens persécutés qui sont obligés de fuir leur pays.
Nous pouvons aussi nous reconnaître à travers l’intriguant dont nous parle saint Jacques. Le Seigneur veut nous libérer de cette recherche de nous-mêmes. Et dans l’Évangile, il nous rappelle que les vrais grands ne sont pas ceux qui recherchent les premières places et les honneurs mais ceux et celles dont le coeur est ouvert aux autres.
Nous sommes donc appelés à être une Église « au service des autres », en particulier des plus fragiles.
Rappelons-nous ce que Jésus a dit un jour : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait ».
Pour cette mission, nous ne sommes pas seuls. À chaque messe, le Seigneur est là pour nous nourrir de sa Parole et de son Corps et l’Esprit-Saint, dans la prière, nous accompagne en toute circonstance.
Cette rencontre avec Lui c’est vraiment LE moment le plus important de la journée.
Le Christ est présent avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. Il veut nous entraîner à sa suite jusqu’au bout de l’amour.
Son Pain Eucharistique nous est distribué pour nous donner la force d’aimer comme Lui et avec Lui.
Prions notre Seigneur, qu’Il nous donne force et courage pour rester en « tenue de service ».
Amen
Guy SCHYNS
Diacre permanent

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Homélie du 23ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année B – Dimanche 05.09.2021

Chers sœurs et frères,,
Les trois lectures de ce dimanche nous annoncent une bonne nouvelle.
Elles nous parlent de transformation, de conversion.
L’extrait du livre d’Isaïe que nous venons d’entendre s’adresse à un peuple d’exilé qui est invité à revivre.
C’est un peu comme la nature qui fleurit.
Avec Dieu, le mal ne peut l’emporter : « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu ; c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu ; il va vous sauver. »
Quelques explications s’imposent : le prophète ne parle pas de vengeance contre des hommes mais contre le mal. Il annonce la victoire de l’amour de Dieu contre le mal, la haine et la violence. C’est un encouragement pour tous ceux et celles qui ont vécu dans la peur. C’est aussi un appel à ne pas entrer dans l’escalade de la violence, si souvent devenue malheureusement réalité dans notre monde actuel.
La revanche de Dieu c’est de supprimer le mal, c’est de faire en sorte que les aveugles voient et que les sourds entendent. Cette bonne nouvelle c’est l’amour infini de Dieu pour tous les hommes. C’est à cette espérance que nous avons à nous ouvrir, surtout quand tout va mal, lorsque nous nous sentons abandonnés, perdus, quand tout s’effondre sous nos pieds.
Dans sa lettre, saint Jacques nous montre un chemin de conversion. Il nous recommande de mettre notre comportement en accord avec notre foi, en paroles oui, mais en actes surtout.
Nous ne devons jamais oublier que Dieu aime tous les hommes et qu’il veut le salut de tous.
Si nous donnons la première place au riche qui présente bien et si nous méprisons le pauvre, nous péchons contre Dieu ; c’est son amour pour tous que nous rejetons.
La foi, c’est l’accueil de Dieu dans toute notre vie, c’est l’accueil de son amour pour les pauvres, les petits et les exclus. Nous sommes invités à avoir le même regard que Dieu sur tous ceux et celles qui nous entourent, que nous rencontrons chaque jour, un regard d’accueil, qui va jusqu’au pardon.
Dans l’Évangile, nous trouvons Jésus en plein territoire païen. Il n’hésite pas à sortir des frontières d’Israël. C’est une manière de dire que la bonne nouvelle n’est pas réservée à quelques-uns, à un cercle d’initiés, mais destinée au monde entier, sans aucune exclusion.
La guérison du sourd-muet nous montre que Jésus rétablit la pleine communication de Dieu avec les hommes ; cet homme porté par Jésus devient le symbole du non-croyant qui effectue un chemin vers la foi, un chemin de conversion.
Sa surdité exprime l’incapacité d’écouter et de comprendre les paroles des hommes mais aussi la Parole de Dieu. Ne sommes nous pas si souvent dans le cas ?
La première chose que fait Jésus c’est d’emmener cet homme loin de la foule. Il ne veut
pas faire de publicité autour du geste qu’il va effectuer. Mais il ne veut pas non plus que
sa parole soit couverte par le bruit des voix et des bavardages environnants. La Parole
que le Christ nous transmet a besoin de silence pour être écoutée. C’est une parole qui
purifie, qui réconcilie et qui rétablit la communication. Oui, c’est dans le silence de
notre coeur, à l’abri des turbulences que nous entourent que nous pourrons entendre le
souffle de l’Esprit.
Deux gestes sont ensuite mis en évidence : il touche les oreilles et la langue du sourd muet.
Puis les yeux levés vers le ciel, il dit : « Ouvre-toi ». Alors les oreilles du sourd
s’ouvrent, le nœud de sa langue se délie et il se met à parler correctement.
L’enseignement que nous tirons de cet épisode c’est que Dieu n’est pas fermé sur lui même,
mais il s’ouvre, il se met en communication avec l’humanité. Pour réaliser cette
communication, Dieu se fait homme. Il ne lui suffit pas de parler par le biais des
prophètes ; il se rend présent en la personne de son Fils. Le Christ est Celui qui donne
Dieu à l’homme et l’homme à Dieu. Dieu rejoint notre humanité, le vécu de chacun de
nous.
Cet Évangile nous parle aussi de nous : bien souvent, nous sommes repliés et refermés
sur nous-mêmes ; nous devenons incapables d’ouverture réciproque : le couple fermé,
la famille fermée, le groupe fermé, la paroisse fermée. Mais Jésus veut nous rejoindre.
Aujourd’hui comme autrefois, il continue à nous dire : « Ouvre-toi ! » Ne reste pas
enfermé dans tes soucis personnels ni dans tes relations habituelles. Ouvre-toi à la
Parole de Dieu ! Ouvre tes oreilles pour l’écouter ! Ouvre ta langue pour la
communiquer. Mais ouvre-toi aussi aux autres, à celles et ceux qui constituent ta famille
humaine, les bénis de mon Père, que tu rencontres en tout lieu de ta vie.
En cette période de rentrée, nous accueillons cet appel à nous ouvrir à notre paroisse, à
notre diocèse et au monde dans lequel nous vivons. Notre mission de chrétiens baptisés
et confirmés c’est de bâtir avec Jésus des communions ouvertes et accueillantes aux
autres. Soyons plus spécialement attentifs aux blessés de la vie, ceux qui n’ont jamais la
parole et que personne n’écoute. N’oublions jamais qu’ils ont la première place dans le
coeur de Dieu.
Notre région a été profondément meurtrie par les inondations.
Restons attentifs aux cris de détresses de celles et ceux qui ont été projetés dans la
précarité humaine et matérielle.
En ce jour, nous faisons nôtre cette prière :
« Ouvre mes yeux, Seigneur, aux merveilles de ton amour. Je suis l’aveugle sur le chemin,
guéris-moi, je veux te voir.
Fais que j’entende, Seigneur, tous mes frères qui crient vers moi.
À leur souffrance et à leurs appels, que mon coeur ne soit pas sourd. »
Amen
Guy SCHYNS
Diacre permanent

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Homélie du 21ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année B – Dimanche 22.08.2021
Chers sœurs et frères,
« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la Vie éternelle. » (Jean 6, 58).
Ces paroles de Pierre, nous sommes invités à les faire nôtres, sinon nous ne serions pas ici maintenant.
Comme Pierre et comme le peuple d’Israël au temps de Josué, nous sommes confrontés aux mêmes questions : « Qui voulez-vous servir ? Les dieux païens ou le Seigneur ? », et dans l’Évangile : « Voulez-vous partir vous aussi ? »
Notre Dieu est un Dieu sauveur, Il a libéré son peuple de l’esclavage d’Égypte.
Son grand projet, c’est de le libérer de la corruption, de son manque d’amour.
Réjouissons-nous, notre Dieu est le Dieu de l’alliance, un Dieu passionné d’amour pour l’humanité entière.
Il fait sans cesse le premier pas vers nous, Il vient à notre rencontre, là où nous sommes.
Les gens qui étaient rassemblés autour de Josué avaient bien compris que l’abandonner serait pire que tout.
Et pourtant, les générations suivantes ont fini par se détourner de lui. Elles se sont tournées vers les dieux païens.
Et c’est encore ce qui se passe dans notre monde actuel, idolâtrie de l’argent, du pouvoir, consumérisme, et la liste est longue.
La lettre de saint Paul apôtre aux Ephésiens entendue en seconde lecture a pu nous dérouter, nous interpeler.
Et pourtant, elle nous adresse un appel de la plus haute importance : quand l’apôtre Paul nous dit : « soyez soumis les uns aux autres » cela ne veut pas dire « obéissez comme des esclaves » mais « soyez un soutien les uns pour les autres ».
Cette qualité de relation et de service prend sa source dans la manière dont Jésus est allé jusqu’au don total de Lui-même pour ses frères et sœurs en humanité.
C’est auprès de lui que les couples trouvent la force d’aimer comme lui et avec lui. Cela ne sera possible que s’ils choisissent de le suivre et de s’attacher à ses Paroles.
Paul présente l’Église comme « l’épouse du Christ », l’épousée.
Beaucoup aujourd’hui se disent déçus par l’Église et finissent par la quitter.
Quitter l’Eglise, c’est interrompre cette alliance avec le Christ.
Notre monde actuel a besoin de vrais témoins de l’amour qui est en Dieu.
En voyant des chrétiens unis et généreux, les gens pourront dire : « C’est ça l’Église, voyez comme ils s’aiment »
L’Évangile vient nous rappeler que notre seule référence c’est le Christ. Tout au long de ces dernières semaines, nous avons écouté le discours sur le Pain de Vie.
À travers ces paroles déroutantes, Jésus cherchait à conduire ses auditeurs plus loin et plus haut, vers le Royaume du Père.
Mais beaucoup de ceux qui le suivaient l’ont abandonné.
Nous l’avons entendu : « Le pain que je donnerai c’est ma chair donnée pour que le
monde ait la vie… qui mange ma chair et boit mon sang a la Vie éternelle. »
Cela, les gens ne l’ont pas accepté. Que Jésus leur parle de manger sa chair et de boire
son sang était intolérable.
Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous y croyons, nous essayons d’y croire ; c’est notre foi.
La foi des disciples et la nôtre est un don de Dieu : « Nul ne peut venir à moi si mon Père
ne l’attire ». Cela ne veut pas dire que certains sont choisis et d’autres pas.
Dans son immense amour, Dieu nous appelle tous. C’est à tous qu’il fait le don de la foi.
Ce don, nous l’avons tous reçu. Mais Dieu ne s’impose pas. Il attend de nous une
réponse libre et personnelle.
Chaque dimanche, nous nous rassemblons en Église pour célébrer ce don de Dieu et
rendre grâce.
Comme Pierre, nous pouvons dire : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la
Vie éternelle. »
Nous sommes loin des paroles accusatrices qui font mourir. Jésus vient nous révéler un
Dieu qui ne cherche qu’à nous combler de son amour. Ses paroles sont une bonne
nouvelle pour nous et pour notre monde. Lui seul donne un sens à notre vie. Même si
sa façon de faire et ses paroles nous dépassent, nous nous en remettons à son amour.
Nous sommes invités à nous laisser guider par lui.
Les textes bibliques de ce dimanche sont un appel à la foi ; nous faisons confiance aux
paroles de Jésus qui a dit : « Ceci est mon Corps livré pour vous. » Nous lui faisons
confiance parce qu’il est « le chemin, la vérité et la vie. » Ce mystère dépasse notre
raison.
Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique, lequel a été « livré aux
mains des hommes ».
Aujourd’hui, c’est dans l’hostie consacrée que Jésus continue à se livrer pour nous. Il se
donne à nous comme notre serviteur et notre nourriture par amour pour nous et pour
le monde. Il aime chacun de nous d’un amour qui dépasse tout ce que nous pouvons
imaginer.
Il attend de nous que nous nous laissions bouleverser par lui, que nous soyons des
témoins de son amour là où nous sommes.
C’est de cela que nous avons à témoigner dans le monde, quant au moment de l’envoi
de l’Assemblée le prêtre ou le diacre proclame : « Allez dans la Paix du Christ », il signifie
que le temps de la mission est là.
Oui, nous sommes envoyés en mission pour témoigner de la Bonne Nouvelle offerte à
tous, c’est cela notre mission de baptisé.
Amen.
Guy SCHYNS
Diacre permanent

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Homélie du 19ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année B – Dimanche 08.08.2021
Chers sœurs et frères,
Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent de la nourriture que Dieu nous donne.
La première lecture nous rapporte le témoignage du prophète Élie.
Son grand souci était de ramener le peuple d’Israël à la fidélité au vrai Dieu.
Il n’a jamais cessé de dénoncer ceux qui se vautraient dans le péché.
Se sentant menacé, il a dû s’enfuir dans le désert. Il pensait en finir avec cette vie. Mais Dieu ne l’a pas abandonné.
Il lui a envoyé le pain qui lui donnera les forces nécessaires pour continuer sa longue marche.
Nous aussi, nous connaissons parfois des périodes difficiles. Mais notre Dieu ne nous abandonne pas. Il nous donne, chaque jour, le pain dont nous avons besoin pour continuer notre route.
Chacun de nous peut penser à une parole d’encouragement, une rencontre qui nous a fait du bien, un geste d’amitié, un sourire, une main tendue, une visite à une personne seule ou malade, …
Mais le seul vrai pain, nous le trouvons dans l’assemblée du dimanche.
C’est Jésus lui-même qui se donne. Il est le vrai pain de la route par sa Parole et par son Eucharistie.
Nous chrétiens, nous avons tous besoin de cette nourriture que Dieu nous donne pour trouver force et courage accomplir pleinement cette mission qu’Il nous confie, dans le vécu de chacune et de chacun de nous.
C’est ce message que nous trouvons dans l’Évangile de ce jour. Saint Jean a longuement médité sur les paroles de Jésus.
Ce qui le fait souffrir c’est la désaffection des communautés chrétiennes vis-à-vis de l’Eucharistie.
Et aujourd’hui, il voudrait nous ramener à l’essentiel.
Le Christ se présente à tous comme « le Pain descendu du ciel ».
Il est le plus beau cadeau que Dieu ait pu faire à l’humanité.
C’est Jésus qui se donne à nous pour que nous puissions vivre éternellement. C’est un cadeau imprévu et inattendu. Nous n’avons rien fait pour le mériter.
Il s’agit d’un don gratuit de Dieu. Mais pour l’accueillir en vérité, un acte de foi est absolument nécessaire.
C’est ainsi que Jésus nous révèle qui il est en vérité. Et cette révélation va provoquer une crise.
Il y a ceux qui croient et ceux qui refusent de croire.
Et dans notre monde d’aujourd’hui, ça n’a guère changé. Beaucoup se sont installés dans l’indifférence ou le refus. Ils ne voient en Jésus que le côté humain.
Guy SCHYNS – Homélie du 19ème Dimanche du TO – Année B – 20210808 Page 2
Ils refusent de reconnaître sa divinité.
Cet Évangile vient remettre en question ce que nous croyons savoir sur Jésus. Il n’est pas seulement l’homme de Nazareth ; il est le « pain du ciel », la nourriture pour la route. Il nous dit qu’il faut le « manger ».
Venir à lui, c’est croire en sa Parole, c’est s’en nourrir, c’est l’accueillir comme un don de Dieu.
Tout cela n’est possible qu’avec la foi.
La tentation est grande de nous en tenir aux évidences. Aujourd’hui, le Christ vient nous appeler à une démarche de confiance.
C’est une question de vie ou de mort. Nous sommes invités à choisir la vie qui vient de Dieu.
Ses paroles viennent nous bousculer mais elles sont celles de la Vie éternelle. Chaque dimanche, le Seigneur vient nous nourrir de cette Parole et de son Eucharistie.
C’est un don extraordinaire dont nous ne mesurons pas l’importance. Nous n’aurons jamais fini d’en découvrir la grandeur.
Et pourtant, depuis plusieurs années, nous constatons une désaffection. Beaucoup figurent parmi les grands absents.
Ils oublient que le Christ a livré son Corps et versé son sang pour nous et pour la multitude.
La messe c’est Dieu qui vient à notre rencontre et qui nous attend. C’est un rendez-vous d’amour qui nous est offert à tous.
Dans sa lettre aux Éphésiens, saint Paul nous rappelle les dispositions à adopter pour accueillir ce don de Dieu. Il nous invite à vivre dans l’amour et l’unité. C’est une condition indispensable pour vivre l’Eucharistie en vérité.
Des chrétiens divisés sont un contre-témoignage.
Nous ne pourrons vraiment témoigner de l’amour de Dieu que si nous en vivons.
Notre référence c’est Dieu ; c’est lui que nous devons imiter. C’est en lui seul que nous trouvons la joie et le bonheur, même dans les moments les plus difficiles.
En ce dimanche, nous sommes venus à Jésus. C’est lui qui nous accueille. Comme l’a écrit le pape François, il est « le visage de la miséricorde ».
Alors oui, nous te prions, Dieu notre Père, ouvre le coeur de tes enfants à celui que tu leur as donné comme « Pain vivant descendu du ciel ».
Que grandisse en nous le désir de nous laisser attirer par toi,
Amen
Guy Schyns, diacre permanent

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Méditation du 18e dimanche B : évangile selon saint Jean 6, 24-35 : « Jésus est le pain de la vie ». 

Dans le discours de l’évangile de saint Jean sur le vrai pain venu du ciel, nous sommes invités à nous connaître davantage, jusque dans ce que nous laissons entrer en nous pour nourrir notre croissance, notre existence humaine. Saint Jean met Dieu à l’œuvre en scène. Jésus est souverain lorsque la foule l’ayant trouvé sur l’autre rive attend des signes.

Pourtant, Jésus, les gens le connaissent ; n’est-il pas le fils du charpentier et de Marie ?  Et Lui, d’affirmer qu’Il vient de Dieu et que ses Paroles lui sont données du Père ; que Dieu Lui parle…  C’est également le doute qui traverse chacun de nous : comment arrivons-nous à reconnaître en cet homme de Nazareth, qui a vécu voici plus de 2000 ans, Dieu qui vient à notre rencontre en partageant notre condition humaine ?

Jésus répond : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé ». Réponse déconcertante. Et, Jésus d’ajouter : « … ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » Ces paroles, nous avons du mal à les comprendre. Mais Jésus est convaincu que ses Paroles traverseront la mort, le chaos et que ce sont bien ses mêmes Paroles que nous entendrons à la résurrection. Elles sont Paroles qui nous créent, nous libèrent et nous guérissent des fausses soifs et faims.

Ainsi, s’établit une continuité entre les paroles que nous entendons ici et les paroles que nous entendons dans les témoignages de la résurrection de Jésus.

Dans ces Paroles, Jésus dit encore quelque chose d’autre : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »  Il est celui qui vient donner sa vie pour l’humanité. À chaque messe, le prêtre redit les paroles du Jésus lui-même : « Prenez et mangez, ceci est mon corps… » La chair qu’il nous donne à manger n’est pas dans le sens d’un cannibalisme.

L’Eucharistie est le signe du don de soi. « Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime », dira-t-il au moment de la dernière cène. Par sa mort, Jésus nous révèle un amour pour nous, qui est celui-là même de Dieu qui veut à chaque instant notre vie, et non pas notre destruction.

Le vrai pain de vie qui nourrit notre existence, c’est la Vie d’un Homme qui a tenu tête, c’est la Vie d’un Homme qui s’est donné à manger pour nous, parce que nous sommes précieux à ses yeux. Ce message est un appui, un socle fiable sur lesquels nous tenons debout dans notre dignité humaine.

Je vous souhaite de chercher de ce pain venu du ciel dans la Parole de Dieu et en vous, pour construire votre vie sur l’amour.

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Homélie du 17ème Dimanche du temps ordinaire – Année B – 25.07.2021 – Jn 6, 1-15

Chers sœurs et frères,
Pendant cinq dimanches, la liturgie va interrompre la lecture continue de l’Evangile selon saint Marc, pour nous faire redécouvrir le sixième chapitre de l’Evangile selon saint Jean. Récit sur le Pain de vie, qui commence par « la multiplication des pains ». Saint Jean nous livre une méditation de Jésus, sur l’Eucharistie et sur la Foi.
Partons à la découverte, pas à pas, du message que nous livre Jésus, dans cet extrait d’Evangile que nous venons d’entendre.
« Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades. » Jn 6, 2
Cette foule dont fait référence ce verset est une foule « incroyante », avide de miracles et qui refusera de suivre Jésus sur le chemin de la foi.
Et nous, ne sommes-nous pas aussi souvent avides de merveilleux ?
Les guérisons qu’effectue Jésus ne se font pas sans nous. Jésus nous aide à nous convertir, mais la décision de le vouloir nous incombe, Jésus nous laisse libre.
Seigneur, aide-nous à te suivre, aussi dans le quotidien, dans le vécu de chacune et de chacun de nous.
« Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche. » Jn 6, 4
L’allusion faite à la Pâque par l’évangéliste Jean, nous introduit déjà au repas de l’Eucharistie.
« Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire. » Jn 6, 5-6
Jésus a la souci de cette foule sans berger, et sait l’importance de se nourrir. Jésus voit les besoins des femmes et des hommes.
Le miracle que va accomplir Jésus, le don de l’Eucharistie, est un geste d’Amour. Jésus nous invite à regarder la faim des hommes, leurs besoins les plus naturels, « qu’ils aient à manger ».
Ne situons-nous pas souvent Dieu comme étant lointain ? Jésus nous invite à regarder autour de nous, dans notre proximité, dans le concret de nos existences.
« Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. » Jn 6, 7
Face aux grands problèmes humains, nous réagissons souvent ainsi : « Qu’y pouvons-nous ? ». Evidemment, seul nous ne pouvons pas tout résoudre. Mais cela ne nous dispense pas d’oeuvrer, de participer à l’élaboration de solutions, avec nos limites humaines.
« Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » – Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » – « Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient. » Jn 6, 8-11.
C’est là, dans l’humble service, qu’il nous faut aimer.
Et comment ne pas penser sœurs et frères aux inondations de ces derniers jours et à l’élan humain qui s’en est suivi et qui ne cesse de s’amplifier.
Des milliers d’hommes et de femmes sont venus des quatre coins du pays et même de l’étranger pour venir secourir celles et ceux qui ont tout perdu, même pour certains, des membres de leurs familles, décédés dans des conditions tragiques.
Des hommes et des femmes qui ont annulé leurs vacances, leurs congés, pour venir se mettre au service même de l’humain, sans compter, venu partager cet élan de vie qui donnera force et courage pour poursuivre le chemin.
Dieu nous soutient dans l’épreuve, mais ne fera pas à notre place, nous sommes ses bras, ses ambassadeurs, sa présence visible et agissante, là où nous sommes.
Dieu agit mais avec un apport humain, personnel, c’est ce que symbolise ces cinq pains d’orges et ces deux poissons que possède ce jeune garçon et qu’il va céder pour partager avec la foule.
C’est ainsi que nous sommes invités, nous aussi, à partager avec nos sœurs et nos frères dans le besoin.
Cet élan humanitaire de ces derniers jours en est le plus bel exemple. Soyons conscients qu’il faudra tenir bon dans la durée.
« Jésus dit : « Faites asseoir les gens » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. « Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient. » Jn 6, 10-11
Jésus rendit grâce, nous sommes ici dans le registre de la foi.
Sans négliger l’importance de la nourriture humaine nécessaire pour vivre, Jésus y associe la nourriture spirituelle, que l’ont peut consommer sans compter, sans rien payer.
Cette nourriture qui donne force et courage et nous unis au Père, par l’Esprit Saint, et entre-nous dans la prière.
Jésus nous invite à la spontanéité dans la foi, il nous invite à nous dépasser, à oser, dans la confiance envers l’autre, mais aussi envers Lui.
Le croyant devient ainsi « l’associé » de Dieu, dans des actions qui dépassent largement nos moyens humains.
Ne nous rétractons pas face à l’ampleur de la tâche mais, au contraire, apportons-y notre apport personnel, conscient qu’il a du sens et qu’il donne vie à celles et ceux qui le reçoivent.
« Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture » Jn 6, 13
Des cinq pains d’orges et des deux poissons, il en restait de quoi remplir douze paniers.
Ces douze paniers symbolisent les douze tribus d’Israël, le monde entier.
Oui, le Corps et le Sang du Christ, cette Eucharistie à laquelle le Seigneur nous invite, sont destinés à tous, sans exception.
Ce message adressé par le Christ à toute l’humanité qu’est l’amour, la bienveillance, l’empathie, le don de soi, l’écoute, le respect, la dignité, est à transmettre à toutes et à tous sans compter, par chacune et chacun de nous.
Nous sommes ses vecteurs, là où nous sommes, pour transformer notre monde en un monde de justice et de paix, où il y fait bon vivre, avec l’apport de tous, dans le respect et la tolérance.
Je ne puis conclure mon homélie sans faire allusion à la Première Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées que nous célébrons ce dimanche 25 juillet, à la demande du pape François.
Puissions-nous remercier ces personnes pour cette sagesse et cette expérience de vie qu’elles incarnent. Puissions-nous être réceptifs et en bénéficier, elles qui nous guident sur le chemin de l’amour mutuel,
Amen
Guy SCHYNS, diacre permanent

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Méditation du 16e dimanche, la Belgique est en deuil : évangile selon saint Marc 6, 30-34

« Les pluies diluviennes nous plongent dans le désarroi et dans l’impuissance ! »

 Le Cardinal Jozef De Kesel est profondément touché par tous ceux qui sont si affectés par la catastrophe actuelle des inondations. Il se sent particulièrement lié aux familles des victimes décédées.

Dans un communiqué, jeudi 15 juillet notre évêque écrit : « Chers Frères et Sœurs,

Les inondations de plus en plus catastrophiques de ces derniers jours ont provoqué de grandes souffrances dans la population de notre province. De nombreux endroits sont inondés, comme les centres-villes d’Eupen-bas, de Verviers, de Spa, de Theux, de Chaudfontaine, de Chênée, d’Angleur. La ville de Liège est menacée aussi. Nous déplorons le décès de plusieurs personnes. Nos autorités font le maximum pour venir en aide à chacun, nous les en remercions de tout cœur. Elles sont évidemment limitées dans leurs moyens par la violence des éléments naturels.

Merci aussi à tous les bénévoles qui s’emploient à secourir leurs proches.

L’angoisse étreint beaucoup de familles au vu des dégâts dus aux eaux et sous la menace d’une crue plus forte encore. C’est pourquoi nous invitons chacun à la solidarité avec ses proches et avec les personnes dans le besoin. Les locaux paroissiaux ou les églises peuvent être mis à la disposition des personnes nécessiteuses s’ils sont protégés contre les eaux. Malheureusement de nombreuses églises sont inondées à leur tour.  Que cela ne nous empêche pas de nous porter mutuellement dans la prière ».

Les pluies diluviennes n’ont pas seulement apporté d’immenses souffrances à la population. Elles viennent également ébranler notre sécurité. Elles nous mettent en face de nos impuissances. Notre impuissance face aux forces de la nature, mais aussi notre impuissance face à notre propre vie. Nous pouvons chercher à vivre en pleine conscience, à être efficace et productif, mais à chaque instant, une catastrophe peut nous surprendre… Les inondations nous ont montré quelles conséquences destructrices le changement climatique aura à l’avenir sur la terre où vivent les humains.

En ces jours de deuil national, le sentiment d’impuissance est fort. N’est-il pas également un élément essentiel de notre existence ? Réveillé aujourd’hui par cette catastrophe naturelle, le sentiment d’être impuissants est aussi vécu dans d’autres situations. Nous nous sentons impuissants face à la maladie qui nous oblige à l’arrêt. Nous nous sentons impuissants face à certaines personnes auxquelles nous ne pouvons pas nous opposer. Et nous faisons l’expérience de notre impuissance dans notre lutte pour une terre plus fraternelle et plus juste. De manière encore plus proche, la lutte contre nos fautes nous fait expérimenter nos défaites intérieures, encore et encore…

André Louf, né le 28 décembre 1929 à Louvain (Belgique) et mort le 12 juillet 2010 à l’abbaye du Mont des Cats (France), moine trappiste et auteur spirituel de renom affirme que l’impuissance est un thème spirituel important. Lorsque nous faisons l’expérience de notre propre impuissance, nous n’avons d’autre choix que d’ouvrir nos mains et de nous abandonner à Dieu. Cela est particulièrement vrai dans notre quête d’une vie spirituelle. Là aussi, nous faisons l’expérience de l’impuissance, qui fait que, malgré toute la spiritualité, la théologie et les pratiques religieuses, nous retombons sans cesse dans de vieilles erreurs.

L’impuissance en face de la catastrophe devrait nous inviter à nous réconcilier avec notre impuissance fondamentale. Ce point zéro de notre conscience de soi peut alors devenir un lieu de grâce, où Dieu nous relève de notre impuissance et nous donne un nouvel espoir.  L’espoir de sa main tendue et fraternelle. En effet, nous ne pouvons pas tomber de ses bonnes mains, quoi qu’il puisse arriver à l’extérieur.

Je vous souhaite d’accueillir la force et beaucoup de courage dans la reconstruction des familles, des maisons, des églises, des paysages défigurés par des inondations, ainsi qu’une solidarité avec les plus démunis.

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Méditation du 15e dimanche B : évangile selon saint Marc 6, 7-13.

 « La paix et le salut naissent de la rencontre »
 
Alors qu’à Nazareth, les gens ne faisaient pas du tout confiance dans les paroles de Jésus, rappelez-vous l’évangile de dimanche passé, aujourd’hui, il envoie les douze en mission deux par deux. Il leur donne autorité sur les esprits impurs…
La question qui surgit n’est-elle pas de savoir, mais qu’est-ce que les esprits impurs ? Ce sont des esprits qui obscurcissent notre pensée, ou qui l’occupent avec des aberrations, des illusions et fausses suspicions.
Vous connaissez peut-être des personnes avec lesquelles vous voudriez entrer en relation et auquel vous aimeriez dire quelque chose de sensé, un conseil. Mais, elles vous répondent toujours : « ça ne sert à rien : ça n’ira pas avec moi ; je le sais d’avance c’est inutile de poursuivre… » Ces fausses croyances peuvent rendre la personne plus agressive. Elles nous laissent souvent seuls et déçus. Nous avons alors la sensation qu’aucune ouverture pour la relation ne saura possible.
Jésus donne l’ordre de chasser simplement ces illusions et autres aberrations. Il ne s’agit pas de commencer à discuter sur des idées et de s’enfoncer dans des aberrations, mais bien de revenir à une pensée claire.
Ensuite, Jésus prescrit aux douze de ne rien prendre pour la route. Il les envoie pauvres ayant pour seule richesse la confiance en ce qui est advenu au-dedans d’eux. Ainsi, chacun de nous, nous n’avons pas besoin de boite à outils pour soigner la souffrance d’autrui. Nous sommes envoyés pour aller à la rencontre de l’autre qui souffre, accepter son invitation à demeurer dans sa maison pour s’ouvrir à la rencontre. Seulement, une vraie rencontre peut laisser sortir de nous le don de la paix pour l’autre.
La souffrance que nous rencontrons appel la consolation. Savez-vous que nous avons réellement une capacité de consoler l’autre au fond de nous-mêmes ? C’est cette belle capacité à ce faire le prochain, le tout proche de l’autre, dans l’infini respect de sa personne.
Enfin, outre le pouvoir d’expulser beaucoup de démons, Jésus demande aux douze de faire des onctions d’huile aux malades. C’est notre manière de nous donner nous-mêmes en chrétien aux malades.
Je vous souhaite d’expérimenter cette semaine quelque chose de votre capacité à consoler et à visiter la souffrance, ou bien de visiter des personnes malades. Qu’avec pour seul et unique bagage, votre rayonnement, vos paroles de consolation, quelque chose sorte de vous, qui soit la force de l’Esprit-Saint pour l’autre dans le besoin de guérison.
Votre curé Joseph SCHMETZ

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Homélie du 13ème Dimanche du temps ordinaire – Année B – 27.06.2021 – Mc 5, 21-43
Chers sœurs et frères,
L’extrait de l’Evangile selon saint Marc que nous venons d’entendre relate deux guérisons, accomplies par Jésus.
Jésus venait de regagner l’autre rive, Il était au bord de la mer, entouré d’une foule nombreuse, compacte.
Remarquons comment se sont déroulées ces deux guérisons, la manière utilisée par Jésus pour relever ces deux bénéficiaires.
Nous allons tout d’abord constater que les moyens utilisés pour solliciter l’aide de Jésus ont été différents, comme nous, tous différents.
Les demandeurs, deux personnages aux vécus opposés. Jaïre, un des chefs de synagogue, homme public et visible, occupant une bonne place dans la vie locale. Cette femme aux pertes de sang abondantes et régulières, n’a pas sa place dans la société. Classée impure, ainsi que toute personne qui la touche, elle vit en marge de la vie religieuse et sociale, à cause de sa maladie.
Et pourtant, ses deux personnes sont sorties de l’anonymat qu’est la foule, pour rejoindre Jésus.
Cette foule dont est entouré Jésus possède une foi naissante, titubante, imparfaite, et Jésus comprend, mais il ne veut pas rester à l’anonymat de la foule. Jésus cherche une relation personnelle, de coeur à coeur, un touché.
Deux manières différentes d’atteindre Jésus, l’une de manière verbale, en face à face, Jaïre tombant à genoux aux pieds de Jésus, demande la guérison de sa fille, étant à toute extrémité et encore très jeune. L’autre, de manière silencieuse, sans un mot, par derrière Jésus, la femme hémorragique touche son manteau, et dans la foi, espère la guérison de sa maladie qui la ruine.
Deux personnages tous différents et pourtant s’en dégagent plusieurs points communs : le premier, ils sont reliés par le nombre symbolique 12, associé, dans la Bible, à la plénitude. La jeune fille a 12 ans et la femme malade vit ses pertes de sang depuis 12 ans – Le second, tous les deux font preuve d’une grande audace, audace qui sera récompensée – Le troisième, nos deux personnages viennent interrompre le cours normal des événements et provoquent un changement de cap pour Jésus.
C’est la foi de ces deux personnages qui provoque cette série d’interruptions.
La foi progressive de la femme souffrant d’hémorragies est encore teintée de superstition : « Si je parvient seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Mc 5, 28. Jésus la fait grandir dans sa confiance, Il la conduit à une foi plus vraie, plus éclairée, qui est une reconnaissance de sa personne, de sa dignité.
Soeurs et frères, remercions le Seigneur de nous aimer tels que nous sommes, avec nos fragilités, nos limites humaines, et demandons-lui de nous aider à devenir davantage proche de Lui, en paroles et en actes, vivant dans son intimité, partageant sa prière, la prière même de Dieu, par l’Esprit Saint.
Jaïre lui, ne demandait d’abord qu’une guérison pour sa fille, mais lorsqu’il apprend que son enfant est morte, Jésus l’invite alors à franchir le pas de la foi en la résurrection. C’est jusqu’à cette foi pascale que veut nous conduire le vainqueur de tout mal. « Ne crains pas, crois seulement. » Mc 5, 36, lui dit Jésus, et à nous aussi aujourd’hui.
L’intervention de Jésus n’a rien de sensationnel ni de magique, elle se déploie dans la discrétion et la simplicité. C’est ainsi que prenant la main de la fille de Jaïre, Il lui dit en araméen « Talitha koum ! », ce qui signifie « Fille ! Debout ! » Ces mots sont employés par les évangélistes pour dire la résurrection de Jésus.
Et nous, croyons-nous avons reçu par le Sacrement du baptême, la même grâce que cette jeune fille ? Croyons-nous être relevé de toute infirmité, de toute mort ? Oui, nous sommes passés de la mort à la vie et notre éternité est déjà commencée dès ici-bas.
Entendons Jésus redire à chacune et à chacun de nous : « Debout ! Lève-toi ! Ressuscite ! »
Faire ensuite manger la fille de Jaïre, n’est pas seulement une attention délicate, mais une invitation qu’adresse Jésus à tout baptisé de passer de la mort à la vie, de passer à la table de l’eucharistie.
Alors sœurs et frères, ne tardons pas, répondons favorablement à l’invitation du Seigneur, passons à table. Amen.
Guy SCHYNS, diacre permanent

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Méditation du 11e Dim B : évangile selon saint Marc (4, 26-34)

« Jésus, le véritable médecin de nos âmes ».

L’enseignement de Jésus par de nombreuses paraboles à l’attention de la foule reste une révélation pour notre propre chemin de vie. En effet, Jésus utilise volontiers un langage imagé. Il n’est pas le seul à s’exprimer en paroles koan. Savez-vous ce qu’est un Koan ? C’est une question ou une énigme absurde et aporétique posée par un maître zen à un disciple, destinée à le faire progresser sur la voie de l’éveil en l’obligeant à délaisser le raisonnement et toute considération intellectuelle. Dans la culture japonaise zen, le koan est une phrase paradoxale, destinée à nous faire réaliser les limites de notre logique. Elle semble absurde, pourtant elle va nous contraindre à une gymnastique nouvelle. Son but est de nous éveiller à une autre perception de la réalité.

Ainsi en est-il des images empruntées par Jésus ; elles sont des « révélations » parce que la question du règne de Dieu posée directement s’avère insoluble par la pensée, et représente un paradoxe dont aucune thèse doctrinale ne saurait venir à bout, mais que seule maîtriserait une attitude existentielle de la personne humaine, dépassant toute la sphère conceptuelle. Jésus entend bien nous conduire dans le tréfonds de notre âme, où nous pouvons entrevoir le mystère de notre existence sans pouvoir en rendre compte conceptuellement.

Le discours énigmatique de Jésus est la thérapie qu’il offre aux petits et aux pauvres. Jésus dépasse fondamentalement notre entendement. L’image de la plus petite de toutes les semences jetées en terre et qui grandit, qui porte son fruit et en plus « étends de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre », nous conduit vers un autre plan. Nous y entrons en contact non seulement avec le mystère de Jésus, mais avec celui de notre propre existence. Nous découvrons Dieu de manière inédite et peu rationnelle. Quand nous accueillons ces paroles ou bien ses images au fond de nous dans la médiation, elles nous révèlent le Dieu qu’annonce Jésus. Un Dieu miséricordieux et qui se fait tout proche de nous en Jésus, qui est le véritable médecin de nos âmes.

Vendredi, Rome est en dessus-dessous ! Mais alors qu’est-ce que l’Euro à avoir avec l’Église ? Beaucoup de similitudes peuvent nous réjouir. En Russie et en Belgique, tout est prêt pour la grande fête. Il faut dire qu’après un an et demi de pandémie de Covid-19, l’ouverture de l’Euro de football, c’est un peu l’Europe qui se réveille d’une longue nuit. Ce soir et pour quelques semaines, comme un seul homme, la Belgique sera derrière ses diables rouges pour une victoire.

Dans le milieu footballistique, on se présente volontiers comme un sport d’intégration des valeurs humaines. Les fédérations s’engagent contre le racisme et la xénophobie et pour la reconnaissance des différentes appartenances sociétale. Lorsque nos joueurs montent sur le terrain, toutes ces questions d’actualités sont bien présentes. Et bien sûr, il est également question des vainqueurs et des vaincus. En tant qu’homme d’Église, je dirais qu’il s’agit d’échec et de résurrection, de communauté, d’équipes, de fidélité et d’honneur.

Aujourd’hui, supporter notre équipe nationale va de pair avec une acclamation de l’Europe. L’Euro 2021 est une fête des communautés qui font l’Europe. N’est-ce pas ce que nous avons besoin de retrouver après cette rude période ? Alors que nous emportions la coupe où bien que nous la perdions, je suis sûr que c’est déjà une victoire pour la Communauté européenne. Rien que le fait que nous européens mesurons nos forces sur une pelouse d’herbe, est une merveilleuse victoire du temps de paix inauguré et construit après un 20e siècle de feu et de sang, de guerre et de génocides. Pour cette raison, je suis profondément reconnaissant envers le football et envers Dieu.

Je vous souhaite la foi en ce qui au-dedans de vous croît, l’intelligence des images que Jésus enseigne pour notre vie et son plein accomplissement.

Votre curé Joseph SCHMETZ

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Méditation de la Fête-Dieu : évangile selon saint Marc 4, 26-34

Cette année, la Fête-Dieu vient marquer une nouvelle étape dans notre lutte contre le coronavirus. Elle coïncide avec une liberté retrouvée de nous rassembler dans nos églises pour vivre l’Eucharistie et communier au Corps du Christ. La messe a manqué chez beaucoup de personnes. Alors, la messe est-elle un événement essentiel, un événement source, un événement qui concerne essentiellement notre vie en paroisses ? Jésus en effet a voulu que nous restions en communion avec lui, après sa mort et sa résurrection. C’est pourquoi, à la veille de sa mort, il a partagé le repas avec ses disciples. L’évangéliste Marc, nous venons de l’entendre, a raconté dans le détail la préparation de ce repas et le soin mis par Jésus à le faire préparer (Mc 14,12-26).

 Durant le repas, Jésus a pris le pain, l’a rompu et a dit une phrase étonnante : « Prenez, ceci est mon corps ». Il a donc partagé son corps, c’est-à-dire toute sa vie, comme on partage le pain, afin que nous soyons unis à lui et que notre vie se nourrisse de sa vie. Ensuite Jésus, après avoir fait passer la coupe de vin, insiste sur son sang : « Ceci est mon sang, dit-il, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude ». Jésus en effet allait verser son sang, donner sa vie, à travers la passion et la mort qui lui ont été infligée le lendemain.

Comment ne pas penser à tous ceux qui versent leur sang aujourd’hui ? Tous ceux qui souffrent de la violence, tous ceux qui sont malades ou mourants ? Chaque fois que les informations annoncent : « un mort dans telle attaque », « x morts du coronavirus », « autant de morts dans le naufrage d’un bateau d’immigrés dans la Méditerranée », ce sont des morts anonymes, victimes de la violence qui resteront à tout jamais inconnues. Jésus les a en quelque sorte représentées dans sa mort, en annonçant qu’il versait son sang pour la multitude. Jésus veut tirer de l’oubli ceux qui meurent seuls et abandonnés et nous ouvrir les yeux sur eux, comme il nous a ouvert les yeux sur le sens de sa mort. En cette Fête-Dieu, nous sommes donc sollicités à être solidaires de ceux qui meurent aujourd’hui de manière injuste, comme Jésus est mort de manière injuste. La messe que nous célébrons nous appelle à transformer notre vie pour qu’elle soit le signe d’un monde meilleur. Car Jésus ne nous laisse pas dans l’abandon ou la résignation face à la mort. Il ajoute : « Je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le Royaume de Dieu ». Jésus nous promet le vin nouveau du Royaume de Dieu. En effet, son message et sa vie sont si parfaits qu’ils ne peuvent sombrer dans l’oubli. Ils sont des grâces pour nous aujourd’hui. Ils sont nourritures pour nous aujourd’hui.

Dans la Lettre aux Hébreux nous lisons : « Ce don de soi purifie nos consciences des actes de mort pour que nous puissions célébrer le culte du Dieu vivant ». Oui, nous allons célébrer avec joie le culte du Dieu vivant dans cette eucharistie.

Aujourd’hui, le Christ en nous donnant l’Eucharistie, veut nous rassembler tous en l’unité d’un seul Corps. Ainsi, le sens de la Messe est en effet de transformer toute l’humanité et tout l’univers dans le Corps et le Sang du Christ. Mais cela ne se sent suffisamment que si nous nous engageons à fond, si nous nous convertissons. La Messe est le juste traitement pour nos racines et la vraie nourriture pour la vie de notre être.

Merci à notre très chère Julienne de Cornillon qui à l’âge de seize ans, eut une première vision, qui se répéta ensuite plusieurs fois dans ses adorations eucharistiques. La vision présentait la lune dans toute sa splendeur, à laquelle il manquait un fragment. Le Seigneur lui fit comprendre la signification de ce qui lui était apparu. La lune symbolisait la vie de l’Église sur terre, le fragment manquant représentait en revanche l’absence d’une fête liturgique, pour l’institution de laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace : c’est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l’Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus et réparer les offenses au Très Saint Sacrement.

Je vous souhaite une communion à Jésus qui transforme notre Église en un signe prophétique de vérité et de liberté pour un monde plus juste dans la joie de l’Esprit-Saint.

Votre curé, Joseph SCHMETZ

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Méditation du dimanche (B) de la Trinité : évangile selon saint Matthieu 28, 16-20

Aujourd’hui, l’Église catholique fête la Sainte Trinité. Une réalité mystérieuse : un seul Dieu dans l’unité d’amour de trois personnes distinctes, égales et indivisibles, le Père, le Fils, l’Esprit. Pour l’homme moderne, c’est étrange et pour nos frères juifs et musulmans, le christianisme est une religion polythéiste.

Le mystère de la Sainte Trinité n’est pas un concept ou une idée de Dieu. Chercher à connaître Dieu et dire quelque chose de Lui a toujours été le signe d’un Dieu qui s’est ouvert aux humains. Dieu parle au monde et particulièrement aux humains. C’est pourquoi il nous est impossible de parler de Dieu sans parler de notre propre expérience humaine ; comme il nous est tout aussi impossible de parler de l’humanité sans parler de Dieu.  Maurice Zundel, dans son livre, « Le Problème que nous sommes » (éd. Le Sarment, Fayard, 2000, pp 39-42), disait de la Trinité : «(…) la Trinité est la délivrance d’un cauchemar où l’humanité se débat quand elle se situe en face d’une divinité dont elle dépend et à laquelle elle est assujettie : pourquoi Lui plutôt que moi? Pourquoi suis-je la créature, et Lui le Créateur ?  Pourquoi, s’il est mon créateur, m’a-t-il mis dans cette situation de savoir que je suis son esclave ?  Pourquoi m’a-t-il donné juste assez d’intelligence pour comprendre que je dépends de Lui ?  Il y a une révolte sourde et implacable qui monte du coeur de l’homme dans cette confrontation de son esprit avec cette espèce de Dieu qui lui apparaît comme le rouleau compresseur de l’esprit, qui nourrit une théologie sacrificielle, expiationniste, cette théologie de substitution aux pratiques honteuses qui enferme l’humain dans une servitude ! »

Dans l’ouverture du Coeur de Dieu à travers le Coeur du Christ, il y a justement cette manifestation incroyable et merveilleuse que Dieu est ouvert, qu’il est Dieu parce qu’il se communique, qu’il est Dieu parce qu’il se donne tout, parce qu’il est la désappropriation infinie et éternelle, parce qu’il a la transparence d’un enfant, une transparence où toute espèce d’appropriation est impossible, où le regard est toujours dirigé vers un l’Autre, où la personnalité, où le moi, n’est qu’un pur et infini altruisme. C’est là la grande confidence qui resplendit dans l’Évangile du Christ !  La perle du royaume, c’est que Dieu soit ce Dieu-là ! « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

Dans sa foi l’Église parle de Dieu, qui est Père, créateur créant le ciel et la terre et tout ce qu’ils enferment. Il est venu habiter chez nous ; c’est Jésus l’envoyé du Père ; pour être à notre niveau et nous parler les yeux dans les yeux. Il est mort pour nous ; Dieu l’a ressuscité et Il est avec nous sur nos chemins de vie. Le Saint-Esprit qui est en nous, nous le fait connaître et aimer. Le Père comme étant la source, la vie que nous recevons par le Fils, dans la tendresse infinie de l’Esprit-Saint. Alors que nous célébrons aujourd’hui le mystère du Dieu trinitaire, nous devrions toujours nous rappeler la première phrase du Credo. Nous croyons en un seul et unique Dieu.

Mais – comme nous le disent les Pères grecs de l’Église – nous ne pouvons pas comprendre ou décrire ce mystère du Dieu trinitaire. La nature de Dieu nous reste fermée. Car Dieu est au-delà de tous nos concepts et de toutes nos représentations. Il se révèle à nous uniquement par ses actes. Selon Marius Victorinus (281-365), un grammairien romain, professeur de rhétorique et philosophe néoplatonicien, l’œuvre de Dieu est décrite de trois manières. Dans sa description du Dieu trinitaire, il fait référence à trois principes sur lesquels tout est fondé : Être (esse), Vivre (vivere), et Comprendre (intelligere). Par ces trois principes, c’est une image du Dieu trinitaire qui vient s’imprimer dans l’âme humaine.

L’image de Dieu et l’image de soi correspondent toujours l’une à l’autre. Si Dieu n’est que le souverain absolu dans le ciel qui contrôle tout, cela correspond à l’image de l’homme qui doit tout contrôler en lui-même, par peur du chaos qui est en lui. Il n’est pas capable de voir dans ses propres profondeurs et de se comprendre lui-même. Ceux qui ne voient en Dieu qu’un être impersonnel, comme beaucoup le font aujourd’hui, ont des difficultés avec leur propre personnalité et dans les relations humaines. L’image du Dieu trinitaire ne vient pas fixer Dieu. Elle ouvre le mystère, aussi bien le mystère de Dieu que le mystère de l’humain. De cette façon, le message du Dieu trinitaire protège le mystère de l’homme de l’emprise d’une société qui veut tout contrôler, qui veut tout déterminer. Le Dieu trinitaire nous offre un espace de liberté dans lequel nous pouvons grandir et dans lequel nous ne serons pas mis en échec. Le mystère du Dieu trinitaire nous maintient en vie parce que nous devenons ce que nous sommes, par notre quête d’un Dieu qui est au-delà de toute représentation et conception humaine.

Dans cette Eucharistie, célébrons le mystère du Dieu qui s’est ouvert à nous et le mystère de l’humain capable de recevoir en lui la vie divine. Célébrons le Père que nous adorons et que nous expérimentons lorsque nous nous sentons comme lui en tant qu’être pur. Célébrons le Fils qui vient à nous et entre en nous par son corps et son sang, nous remplissant de son amour. Célébrons l’Esprit-Saint qui nous donne la compréhension et nous guide à Dieu dont nous recevons toute vie.

Abbé Joseph Schmetz, curé

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Méditation Pentecôte : du livre des Actes des Apôtres 2, 1-11

« Lorsque ta façon de parler te trahit ».

Les peintures représentant la Pentecôte telle qu’elle est racontée par Luc dans le livre des Actes des Apôtres sont innombrables et très différentes. « Soudain, un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent ». (Actes 2, 2) Voici que le Saint-Esprit met les disciples de Jésus en mouvement. Une langue de feu descend sur chacun d’eux. Cela donne aux disciples « de parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit » et tous les comprennent. En effet, des personnes de 17 nations différentes comprennent les paroles des disciples chacun dans sa propre langue. La Pentecôte est donc la célébration de l’apparition d’un nouveau langage, un langage qui est contagieux, qui réchauffe, qui touche et qui émeut. Ce langage nouveau qui unit des gens de toutes les parties du monde connues à cette époque.

Aujourd’hui, nous avons souvent l’impression que les langages utilisés dans notre société divisent au lieu d’unir. Que nous soyons en vision-conférence, en train de parler au téléphone, de prêcher ou simplement de dialoguer, la langue est importante. Elle révèle également, si et comment nous croyons.

Le langage anxiogène et souvent agressif des médias sociaux accuse, polue et blesse, il condamne et effraie. C’est un langage froid, un langage moralisateur, un langage qui juge, condamne et dévalorise. Paul Celan, poète juif de l’impossible langagier, a dit un jour : « Il n’y a pas de foi sans langage et pas de langage sans foi. »

Après le dimanche des médias chrétien, la fête de la Pentecôte en tant qu’événement linguistique est un défi pour être attentif à notre langue. À propos du langage de Jésus, les disciples ont dit : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » (Lc 24, 32) Apprenons de Jésus et dans l’Esprit comment parler de manière à toucher les cœurs. Avec un langage chaud, nous construisons une maison, disent les Pères de l’Église. N’est-il pas urgent de construire une maison commune dans laquelle les gens se sentent chez eux, dans laquelle ils peuvent se réchauffer, se sentir compris, que chacun dans sa langue puisse travailler au changement de ce monde et la remplir de l’Esprit de Jésus ?

Mais avant de regarder les autres, nous devrions faire notre propre examen de conscience. Souvent, inconsciemment, nous jugeons, excluons, méprisons les autres. Ou bien, c’est notre égo que nous cherchons à bien placer pour nous dépeindre et nous mettre en avant. « D’ailleurs, ta façon de parler te trahit », dit l’Évangile de Matthieu. (Mt 26, 73) L’Esprit-Saint vient transformer nos paroles pour qu’elles ne jugent pas et n’offensent personne, mais qu’elles guérissent, libèrent et élèvent. Le langage donné dans l’Esprit-Saint réchauffe le cœur, il met les gens en relation avec meilleur d’eux-mêmes.

Au jour de la Pentecôte, les disciples proclament « les merveilles de Dieu ». (Actes 2, 11) Le Saint-Esprit nous apprend non seulement à proclamer les actions merveilleuses de Dieu, mais aussi à mettre en mots ces expériences personnelles de résurrection et les dons des autres personnes. Nos paroles doivent être, avant tout, des paroles de louange. Lorsque j’écoute un sermon, je fais très attention aux paroles. Est-ce un langage de foi ou d’incrédulité, de chaleur ou de froideur ? Les mots pieux ne sont pas à eux seuls un critère de foi. Si et comment nous croyons – cela s’exprime dans la façon dont nous parlons des gens, aux gens et avec les gens. Il y a des prises de position de l’église qui sont théologiquement correctes. Mais elles sont écrites dans un langage froid et critique. Alors elles n’atteignent pas les gens. Parce que le langage canonique et casuistique conduit les gens à se renfermer sur eux-mêmes. Personne ne veut attraper un rhume à cause de mon refroidissement !

Dans ce sens, je vous souhaite à tous une fête de Pentecôte bénie qu’il sorte de vous une parole qui touche les gens dans leur cœur, qui les mette en contact avec leur propre vitalité et leur joie intérieure. Alors votre parole aura aussi un effet positif sur la société. Parce que bien parler est contagieux.

Votre curé Joseph SCHMETZ

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Méditation du 7e Dimanche de Pâques B : évangile selon Saint-Jean 17, 11b-19

« Devenez le levain de l’unité. »

À Jérusalem, depuis le début de ce nouveau cycle de violences, 126 personnes sont mortes à Gaza, parmi lesquelles au moins 31 enfants, et près de 950 personnes ont été blessées, selon le dernier bilan autorités palestiniennes vendredi soir. En Israël, où le bouclier antimissiles Dôme de fer a intercepté environ 90 % des quelque 2 000 roquettes tirées cette semaine depuis Gaza, le bilan s’établissait, samedi, à neuf morts et plus de 560 blessés. C’est dans cette actualité que nous proclamons un extrait de la prière sacerdotale de Jésus. Jésus prie le Père et demande : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-même ».

Souvent, nous pensons à l’unité des chrétiens, orthodoxes, Églises issues de la Réforme, Communion anglicane et de l’urgence de mettre un terme à nos divisions pour refaire l’unité dans la mission que le Christ nous a donnée.  Sans aucun doute c’est une grande intention que nous portons avec Jésus.

Mais, « Être un » a aussi une signification toute particulière lorsqu’on regarde l’héritage de la sagesse grecque. Pour Parménide d’Élée, l’un des philosophes les plus considérables dans l’histoire de la philosophie grecque présocratique, l’âme et l’esprit ne sont qu’une même chose, et ne forme qu’un seul Être. Il fut le premier à affirmer que la Terre est sphérique et située au centre de l’univers. Ainsi le but de l’existence humaine n’est pas de se diviser, mais bien de s’unifier pour « être un ».

Dans l’évangile, Jésus nous montre un chemin qui apprend aux disciples comment unifier la vie. « Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité ». Oui, Jésus est Celui qui est descendu du ciel, pour visiter toutes les expériences et réalités terrestres. Le symbole des apôtres affirme : « Il est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers », pour dire comment toutes nos zones d’ombres, nos côtés obscurs, nos paralysies intérieures, nos duretés intérieures ou bien tout ce que nous avons négligé, esquivés et oubliés, ont déjà été visités par Jésus qui y descend. Il veut nous sauver et il vient prendre soin de nous pour nous guérir. Lui seul peut nous prendre tout entier, nous ramasser alors que nous sommes dispersés, pour faire l’unité en Dieu avec nous et en nous.

Ce que Jésus demande dans sa prière au Père, se réalise dans chaque Eucharistie. Chaque fois que nous communion à son corps et que nous buvons à la coupe du salut, alors se réalise pour nous le mystère de l’unification, par la pénétration de son Esprit-Saint au cœur de toute la vie. Rien en effet, de ce qui est obscur, inconscient, oublié, froid ou bien nuit n’est exclu. Tout est saisi et promis à renaître pour ne plus que faire un avec Lui.

La prière de Jésus nous révèle la force qui est en nous, lorsque nous sommes des êtres unifiés. Nous devenons des personnes qui font également l’unité autour d’elles. Le problème vient du fait que beaucoup de personnes divisées et éclatées intérieurement créent de la division autour d’elles. Elles rêvent d’unité, d’harmonie dans la famille, dans l’Église, mais parce qu’elles n’acceptent pas la division intérieure et les aspects qui tyrannisent leur existence, elles ne peuvent pas témoigner de l’unité. Chacun a en lui une part de réforme, d’orthodoxie, de judaïté, d’Islam, d’anglicanisme… Tous ces aspects se confondent et parfois se confrontent en nous-mêmes. Toutefois, ce n’est que lorsque nous laissons l’unité se faire en nous que nous devenons capables d’être dans la communion chrétienne et de faire l’unité du Corps tout entier.

Je vous souhaite de devenir un levain d’unité pour le monde. Particulièrement aujourd’hui, dans un monde qui se divise et se déchire au nom des religions, qui fait la guerre et qui alimente la haine entre les humains par des actes de terreur, je vous souhaite d’expérimenter plus fortement encore ce désir de l’unité intérieure et l’urgence de vous mettre à cette tâche pour que l’humain ne fasse plus qu’un avec Dieu, et être levain d’unité et d’espérance pour un monde à bout de souffle.

Votre curé Joseph SCHMETZ.

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Homélie du 7ème Dimanche de Pâques – Année B – 16.05.2021 – Jn 17,11b-19

Chers sœurs et frères,

Nous célébrons aujourd’hui le 7ème Dimanche de Pâques, institué « Journée mondiale des communications sociales ». Qui dit communications sociales dit relations, et c’est en prière que Jésus est resté en relation permanente avec son Père, notre Père. « Père saint, garde-les unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. » Jn 17, 11. C’est à cette union trinitaire du Père, du Fils et de l’Esprit Saint, que Jésus nous invite nous aussi à participer, dans l’intimité de la prière même de Dieu, dans l’universalité de l’Eglise que nous formons, par l’Esprit Saint reçu au baptême. Prier, c’est parler à Dieu dans la confiance et l’affection filiale, dans cette intimité qui nous permet de dire à Dieu Abba, c’est à dire papa chéri. Prenons conscience de cette proximité qui nous unis au Père. Il n’est pas un Dieu lointain et inaccessible, mais un Dieu proche de chacune et de chacun de nous, dans la diversité de nos vécus respectifs. Le mot « garder » apparaît trois fois dans ce récit d’Evangile. Par cette demande adressée avec insistance par Jésus à son Père, Jésus demande de nous affermir, de manière à ce que nous puissions résister et affronter les difficultés de notre monde, en restant fidèle au Père, à son message d’Amour pour tous. Nous demandant ainsi de ne pas fuir le monde, ni de sombrer dans de mauvaises manières, fruits de la tentation d’un monde corrompu. « … car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » Jn 15, 5. Le mot « monde » nous livre deux significations : la première, les lieux où vivent tous les hommes, les disciples de Jésus en font partie, comme nous ici-bas. La deuxième signification : les puissances hostiles à Dieu, ce qui en l’homme rejette Dieu, tout ce qui en l’homme n’est pas amour, le Mauvais. Comme disciples du Christ, ils nous est demandé de vivre en êtres responsables, de lutter de manière permanente afin de nous éloigner du mal, à orienter notre vécu de manière à faire le bien, à orienter nos vies de manière évangélique, à la manière de Jésus. « Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. » Jn 17, 15. Jésus insiste auprès de son Père pour que nous ne soyons pas retirés du monde, mais au contraire que nous puissions y rester. Le Concile Vatican II a beaucoup insisté sur cette demande de Jésus et sur l’importance qu’est la mission confiée aux laïcs dans l’Eglise, leur appartenance au monde : « Ils vivent au milieu du siècle, c’est-à-dire engagés dans tous les divers devoirs et travaux du monde, dans les conditions ordinaires de la vie familiale et sociale dont leur existence est comme tissée. À cette place, ils sont appelés par Dieu pour travailler comme du dedans à la sanctification du monde, à la façon d’un ferment, en exerçant leurs propres charges sous la conduite de l’esprit évangélique, et pour manifester le Christ aux autres avant tout par le témoignage de leur vie, rayonnant de foi, d’espérance et de charité. » LG 31. La fidélité à la mission confiée, cela doit nous interpeler. Quelles sont mes présences au monde, mes lieux d’engagement ? Jésus est parti et ce sont ses disciples, que nous sommes, qui continuent son œuvre, et cela depuis plus de 2000 ans. Et moi, quel est mon engagement dans le monde ? Suis-je présent au cœur du combat pour un monde où la dimension est celle d’un amour pour tous, ou au contraire suis-je inerte ?

« Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. » Jn 17, 17-18. Le chrétien est disciple du Christ, membre à par entière de son Corps, il est au cœur de la dimension trinitaire et partage la proximité du Père et du Fils, par l’Esprit Saint, dans la prière. Jésus est la Parole du Père aux femmes et hommes que nous sommes, une Parole dite en vérité. Présent dans le monde et chargé de mission par les sacrements de baptême et de confirmation reçus, le chrétien est chargé de faire connaître à tous, cette Parole de Dieu, son projet d’amour sans exclusion. Ce message d’amour, le chrétien est chargé de le vivre en paroles et en actes, à l’image du Christ serviteur. Les membres de nos Communautés ont besoin de recevoir ces témoignages authentiques de vivre et d’être, dispensés par des femmes et des hommes profondément empathiques, où une place en eux reste libre pour accueillir l’autre, le souffrant, la personne fragilisée. Plus encore aujourd’hui en cette période de pandémie où les conséquences collatérales de la Covid-19 sont importantes et anéantissent bon nombre de nos concitoyens. Puissions-nous frères et sœurs, comme Jésus l’a vécue avec Dieu son Père, nous ressourcer de manière permanente dans la prière, et y trouver la force d’être des témoins authentiques de Jésus Christ et de son Evangile, en paroles et en actes, en tout lieu de nos vie et en toute circonstance, avec l’aide de l’Esprit Saint. Amen                                                                Guy SCHYNS, diacre permanent

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Médiation du 6e dimanche de Pâques B : évangile selon saint Jean 15, 9-17

« Nous sommes les amis de Jésus »

Extrait du son testament aux disciples, nous proclamons aujourd’hui encore la joie de Pâques. Appeler à la joie dans un contexte de crise sanitaire mondiale, n’est-ce pas le défi que Jésus nous lance ? Jésus nous prie à demeurer dans l’amour. Il annonce comment les Paroles de Dieu nous donnent la joie et une joie parfaite. Il n’est pas celui qui fait l’ambiance ou bien l’animateur de service.

La joie est le fruit d’un travail en nous de sa Parole. Saint-Jean rapporte comment en écoutant Jésus, les personnes ont manifestement ressenti une joie profonde naître en elles. Jésus les rendait heureuses et dignes. Elles faisaient l’expérience personnelle de la joie intérieure, très différente de la soulerie que peut procurer l’alcool.

Suivent alors des paroles émouvantes et intimes de Jésus aux apôtres : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis… »  Des Amis savent se regarder dans les yeux et sont toujours sur une même hauteur de regard. Jésus ira jusqu’au bout d’un amour pour les siens.

Oui, Jésus est bien mort pour nous. Non pas comme celui qui était venu des esprits célestes ni comme le tout grand, et que nous, en bas, serions comme des tous petits. Il est l’ami, qui au même niveau que chacun(e) de nous est mort pour nous. Nous ne devons pas culpabiliser qu’il soit mort pour nous ; c’est d’abord l’expression d’un amour pour nous qu’il s’agit d’accueillir en nous. Il s’est fait l’un de nous, Il s’est rendu familier pour nous. Dieu n’est pas le Maître et nous les esclaves !

Pour les disciples, cela a dû être une vraie révélation, un voile qui tombe de leurs yeux sur la nature de Dieu. Mais aussi, une grande joie d’être de ses amis. Ils ne sont pas ses imbéciles qui ne comprennent pas ce qu’on leur dit, qui sont une guerre en retard ; mais ils entrent dans la vraie dignité d’une amitié à Jésus.

L’expérience des disciples peut aussi être la nôtre. Devenir des amis de Jésus et laisser Jésus devenir notre ami. Le Christ reste celui qui s’engage tout entier pour nous ; il mettrait sa tête au feu pour nous ! Sa mort par amour de nous et de tout ce qui est humain, nous guérit et nous ouvre à une joie que nulle ne peut ravir. La mort de Jésus sur la croix est la puissance d’un amour pour ses disciples, malgré les trahisons, les refus, les rejets, les appropriations et les dénis.

Aujourd’hui, nous recevons une très belle image de l’amour de Jésus pour nous, malgré nos doutes, nos jugements et nos égarements. Même lorsque nous renonçons à son amitié avec nous, Lui reste fidèle et peut traverser notre nuit. À chaque instant, nous pouvons revenir à cette amitié, même après la trahison de Pierre, Jésus reste l’ami qui nous défendra et nous libère de la nuit et de l’isolement.

Le Cardinal Walter Kasper, dans son libre : « La joie des chrétiens » décrit une façon d’aborder les problèmes de l’Église avec justesse, en portant toujours le regard sur Jésus dont la rencontre procure joie, liberté et espérance. Il met en lumière comment la joie préside à un « principe d’espérance », espérance que l’Esprit est toujours à l’œuvre dans l’Église véritable remède à la destruction, l’angoisse de notre temps. La joie et la liberté sont étroitement liées, parce que le bonheur est l’accomplissement de la liberté. La création tout entière est conviée à la joie qui est le consentement à la vie et au monde, l’acceptation du don reçu. Saint Ignace disait de la joie : « Trouver Dieu en toutes choses », parce que Dieu est joie !

La révolution chrétienne consiste dans l’invitation que fait Dieu à l’humanité d’entrer dans son amitié. Cette amitié est appelée à s’entretenir dans la prière, cœur à cœur avec Dieu, notre « meilleur ami », et à se féconder dans l’hospitalité, en particulier à l’égard des migrants. À quelques jours de la Pentecôte, cette provocation à entrer dans la joie d’être Église en s’appuyant sur la foi en Dieu qui ne déçoit pas, nous sommes pressés à cultiver l’amitié entre chrétiens. Il convie à collaborer, dans la joie, la paix et même l’enthousiasme, à l’avènement d’une nouvelle forme de Fraternité universelle.

Votre curé Joseph SCHMETZ

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Homélie du 6ème Dimanche de Pâques – Année B – 09.05.2021 – Jn 15, 9-17

Chers sœurs et frères,

C’est quelques heures avant de mourir, que Jésus a confié à ses amis sa vison du « plan de son Père » sur le monde.

Le récit de l’Evangile selon saint Jean que vous venez d’entendre en ce 6ème Dimanche de Pâques de l’année B, nous révèle avec insistance, que Dieu est Amour. Cette dimension est répétée onze fois dans ce petit récit d’Evangile ! Pour Jésus, la joie de l’Aimé, c’est de faire la volonté de celui qui l’aime.

Le pivot central du récit est ce verset : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. » Jn 15, 11. Le Seigneur désire que nous soyons habité par Lui, chacune et chacun de nous étant le Temple de l’Esprit Saint, que nous soyons comblés de cet Amour qu’Il nous donne, et qui nous assure une vie construite sur le roc, que rien, même la mort, ne pourra altérer. Jésus veut pour nous une vie durable et non une vie superficielle et éphémère, sans profondeur, édulcorée.

L’amour est le fruit d’une vie relationnelle, et dans ce récit d’Evangile, nous remarquons cette dernière, telles les oscillations d’un pendule, alternant sans cesse entre le Père et nous, l’humanité. Une relation permanente que Jésus a maintenu avec son Père, notre Père, et qu’Il nous invite à notre tour à poursuivre au cœur de nos vécus personnels. Jésus nous invite à vivre avec son Père une relation de proximité comme Lui la vit. C’est ainsi que Jésus ne nous appelle plus serviteurs, mais amis. Il nous invite à vivre une relation faite d’échanges, de confiance et d’affection. Cette relation ainsi adaptée, nous fait passer du statut d’exécutant, à celui de partenaire à cette mission d’amour pour tous. Les barrières entre Dieu et notre humanité s’estompent, Dieu par son Fils est venu nous rejoindre. Nous partageons ainsi une mise en commun. Nous sommes invités à respecter l’autre, à ne pas le dominer, à en faire l’égal de soi. Oui, l’amour est transparence et communion. On se dit à l’autre, on se révèle. Jésus a été envoyé dans le monde pour manifester l’Amour qui est en Dieu. Aimer c’est désirer le bonheur de l’autre, c’est permettre à l’autre de grandir, de s’épanouir, de l’aider à découvrir sa voie. Aimer, c’est acquérir cette dimension empathique, laisser une place à l’autre en moi, dans une relation non fusionnelle.

« Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. » Jn 15, 9. Cet Amour du Père s’est incarné en son Fils Jésus, venu rejoindre notre humanité. Il a fait battre un cœur d’homme, celui de Jésus son Fils, notre frère. A l’image de cet Amour trinitaire, notre amour en Dieu rompt toute solitude et tristesse et crée en nous la joie de l’être aimé.

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Jn 15, 13. Jésus nous invite à aller au-delà des mots et à aimer, tel le sportif qui dans l’ascèse et l’effort s’entraine pour la victoire en se donnant à fond, Jésus nous invite nous aussi à nous dépenser pour le bonheur de l’autre, avec une affinité pour les plus fragilisés de nos Communautés, pour qui un regard, un sourire, une main tendue, une écoute attentive, une parole réconfortante et aimante, donnent la force nécessaire pour poursuivre la route, dans une dignité retrouvée.

« Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Jn 15, 12. Jésus nous demande de ne pas garder pour nous-mêmes cet Amour reçu du Père, mais à en être contagieux, à le dispenser à celles et ceux qui nous entourent, que nous rencontrons sur les routes de nos vies. Mais cet amour demandé par Jésus pour nos frères et sœurs est exigeant, il doit être comme Lui, pour tous sans exclusion, avec une affinité pour les laisser pour compte, les affligés. Aimer, c’est donner sans mesure. Quand nous nous aimons, la vie devient lumineuse et belle. Et moi, suis-je un aimant ?  Ai-je su libérer du temps et de l’espace en moi pour rejoindre mon frère ou ma sœur qui appelle, qui sollicite mon attention, qui me demande de l’aimer tel qu’il est ? Mais suis-je aussi un aimant, dans le deuxième sens du terme, attirant à moi, par mon comportement, ma façon de vivre et d’être, accueillant, généreux, disponible ?

« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. » Jn 15, 16. Jésus nous invite à devenir des êtres en mouvements, à la quête d’une vie relationnelle, faite de contacts et d’amitiés, tel le sarment, greffé sur le cep, y prenant la Vie, la croissance et l’être, portant un fruit généreux et nourrissant, donnant un vin de qualité, vin de la fête et de la convivialité, qui réjouit le cœur et qui rassemble.

Amen.

Guy SCHYNS, diacre permanent

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Homélie du 5ème Dimanche de Pâques – Année B – 02.05.2021 – Jn 15, 1-8

Chers sœurs et frères,

Dans l’Evangile de ce jour, Jésus nous parle à nouveau en parabole, faisant allusion à une vigne.

Si nous plaçons ce récit dans son contexte, nous sommes le soir du Jeudi Saint, où après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus prend congé des siens. Jésus parle de vigne et de vin, en des termes qui font état d’une Alliance. Alliance entre Jésus et notre humanité, comme l’Alliance fut scellée, dans l’Ancien Testament, entre Dieu et le peuple d’Israël. Dans ce récit, Jésus nous fait découvrir qui Il est et comment nous maintenir uni à Lui. Découvrons ensemble la beauté de ce message. Tout d’abord, à qui Jésus fait-il allusion, lorsqu’Il parle de vigne, de cep, de sarments et de vigneron ? La vigne, les ceps, c’est Jésus, les sarments, c’est chacune et chacun de nous, greffé au Christ, nourri de la même sève, l’Esprit Saint. Le vigneron, c’est Dieu lui-même. De nombreuses manières nous permettent de rester greffés au Christ, comme nous le rappelle le Père Didier Noblot, dans la revue Magnificat de ce mois de mai :  la prière personnelle et communautaire, l’adoration eucharistique, la relecture des évènements, l’accompagnement spirituel, la fréquentation des sacrements, le service aux autres, le soin apporté à la planète, notre Maison commune comme l’a décrit le pape François. C’est ainsi que le chrétien témoigne de sa foi. La foi ne lui est pas donnée de manière non évolutive, elle constitue la réponse aux exigences de la Parole, qui veut être reçue et vécue chaque jour, dans le concret de son existence. Jésus nous invite à porter du fruit, et avec insistance, car cette expression est présente six fois dans cet extrait d’Evangile. Sarments que nous sommes, branchés à la vigne, nous sommes les membres du Corps du Christ unis à Jésus et à son Père, notre Père, par l’Esprit Saint, amenés à fournir un fruit vigoureux, un vin de qualité. Pour permettre au fruit de mûrir et d’acquérir sa maturité, il faut qu’il soit maintenu au cep de manière permanente, nourri et irrigué. Il en est de même pour nous. C’est ainsi qu’unies au Christ nos actions deviendront fécondes. Les chrétiens sont identifiés par leurs actes : « C’est à leurs fruits que vous les reconnaitrez ». Mt 7, 16. Ce vin produit par la vigne fait allusion à l’Eucharistie, au sang du Christ, versé pour nous, pour le rachat de tous nos manques d’amour. C’est en partageant le Sang versé et le Corps du Christ, que nous demeurerons en Lui et Lui en nous : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. » Jn 6, 56.

« Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. » Jn 15, 6.

Les fruits de la vigne symbolisent la foi vécue, et le témoignage qu’elle rend sur la portée missionnaire des fruits fournis. Oui sœurs et frères, déconnectés du Christ, nous perdons vitalité et forces, nous finissons par nous assécher, devenant inconsistants, perdant tout repère et discernement, errant sans but, sans raison d’être, devenant électrons libres, sans attraction. N’étant plus unis au Christ, nous allons prendre de fausses pistes qui fournissent une vie superficielle et éphémère, sans profondeur. Bonheur de l’instant présent associé à une matérialisation à outrance, une surconsommation exagérée, où une vie relationnelle ne trouve pas sa place. Pour que la vigne porte du fruit, celle-ci doit être émondée. Ce sont les hommes qui ont émondé Jésus, le plaçant sur la croix, Lui la vraie vigne aimée du Père. En s’effaçant, par sa mort, Jésus a donné Vie au monde, la vigne a porté un fruit nouveau et qui demeure, dont nous sommes aujourd’hui encore, après plus de 2000 ans, les heureux bénéficiaires. « Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. » Jn 15, 8.  A nous aussi de porter du fruit, un fruit qui demeure. Image du travail de Dieu dans son Eglise, et en nous, Il purifie, Il émonde, Il nettoie. Cela est douloureux mais nécessaire, pour que les vendages soient plus belles, plus abondantes. Le voici le fruit qui donne Vie et que nous sommes invités, par le Christ, à porter en abondance, au cœur de notre monde, à nos portes, à l’intérieur même de nos maisons : le fruit de l’Amour. Le disciple se définit par le devoir du témoignage apostolique. Témoigner de ce qui nous fait vivre, qui nous anime, qui oriente nos journées. Cela est nécessaire pour que le fruit soit abondant et universel, qu’il nourrisse l’entièreté de notre monde. Il nous est demandé de rayonner de cet Amour de Dieu qui nous anime, dans tous les lieux que nous fréquentons. Nous sommes invités à être contagieux. « Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » Mt 5, 15-16. Amen.

Guy SCHYNS, diacre permanent

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Homélie du 4ème Dimanche de Pâques – Année B – 25.04.2021 – Jn 10, 11-18

Chers sœurs et frères,

Dans l’évangile selon saint Jean que vous venez d’entendre, Jésus se présente comme étant le bon pasteur, le vrai berger, d’une multitude de brebis. Quel est le message que Jésus veut nous adresser par cette comparaison ? « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui … » Jn 10, 11-12. Cette association au berger est classique dans tout l’ancien orient, pour désigner les dieux et les rois. Voici quelques extraits bibliques qui illustrent bien ce parallélisme : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien «  Ps 22, 1. « Car ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. » Ez 34, 11. Bon pasteur ou bon berger fait partie des sept paroles Je suis… que l’on trouve uniquement dans l’Évangile selon Jean et qui fait allusion à un aspect de la mission de Jésus : celui qui rassemble, guide, recherche celui qui est égaré et donne sa vie pour les autres. Il fait paître ses brebis ou ramène la brebis égarée. Le bon berger est, dans cet extrait d’Evangile, comparé au mercenaire, personne qui s’acquitte d’une tâche contre salaire. Pour ce dernier, l’argent pourrait être sa seule priorité, il ne voit que son propre intérêt, même s’il propose une vie merveilleuse, qui sera éphémère et sans consistance. Quant’ à Jésus, sa dimension est tout autre : « Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent … » A la différence du mercenaire, pour qui les brebis ne comptent pas, les hommes, tous les hommes, ont du prix aux yeux de Jésus. Leur vécu, leur bonheur, leur devenir, sont pour Lui ses priorités. Jésus ira jusqu’à donner sa vie pour chacun d’eux. La connaissance des brebis dont Jésus fait référence, va bien au-delà qu’une pure connaissance superficielle, c’est une naissance commune avec l’autre, par amour, un engagement total pour lui. C’est le partage d’une vie dans sa proximité et dans son intimité, dans la compréhension réciproque, en communion de pensée et de cœur. Le vivre avec, c’est s’engager activement pour l’autre. Jésus ira jusqu’au don ultime pour l’autre, il ira jusqu’à donner sa vie. L’expression « Donner sa vie » sera utilisée quatre fois dans cet extrait d’Evangile. Expression paradoxale, car lorsqu’un berger décède, il ne sait plus sauver ses brebis. Et pourtant, Jésus nous dit que, par sa mort, il va nous sauver. Jésus a fait de sa mort une offrande pleinement consciente et libre, un acte volontaire.  Il accomplit ce geste par amour pour notre humanité, pour tous, pour la multitude. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Jn 15, 13. Le texte grec donne davantage de précision que les traductions, littéralement : je dépose mon âme, je me dessaisis de ma vie. « comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. » Jn 10, 15. Voici ici l’intimité intrinsèque, amoureuse et réciproque, vitale, du Père et du Fils, avec l’Esprit Saint, dans le mystère de l’alliance trinitaire. Cette intimité de Jésus se vit également avec ses frères et sœurs que nous sommes, qu’il sauve de la mort, qu’il fait renaître à une vie nouvelle en Dieu. Cette vie à laquelle nous avons part nous aussi, par le Sacrement de baptême que nous avons reçu. L’apothéose de ce don d’amour éclate dans la résurrection de Jésus où, avec Lui, il nous fait entrer dans la Gloire de Dieu son Père, notre Père. « J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. » Jn 10, 16. Nous percevons ici la dimension universelle, œcuménique, de la mission que Jésus a reçue de son Père, amour donné pour tous, sans exclusion. L’amour de Jésus permettra à tous, si perdus soient-ils, d’entendre sa voix et de se sentir écoutés, reconnus, regardés, aimés. « Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. » Jn 10, 17-18. Personne n’a pris la vie de Jésus. Pour l’évangéliste Jean, la mort est un fait du passé. Jésus a donné librement sa vie en plein accord avec la volonté de son Père. « Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. » Jn 8, 29. Comme la vie entière de Jésus fut une mission, sa mort en est le sommet. Chers sœurs et frères réjouissons-nous et soyons dans l’allégresse, la mission entière de Jésus se résume par ce verset qui précède l’extrait d’Evangile de ce jour et qui s’adresse à chacune et à chacun de nous, le voici :  « Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. » En cette journée mondiale de prière pour les vocations, prions le Seigneur de nous envoyer de nombreux pasteurs, accompagner toutes les brebis qui peuplent la bergerie qu’est notre Eglise en marche. Amen.
Guy SCHYNS, diacre permanent

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Médiation du 3e Dimanche de Pâques B : évangile selon saint Luc 24, 35-48

« C’est la lumière de la résurrection qui guérit notre regard » 

Au 3e dimanche du temps de Pâques saint Luc rapporte comment, retournés à Jérusalem, les disciples bouleversés avaient reconnu le Seigneur à la fraction du pain, lorsqu’ils étaient à Emmaüs. Et voici que Jésus lui-même ressuscité fut présent au milieu d’eux. Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un fantôme. Alors Jésus leur dit de regarder et de le toucher pour qu’ils fassent le constat de la chair et de la présence réelle de Jésus parmi eux.

C’EST BIEN MOI ! et le grec traduit : «εγώ είμαι Αυτός ».

« Αυτός » désigne l’être, le soi profond, le noyau de la personne, dans la philosophie des stoïciens. Et saint Luc est pétri par cette sagesse grecque lorsqu’il écrit ces récits. Ainsi, lors de la rédaction de son évangile et du livre les Actes des Apôtres, c’est avec les outils du stoïcisme qu’il traduit l’expérience du ressuscité aux apôtres. C’est une fois Ressuscité, que Jésus de Nazareth est vraiment devenu Lui-même, le Vivant, Dieu parmi nous ! Ainsi Vivant, Jésus accomplit la promesse et la quête du désir profond de l’humain de voir Dieu. Nous sommes également informés de cette promesse qui nous est faite de la part de Dieu que dans notre résurrection, tout en nous trouvera son achèvement et son plein épanouissement.

Cette page de l’évangile de saint Luc parle de la signification qu’a pour nous la résurrection. Nous serons libérés des apparences, des représentations et des masques, pour enfin, être celui de nous somme, être en accord profond avec la vie de l’Être en nous.

Saint Luc poursuit qu’alors, Jésus ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures et leur dit comment le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts ! Il ne suffit pas de prendre une bible de l’ouvrir et de la lire pour expliquer la vie et le destin de Jésus ! C’est avec le recul et dans la lumière de la résurrection que les apôtres voient que Ressuscité signifie l’accomplissement de la vie et des promesses.

C’est bien Dieu qui relève l’humain et le fait sortir du tombeau. C’est Dieu qui nous sauve de la noyade, lorsque nous coulons ; c’est Dieu qui nous libère des idoles et des liens de servitudes, lorsque nous sommes captifs, enfermés dans des fausses représentations de l’homme ; c’est Dieu qui transforme nos larmes et notre tristesse en joie ; tout cela s’accomplit par et dans la résurrection du Jésus. La résurrection n’est pas une expérience totalement inconnue des apôtres. Jésus veut leur faire comprendre que c’est de tout cela que parlaient déjà les Écritures et que Dieu a toujours fait ainsi par le passé. Dieu est bien Celui qui initie cette vérité, cette liberté, cette vie, cette joie en nous pour la vie nouvelle dans l’Esprit-Saint.

La résurrection de Jésus est la promesse de Dieu d’une expérience immédiate de plénitude, d’harmonie, de paix et de joie entre nous. Elle est la promesse de la Fraternité universelle annoncée et vécue par celles et ceux qui croient en Lui. Elle est la promesse d’une recréation de notre soi profond, enfin libre des attentes et des cadres qui ont longtemps enfermé nos existences. Elle est la promesse que Dieu peut transformer la nuit en jour, la trahison en nouveau commencement, la dureté pour la faire éclater en Vie nouvelle.

Votre curé Joseph SCHMETZ

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Méditation du 2e Dimanche de Pâques : évangile selon saint Jean 20, 19-31

« Pâques est la transformation de nos blessures. »

En ce jour de la Divine Miséricorde, je vous souhaite de vivre le mystère pascal dans cette expérience de la communion de nos blessures et de nos souffrances aux marques des plaies du Christ Ressuscité.

 En effet, l’histoire de l’apôtre Thomas qui veut mettre son doigt dans les marques des clous et dans le côté ouvert de Jésus nous révèle combien il a besoin d’expérimenter personnellement dans sa chair Jésus, celui qu’il avait connu, aimé, et que les apôtres disent ressuscité. Souvent présenté comme celui qui a douté, Thomas est bien plus d’abord celui qui a besoin de faire l’expérience de l’identification du crucifié. Il a besoin de vérifier que le ressuscité n’est pas un autre, un fantôme, mais que c’est bien Jésus qui est mort pour lui. Pour lui, les paroles des apôtres ne suffisent pas ; il veut faire l’expérience dans sa propre chair du Christ Vivant. Et c’est bien au moment où Thomas touche des blessures du Jésus, que se passe le miracle de la Foi pour que les blessures de Jésus soient convoitées. Avez-vous observé comment des artistes à travers les âges ont enjolivé fortement les plaies du corps de Jésus, jusqu’à les couvrir d’or ? Les représentations des plaies et les dévotions aux plaies de Jésus le Christ renvoient bien aux expériences des plaies qui nous font souffrir personnellement.

Les marques dans la chair de Jésus sont une merveilleuse image pour nous, car elles nous invitent à nous fier au Christ pour qu’Il nous soigne et nous sauve des blessures de notre vie humaine et spirituelle. Comment nos blessures sont-elles les blessures que le Christ porte en lui ? Lorsque nous regardons les marques des clous dans ses pieds, nous pouvons reconnaitre nos manques de confiance, nos fuites causées par la souffrance d’être sans défense. La blessure du cœur ouvert de Jésus nous réveille à nos blessures affectives. Les blessures aux mains renvoient aux expériences douloureuses d’être jugé et cloué dans une fausse image ; ou bien enfermé dans des tiroirs réducteurs ; ou bien lorsque nous avons été humiliés et que d’un revers de la main, nous avons ressenti le rejet, le mépris et le manque de considération ; ou bien encore d’être lâché par la main protectrice qui s’est subitement retirée, sans dire un mot, nous laissant tomber.

Alors, oui, ce sont bien nos blessures, et par elles que nous touchons les blessures de Jésus. Aux mains pour que par elles, nos propres blessures soient guéries. L’apôtre Thomas veut mettre sa main dans le côté ouvert de Jésus. Nous aussi, nous pouvons toucher la blessure affective qui nous fait souffrir, celles de nos déceptions amoureuses, de nos trahisons, de nos duretés, celles des rejets, des calomnies et des condamnations par les autres, de notre personne. Ainsi, c’est en touchant la blessure de Jésus-Christ qu’Il vient soigner, guérir et sauver nos souffrances. À la messe, la communion au Corps du Jésus est la transformation de nos blessures en une vie nouvelle et libre. À chaque communion, nous tenons dans la main son corps et nous pouvons facilement nous représenter le Christ qui nous guérit des blessures aux mains.

Mais, Jésus ajoute : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Parfois, nous ressentons le silence et l’absence de Jésus en nous fait mal. Alors Pâques, nous apparaît étrange. Nous ressentons la nostalgie d’une belle fête, et faisons l’expérience d’un Dieu lointain. Cette sensation peut également être. C’est dans ces nuits que retentissent les paroles : « heureux ceux qui ne voient pas et qui se fient tout de même au Christ ! » Croire, parce que nous avons fait un jour une expérience personnelle de la rencontre avec Dieu et que ce n’était pas une illusion. Alors, cette Foi nous porte dans ces moments où nous n’expérimentons rien. Ainsi, la joie de croire sans voir demeure et Jésus en fait une béatitude.

En union de prière, cordialement,

Votre curé, Joseph Schmetz

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Homélie du 2ème Dimanche de Pâques – Année B – 11.04.2021 – Jn 20, 19-31

Chers sœurs et frères,

Ce 2ème Dimanche de Pâques clôture l’Octave de Pâques et est également institué « Dimanche de la Divine Miséricorde ». Je vous propose de cheminer pas à pas au cœur de ce  récit de l’Evangile selon saint Jean, que vous venez d’entendre.

« … en ce premier jour de la semaine … Jésus vint, et il était là au milieu d’eux ». Jn 20, 19. C’est en faisant mémoire du Cénacle qu’ici Jésus rejoint ses disciples, au milieu d’eux. Remarquez la démarche de l’aller vers, de rejoindre l’autre dans son vécu, et cette première parole du Christ après la résurrection : « La Paix soit avec vous ! » Jn 20, 19.21, que Jésus prononcera par deux fois dans cet extrait d’Evangile.

Jésus rejoint ses disciples malgré les portes verrouillées du lieu où ils étaient. Au moment des faits, c’étaient toujours un temps de peur, de persécution, ajouté à cela l’incertitude faisant suite à la disparition de Jésus, de sa résurrection, temps d’incompréhensions, les disciples sont craintifs. Mais pour nous, chaque Dimanche, se renouvelle le signe de cette présence de Jésus, où il rejoint les siens, comme pour chacune et chacun de nous aujourd’hui, au plus profond de notre être, en ces lieux qui sont les nôtres. « Tu es là Seigneur, au cœur de nos vies, et c’est toi qui nous fait vivre. Sans te voir, nous croyons. » Nous aussi Seigneur, aujourd’hui, nous sommes tentés de verrouiller peureusement nos portes. Que l’Esprit Saint nous libère de nos carcans, de nos entraves, de nos situations angoissantes qui nous paralysent, qui nous referment sur nous mêmes et nous rendent imperméables à ton message d’Amour libérateur. La Paix donnée par Jésus par deux fois, est une Paix qui se donne dans la joie Pascale, à la suite d’une période d’épreuve et de mort, au retour d’une situation désespérée. C’est la joie de la Paix qui vient de la foi en Jésus Christ. Lors de chaque Eucharistie et par la voix du prêtre, Jésus nous souhaite la paix : « La paix soit avec vous ! », et à la donner mutuellement à son voisin, à l’invitation du prêtre ou du diacre. Cette paix donnée, par un baiser, une poignée de main, un regard, un sourire, n’est pas un geste anodin. C’est être pour l’autre, membre du Christ à part entière, animé de cette volonté d’être don d’amour pour l’autre. « De même que le Père, m’a envoyé, mois aussi je vous envoie … » Jn 20, 21. Quelle beauté ! Quelle confiance a Jésus envers nous. Il nous adresse une mission, celle adressée à tout baptisé, Il fait appel à nous, tels que nous sommes, avec nos talents personnels, mais aussi avec nos défauts, nos faiblesses, nos fragilités, nos limites. Prenons conscience de cette responsabilité qu’Il nous confie, celle d’être des ambassadeurs de son Père, de son message d’Amour pour tous, sans distinction. Nous sommes les bras de ce Christ sans bras, mais aussi ses oreilles, ses lèvres, et sommes membres de son Corps, présence visible du Christ.

« … Il souffla sur eux et Il leur dit : Recevez l’Esprit Saint. » Jn 20, 22. Jésus est mort et est entré dans la Gloire de Dieu son Père, notre Père. Nous, chrétiens, sommes ici-bas invités à prendre le relais, à poursuivre son Œuvre créatrice. L’Esprit Saint reçu du Père nous y aidera. « Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu. » 1 Co 6, 19.

« À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Jn 20, 23. Une allusion est faite ici au Sacrement de la réconciliation, au pardon des péchés. Lier et délier, remettre et maintenir les péchés est une formulation grammaticale araméenne où par l’usage de deux mots contraires, affirme plus fortement une réalité, mettant l’accent sur l’aspect positif. Par le don de l’Esprit Saint, Jésus donne à ses disciples le pouvoir de libérer l’homme de son mal, de ce qui l’enferme, l’empêche d’être épanoui, source d’amour pour les autres, à l’image de Dieu. Par cette libération, nous devenons des êtres miséricordieux, comme Dieu lui-même, laissant une place à l’autre en nous, plein d’empathie. Mais que dire de Thomas, qui signifie jumeau. Ne nous reconnaissons-nous pas en lui, dans son état cartésien, terre à terre, qui doit tout prouver scientifiquement, ne faisant aucun pas sans certitude, lui l’incrédule ? Ne sommes-nous pas comme Thomas, ne percevant pas cette présence invisible du Christ, mais ô combien agissante ? Mais qu’elle joie ressentie, lorsque prononçant ses mots : « Mon Seigneur et mon Dieu », il devient croyant, exprimant cet acte de foi, pour qui le toucher est devenu inutile. Percevons-nous aussi cette joie, cette chaleur intérieure intense, ce bonheur indescriptible, vécus dans une grande proximité avec le Père ?

Dans l’universalité de l’Eglise, demandons à Dieu dans la prière, de nous y aider.

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu. ». Amen

Guy SCHYNS, diacre permanent

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Méditation du Jour de Pâques : évangile selon saint Jean 20, 1-9

« L’Amour est plus fort que la mort ! »

À la fête de Pâques, nous proclamons l’évangile de saint Jean au chapitre 20 qui raconte ce qu’a vu et fait Marie Madeleine de grand matin lorsqu’elle est arrivée au tombeau, et la course de jean et de Pierre pour vérifier ses dires.

Pour saint Jean, la mort de Jésus sur la croix est décrite comme la manifestation de la Gloire de Dieu comme le signe éclatant de la victoire de l’Amour sur la haine du monde. Ce récit de la résurrection veut montrer une nouvelle fois comment l’Amour est plus fort que la mort !

Inspirer par le Cantique des Cantiques (3, 2s), saint jean décrit l’expérience de la fiancée qui cherche celui que son âme désire. Alors, elle demande aux gardes à trois reprises : « Celui que mon âme désire, l’auriez-vous vu ? »

Dans l’évangile de Jean, Marie Madeleine cherche Jésus et par trois fois elle dira : « … je ne sais pas où on l’a déposé. » Cette image de l’amour éperdu de Marie Madeleine à la recherche de Jésus qu’elle reconnaîtra dans le jardinier, décrit l’expérience de sa rencontre avec le ressuscité. Lorsqu’elle entendra prononcer son nom, son cœur bouleversé et comblé d’avoir trouvé Jésus qui l’avait libéré et sauvé de toutes sortes de démons, elle reconnait Celui qui l’aimait. Elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! » ; elle a une profonde relation d’amitié à Jésus, mais elle devra le lâcher, elle ne pourra pas le retenir. Elle l’aurait bien pris dans ses bras mais Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

Ce que saint Jean dit de la relation entre Marie Madeleine à Jésus est l’expérience souvent vécue dans les situations de deuil. Lorsqu’une personne chère disparaît, il faut également la lâcher et vivre la confiance profonde que la personne morte est maintenant auprès de Dieu. Ainsi, dans la confiance nous croyons que la mort ne nous séparera pas de l’amour que nous avons partagé durant la vie avec elle. Ici encore, l’Amour est plus fort que la mort !

Nous ne pouvons pas retenir l’autre ; il appartient d’abord à Dieu et dans la foi, nous vivons une relation nouvelle avec elle. Elle est allée vers Dieu tout en restant éternellement, mon épouse, mon enfant, mon frère, mon père, ma mère, mais elle l’est véritablement en Dieu Vivant !

Ainsi l’évangile de Pâques, nous enseigne que Jésus nous aime après notre mort d’un amour semblable à celui commencer sur terre. Et l’évangile nous dit à la fois la promesse de Dieu qu’après la mort, nous ne sommes pas rejeter de l’amour que nous avons vécu entre nous et de l’amour de Dieu. Nous expérimentons une transformation de cet Amour, qui en Dieu reçoit la force de lâcher l’autre pour qu’il renaisse à la vie éternelle. Nous ne devons plus retenir personne par peur de ne pas y arriver ou bien de manquer ou bien de la corruption, mais nous découvrons la confiance en la Vie qui est donnée pour toujours…

Votre curé Joseph SCHMETZ

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Méditation du Dimanche des Rameaux et de la Passion B : évangile selon saint Marc 14 & 15

 

« Là où l’impuissance est la plus grande, l’amour triomphe. »

Aujourd’hui s’ouvre la Grande Semaine. Celui que nous célébrons, nous l’accueillons triomphalement, et comme des disciples, nous lui ouvrons la maison de notre cœur avec des feuillages et des chants joyeux. Nos cris d’allégresses ne laissent pas présager le pire. Mais aussitôt, l’ambiance de cette liturgie bascule et passe des cris de joie au récit de la Passion. Cette année, nous proclamons la Passion selon l’évangile de Marc.
Saint-Marc est le tout premier à écrire un récit relatant la vie, les faits de la Passion de Jésus. Sa Bonne Nouvelle est marquée de sa propre théologie. D’un côté, il raconte Jésus dans ses faits et gestes qui Lui valent le succès et la gloire. En présence des démons et de l’adversité et de l’hostilité, Jésus guérit, sauve, libère les gens ; il chasse les démons et nourrit les foules, si bien que beaucoup de gens croient en Lui.
Au milieu de son évangile, Marc va parler d’un Jésus, qui marche et qui enseigne aux disciples d’aller le chemin à sa suite. Dans une troisième partie, Jésus ose leur parler de son impuissance. En descendant dans les zones sombres et obscures de l’existence avec la lumière de son Amour, Il va transformer les ténèbres en vie nouvelle et illuminer le monde de la vraie gloire.
Quand arriva la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure. Et à la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ce n’est pas un cri d’abandon. C’est le cri de l’amour qui triomphe de la puissance des démons.
 
Pour nous aujourd’hui, c’est la merveilleuse image qui nous montre que là où l’impuissance est la plus forte, l’Amour de Dieu triomphe. Nous aimons nous rappeler le Vendredi saint de l’an dernier, le Pape François sur une place Saint-Pierre déserte lançait le message : « Le soir venu… Depuis des semaines, la nuit semble tombée. D’épaisses ténèbres couvrent nos places, nos routes et nos villes ; elles se sont emparées de nos vies en remplissant tout d’un silence assourdissant et d’un vide désolant… Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Dans la victoire de la foi, tous les ennemis de l’amour sont vaincus.
Voici de manière très résumée, c’est la théologie de saint Marc qui sous-tend le 1er évangile.
 
Une autre théologie est celle décrite par un exégète qui parle d’une théologie de la confiance. Vu de l’extérieur, Jésus semble être impuissant. Mais au-dedans, Jésus vit une confiance totale. N’est-ce pas ce dont nous avons le plus besoin : reprendre de chemin de la confiance en soi-même ? Que nous n’ayons pas peur de ce qui habite en nous comme démons, comme refus et comme récalcitrantes. Que nous cessions de nous nourrir des annonces anxiogènes et choisissions de raviver la lumière intérieure sur le chemin que Dieu ouvre devant nous.
 
À la suite de Jésus, nous sommes appelés à vivre la confiance. Cette confiance profonde en soi-même, éclairée par l’exemple de Celui qui marche, nous montre notre propre chemin de vie. Nous pouvons rester reconnaissants lorsque la souffrance nous épargne. Et nous n’avons plus besoin d’avoir peur de souffrir, lorsqu’elle nous atteint. Car nous ne sommes plus seuls ! Accompagner par Jésus lui-même et porter par le Père devant qui nous pouvons tout déposer, oui, DIeu peut transformer toute souffrance toute nuit en chemin d’abandon. Alors sa vie renaît et comme dans la passion de Jésus sa résurrection est manifestée.
 
Votre curé Joseph SCHMETZ
 
 

Homélie du Dimanche des Rameaux et de la Passion du Christ – Année B – 28.03.2021

Chers sœurs et frères,
Notre Carême s’achève aujourd’hui, et en ce Dimanche des Rameaux débute la Semaine Sainte.
Nous acclamons haut et fort notre intention de suivre le Christ et de marcher avec Lui pour vivre sa résurrection.
« Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Hosanna au plus haut des cieux ! » Mc 11, 9-10, venons-nous d’entendre dans l’Evangile proclamé en ce début de célébration, avant la Procession des Rameaux.
Avant de commenter la Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Marc, permettez-moi de reprendre cet extrait du Prologue de l’Evangile selon saint Jean : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. » Jn 1, 11-12. Voici donc, sœurs et frères, le devenir de celles et ceux qui mettront leurs pas dans ceux de Jésus, ils deviendront membres du Christ à part entière partageant avec Lui cette proximité avec le Père, notre Père, par l’Esprit Saint.
Dans le récit de la Passion de Jésus que vous venez d’entendre, deux procès sont faits à Jésus. Un premier, religieux, devant le Sanhédrin, en présence des grands prêtres, assemblée législative traditionnelle d’Israël et son tribunal suprême, siégeant normalement à Jérusalem, et un procès politique, devant Pilate, préfet de la province romaine de Judée. C’est lors de ce procès qu’a lieu le triple reniement de Pierre.
Mais marcher à la suite de Jésus nécessite une ligne de conduite, faite d’écoute, de partage, de bienveillance, d’empathie, de renoncement, d’abandon, de déchirement, de délestage.
Cette mise en œuvre, nous n’y parviendrons pas seul. Et tel un athlète qui se prépare à une compétition, il nous faudra acquérir une discipline de vie, qui nous permettra d’atteindre le but, non sans mal, mais aidés par une nourriture spirituelle et corporelle à laquelle le Seigneur nous invitera à venir puiser sans compter, je fais ici allusion à sa Parole et à son Corps, lors du repas eucharistique.
Le Carême nous a permis de nous y préparer. Aujourd’hui, nous voulons par notre adhésion, accompagner Jésus sur cet ultime chemin de souffrances et de mort, où par amour pour nous et pour notre humanité, Il fera don de sa vie pour que la nôtre soit sauve et qu’avec Lui nous entrions dans la Gloire de Dieu son Père.
Le récit de la Passion selon saint Marc laisse apparaître avec netteté la solitude à laquelle Jésus doit faire face, à son abandon par des personnes qui faisaient partie de son cercle restreint d’amis et qui Lui étaient proches. Pensons à Judas Iscariote qui le livrera et qui, avec Jésus, se sert dans le plat lors du repas de la Cène. Lorsqu’à Gethsémani, les disciples de Jésus ne veillèrent pas à sa demande et s’endormirent. Et dans le silence de la prière lorsque Jésus s’adresse à Dieu son Père : « « Abba… Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! » Mc 14, 36. Aussi chez le grand prêtre, lorsque Pierre renia Jésus par trois fois.
Mais l’ultime abandon ressenti par Jésus est le silence de son Père. Jésus cria sur la croix d’une voix forte : « « Éloï, Éloï, lema sabactani ? », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » » Mc 15,34
Jésus est Fils, mais pas comme les hommes se l’imaginent, Il est roi, mais pas comme les hommes s’y attendent. Ce Fils est tout Amour, sans aucun retour attendu, un Amour absolu, qui meurt pour l’autre. Ce roi est tout Amour, sans aucune domination, Il est le serviteur qui donne sa vie pour l’autre.
Cette manière de vivre et d’être de Jésus est tellement nouvelle, déroutante que personne n’y comprend rien. Quand aux Apôtres ils sont absents.
C’est au moment où Jésus rendit son dernier souffle que l’intervention divine apparu, le rideau du Sanctuaire se déchira depuis le haut jusqu’en bas, brisant ainsi pour l’éternité cette barrière entre Dieu et notre humanité. L’universalité de l’Eglise est accomplie, c’est d’un païen, le centurion romain, que vient la première profession de foi : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! » Mc 15, 39.
Puissions-nous sœurs et frères, accompagner Jésus durant cette Semaine Sainte, étape par étape, et méditer la grandeur de ce don d’Amour que, par sa mort, Jésus fera à chacune et à chacun de nous. Par sa résurrection d’entre les morts, Jésus donnera à nos vies l’Eternité en Dieu. C’est dans la foi et l’espérance que bientôt nous acclamerons Jésus vivant, à la Lumière de la résurrection . Amen
Guy SCHYNS, diacre permanent

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Commentaires de l’Evangile du 5ème Dimanche de Carême – Année B – Jn 12, 20-33 – 21.03.2021
Chers sœurs et frères,
Nous poursuivons notre cheminement vers Pâques, en ce 5ème Dimanche de Carême de l’Année B.
Dans l’Evangile que vous venez d’entendre, saint Jean nous laisse percevoir un tournant décisif dans la vie publique de Jésus. Nous distinguons avec netteté la Passion de Jésus qui s’annonce, ce chemin de mort qu’Il va parcourir, pour ressusciter en Dieu et nous attirer à Lui, en Vies abondantes et fécondes pour chacune et chacun de nous.
Mais analysons progressivement ce que nous livre l’évangéliste Jean. Les Grecs arrivant à Jérusalem ne sont pas des touristes, mais des pèlerins se soumettant à certaines prescriptions de la Loi, tout en n’étant pas de la descendance d’Abraham. L’entrée des Grecs à Jérusalem annonce l’universalité de l’Eglise, accessible à tous.
Philippe, abordé par les Grecs, porte un nom grec, il provient de Bethsaïde, qui signifie « maison de la pêche », région de passage où vivaient beaucoup d’étrangers, il connait des rudiments de la langue grecque lui permettant d’établir des contacts. Il tisse ainsi une toile relationnelle. Et nous, sommes-nous aussi attentifs aux étrangers ? Sommes-nous des passeurs, qui conduisent à Jésus ?
Le grain de blé dont-il est fait allusion dans l’Evangile, c’est Jésus, semence de l’Eglise universelle, qui, par sa mort et sa résurrection, donne beaucoup de fruits. Ces fruits ne sont pas des mérites mais l’élargissement de la Communauté des croyants. La mort de Jésus n’est pas un seul fait historique, mais dessine la destinée de tous les chrétiens. Sa mort est féconde et attire à Lui tous les hommes et les femmes. Jésus sera très seul au moment de sa mort sur la croix, mais Il sera entouré d’une foule invisible et nombreuse, d’hommes et de femmes qui, par sa mort, auront la Vie éternelle. La vraie mort n’est pas la mort physique, mais le refus de se donner, fermeture stérile sur soi-même. Pour entrer dans la vraie Vie, il faut se donner. Amour absolu de Jésus pour chacune et chacun de nous, qui nous permet de grandir et de porter du fruit, comme Lui.
Le Carême que nous vivons actuellement nous oriente vers cette charité divine qui se donne dans l’humilité et la simplicité du coeur.
Seigneur, délivre-nous de notre égoïsme que nous appelons parfois « vivre sa vie ». Apprends-nous à donner notre vie, comme toi, dans l’abandon au service de nos soeurs et frères que nous rencontrons sur les routes de nos vies. L’Amour de Jésus serviteur, c’est à cela que nous sommes invités. Jésus sera présent là où sera présent l’amour, amour pour tous, avec une attention particulière pour les personnes les plus fragilisées, les rejetés, les blessés, les laissés pour compte.
Malgré la certitude de la fécondité de son sacrifice, de sa mort donnée pour sauver l’humanité, Jésus a été tenté d’utiliser sa divinité pour s’épargner la condition humaine de l’homme souffrant. Mais Jésus reste obstinément fidèle à son Père et vit simplement sa mort comme une obéissance à sa condition d’homme, par Amour, et ainsi Il en change le sens. Nous aussi, nous pouvons vaciller, sous le poids de la douleur, envahi par le doute et l’abandon. Aide-nous, Seigneur, par l’Esprit saint, à garder force et espérance.
« .. et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes ». Voici une mystérieuse parole de Jésus à accueillir dans la foi. Telle est la vraie réponse donnée aux Grecs qui voulaient voir Jésus. Cette phrase est une des dernières prononcées par Jésus lors de son ministère public. Personne ne l’a comprise. Il n’y a plus rien à dire. « Ainsi parla Jésus. Puis il les quitta et se cacha loin d’eux. » Jn 12, 36.
La pandémie que nous vivons actuellement et les mesures sanitaires qui nous sont imposées nous ont fait prendre conscience de l’importance des Eglises domestiques, dans la poursuite de nos parcours de foi. En ce vendredi 19.03.2021, Fête de saint Joseph, papa de Jésus et époux de la Vierge Marie, le pape François ouvre l’année de la Famille Amoris Laetitia, qui se clôturera le 26.06.2022. Cette année sera l’occasion de mettre en valeur les familles aux profils multiformes. Puissions-nous, dans la prière, les confier au Seigneur, qu’elles puissent devenir davantage, havres de paix, lieux de ressourcement et d’évangélisation, où il y fait bon se reposer et se repositionner pour poursuivre la route, forts et confiants. Puisse saint Joseph, père de famille, nous y aider et intercéder pour nous. Sœurs et frères, animés par une foi profonde hydratée par cette Source d’Eau Vive, poursuivons notre cheminement vers Pâques qui approche à grands pas et préparons-nous à cette rencontre Lumineuse avec Jésus Ressuscité. Amen Guy SCHYNS, diacre permanent

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Méditation du 4e dimanche du carême B : évangile selon saint Jean 3, 14-21

 « Celui qui regarde vers Jésus ne doit pas craindre la mort ».

Du texte de l’évangile d’aujourd’hui, je voudrais simplement retenir deux images. D’abord, l’image du Dieu qui sauve et qui vient guérir de la blessure du serpent : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé… »  Si elle signifie la mort de Jésus sur la Croix, elle dit de la mort de Jésus sur la croix qu’elle n’a rien à voir avec nos péchés et la faute de l’homme. Jésus fait plutôt référence à l’expérience de l’exode d’Égypte. Le peuple fuyant l’armée de Pharaon se trouve dans le désert. Là, il récrimine contre Dieu. Des serpents dangereux et mordants menacent le peuple. Face à cet épisode, Dieu dit à Moïse de faire un serpent d’airain, et de le mettre sur une perche ; et il arrivait que lorsqu’un serpent avait mordu un homme, et qu’il regardait le serpent d’airain, il vivait (Livre des Nombres 21).

Ainsi l’image pour nous ; celui qui se tourne vers Jésus crucifié sur le bois de la croix et qui croit en lui sera sauvé du poison du serpent et de la blessure profonde qui est celle de la mort. Celui-là découvre que la mort n’a plus de pouvoir sur lui. Le serpent peu le mordre, mais ne pourra plus l’anéantir.

Dans la philosophie grecque, l’image du serpent est le symbole du médecin. Le serment d’Hippocrate est un serment traditionnellement prêté par les médecins, chirurgiens-dentistes et les sages-femmes en Occident avant de commencer à exercer. Par cette image symbolique du serment d’Hippocrate, Jésus se présente comme le médecin divin, Celui qui vient soigner nos blessures et de la blessure existentielle que toutes les personnes portent en elle, la blessure de la mort.

La seconde image vient de la parole : « Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle ». La raison de l’Incarnation c’est l’amour de Dieu. Il donne son Fils aux humains par amour pour eux. Son Fils est le cadeau que Dieu offre aux humains « afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle ». Il nous donne une Vie qui ne connaît pas la corruption. Cette vie nous est promise, non pas pour après la mort, mais là, tout de suite, c’est maintenant que Vivre toujours est apparu au cœur de notre vie humaine.

Et puis pour que l’homme ne se perde pas !… La perdition est liée à la corruption, à la destruction, à l’anéantissement de la personne. Nous parlons alors de la tragédie humaine et de son cortège de morts, ainsi que de nos propres errances, nos volontés d’auto destructions et de non-sens. Beaucoup de personnes se perdent elles-mêmes…

En tournant notre regard sur Jésus, nous disons une renonciation à vivre dans l’aliénation à soi-même et sans sagesse. En le voyant, nous nous retrouvons nous-mêmes. Notre regard sur Jésus est la reconnaissance que nous ne sommes pas perdus, mais aimé d’un amour inconditionnel, si fort, que Dieu nous donne son propre Fils en cadeau.

Votre curé Joseph SCHMETZ

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Méditation du 3e dimanche de Carême B : évangile selon saint jean 2, 13-25

« Pour découvrir la beauté en nous ! »

En ce 3e dimanche de Carême, nous proclamons le récit de saint Jean rapportant la colère de Jésus, les chassant tous du Temple de Jérusalem. Si les autres évangiles situent cet épisode juste avant l’arrestation de Jésus, c’était d’abord pour saint Marc, une raison de justifier sa condamnation à mort.

Par son geste Jésus a pris aux pharisiens leur source de revenus…

Dans l’évangile de saint Jean, le récit comprend une dimension symbolique. En venant dans le monde, Jésus donne sa vie pour que nous croyions au Père et Dieu Lui-même vient purifier notre existence. Nos vies avec ces expériences ressemblent parfois à des places de marchés où on trouve de tout : les bruits qui sont nos idées et nos pensées ; les marchands intérieurs qui sont ce besoin maladif de savoir ce que je vaux pour les autres ; quelles sont mes performances et mon efficacité personnelle ?

Et puis il y a les bœufs, les brebis, autant d’images pour dire mon besoin de paraître puissant et fort ; les colombes qui représentent toutes les pensées volatils, les « zins », les distractions…

Notre vie intérieure ressemble parfois à un véritable souk. Et si nous sentons un tel marché en nous, à l’image d’un bazar intérieur, alors nous avons également besoin de beaucoup d’énergie pour contenir ce marché entre nos mains. Alors, il n’est pas étonnant qu’apparaissent dans le corps, toutes sortes de tensions, de peurs et de crispassions et que nos émotions s’emballent dans des colères ou des mutismes.

Jésus veut venir dans notre temple intérieur. En venant apporter sa lumière, Il nous libère de nos pensées creuses. Les bœufs, les brebis, les colombes et les changeurs sont chassés dehors ; ils n’auront plus prise sur nous et ne pourront entraver notre marche vers plus de vie, de liberté et d’épanouissement personnel.

La promesse de Dieu pour le temps de Carême est de nous purifier. Il vient nettoyer notre temple intérieur de toutes les salissures, l’illuminer pour en dissiper les zones d’ombres et la nuit de l’incrédulité. Il vient nous transfigurer pour que nous soyons glorieux comme Lui, rayonnant de la gloire du Père.

Nous pouvons faire cette expérience lorsque nous entrons dans une belle grande église. Une émotion peut s’emparer de nous. Un réveil et nous nous sentons différents. Les belles églises sont une image qui nous parle de notre grandeur intérieure, de notre ouverture à la lumière et à la beauté profonde de l’existence. Dans ce sens, saint Irénée de Lyon (130-202) disait très justement : « La Gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme c’est de voir Dieu. Amen. »

Je vous souhaite en ce temps de Carême de faire l’expérience de la venue de Jésus dans votre existence pour la rendre plus belle, plus vivante et témoigner de l’espérance en ces temps de pandémie.

Cordialement,

Votre curé Joseph Schmetz

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Commentaires de l’Évangile du 2e Dimanche de Carême – Année B – Mc 9, 2-10

 Chers sœurs et frères,

Le récit de l’Évangile selon saint Marc que vous venez d’entendre est celui de la transfiguration. Jésus va révéler aux disciples Pierre, Jacques et Jean, sa mort et sa résurrection. Il va ainsi anticiper l’aboutissement de sa vie par sa mort sur la croix, sa mise au tombeau et sa résurrection des morts dans la Lumière du jour de Pâques. Mais pour bien comprendre ce récit important, qui est au cœur de notre foi, ne brûlons pas les étapes et cheminons dans sa découverte, pas à pas.

La transfiguration est une manifestation divine, au cours de laquelle a lieu la révélation d’un message de Dieu aux hommes. Du grec théophania : théos qui signifie Dieu et phaineïn signifiant faire paraître, rendre visible. Mot utilisé chez les Pères grecs pour désigner la manifestation de Dieu. Plusieurs éléments identifient cette présence divine : une haute montagne, la blancheur des vêtements, qu’il est impossible d’obtenir de manière telle sur terre, la nuée. C’est dans l’intimité divine que Dieu révèle la présence de son Fils Jésus. Par l’invitation de Pierre, Jacques et Jean, Jésus atteste qu’ils sont prêts pour assister à cette révélation divine, à laquelle ils vont participer avec Jésus lui-même, Élie et Moïse.

Et nous, quelle serait notre réaction lors de ce face à face avec notre Dieu ? Sommes-nous prêts ?

La résurrection de Jésus atteste l’engagement de Dieu pris lors de notre baptême et qui s’actualise chaque jour de notre vie dans le don de sa grâce, son soutien et sa présence à nos côtés, dans toutes les situations de nos vies d’hommes ou de femmes. Cette présence est bien réelle.

Cette expérience vécue par les Apôtres en présence de Dieu nous renvoie à nos propres expériences humaines, qui nous font découvrir Dieu dans le don de nos vies au service de nos sœurs et frères.

L’apparition d’Élie et de Moïse sur cette haute montagne, s’entretenant avec Jésus, fait la jointure entre l’Ancien et le Nouveau Testament, ils représentent la Loi et les Prophètes, ils rappellent ainsi tout le déroulement de la révélation de Dieu à travers l’histoire de l’Alliance.

Ils sont les médiateurs privilégiés, Jésus étant l’accomplissement. « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. » Mt 5, 17

Puisque le témoignage d’Élie et de Moïse confirme la présence du Messie que Pierre vient de reconnaître, il propose à Jésus de dresser trois tentes, une pour Jésus, une pour Élie et une pour Moïse, comme du temps au désert où Le Seigneur habitait sous la tente au milieu de son peuple, jusqu’à ce que Salomon lui construise un temple : « Depuis le jour où j’ai fait monter d’Égypte les fils d’Israël et jusqu’à ce jour, je n’ai jamais habité dans une maison ; j’ai été comme un voyageur, sous la tente qui était ma demeure. » 2 Sm 7, 6

Pierre était à ce point effrayé par cette présence divine, qu’il ne savait pas le sens véritable de l’évènement qu’il venait de vivre. Il n’a pas pu vivre de l’intérieur ce qu’Élie et Moïse venaient de partager avec Jésus. Le sens de cet évènement, c’est à Dieu lui-même de le donner, comme au baptême de Jésus : « Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Mc 9, 7

« Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi, et vous l’écouterez. » Dt 18, 15

Sur la montagne, Dieu ne s’adresse pas ici uniquement à son Fils Jésus, mais aussi aux trois disciples Pierre, Jacques et Jean. Il s’agit d’écouter Jésus, de s’ouvrir à son enseignement.

La nuée s’estompe, la présence divine disparait. Jésus, Pierre, Jacques et Jean descendent de la montagne, c’est le retour à la vie terrestre, humaine et quotidienne. C’est là que doit s’appliquer le contenu de la révélation de Dieu dans le vécu de celui qui enseigne et guérit, que les disciples doivent entendre. Et nous, dans l’incarnation de Jésus au cœur de notre humanité, percevons-nous avec clarté cette mission qu’il nous confie, cet envoi vers nos sœurs et frères qu’Il nous invite à rejoindre ?

La foi s’expérimente dans l’affrontement de nos réalités humaines et dans le silence de Dieu.

Jésus ordonne à Pierre, Jacques et Jean de ne rien dire à personne de cette expérience qu’ils viennent de vivre, car même s’ils ont saisi certaines choses de la transfiguration de Jésus, ils sont loin d’en comprendre toute la portée. Elle ne s’éclairera qu’à la Lumière de la Résurrection.

Sœurs et frères, profitons pleinement de cette période de Carême pour préparer nos cœurs et nous  mettre en bonnes conditions pour être réceptifs à cette révélation lumineuse de Jésus, notre Frère, ressuscité des morts et Vivant. Puisse l’Esprit Saint nous y aider. Amen

Guy SCHYNS, diacre permanent

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Méditation du 1er Dim. Carême B : évangile selon saint Marc 1, 12-25

« Le carême, la période pour une transformation »

Chaque année, au premier dimanche de Carême, nous entendons l’histoire des tentations de Jésus au désert. Vous connaissez ces récits des tentations, chez saint Matthieu et saint Luc ; ils décrivent trois tentations de Jésus au désert. Dans un court récit, saint Marc montre Jésus qui va 40 jours au désert poussé par l’Esprit. L’Esprit le pousse lui-même au désert pour qu’Il soit libéré des choses qui l’environnent, pour un jeûne… Au désert, Il est tenté par Satan, sans que nous sachions en quoi ses tentations consistent vraiment. Rien d’explicite n’est dit chez Marc, sinon qu’il est mis à l’épreuve.

Pourtant deux images parlantes nous indiquent la raison : « Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient ». Au désert, Jésus vient vivre sans défense, sans toutes sortes d’activités et d’occupations ; mais, dans une réalité dépouillée, dénudée de tout prestige. Ainsi, celui qui recherche une meilleure connexion avec sa vie profonde et qui ne craint pas de ressentir ce qui est sauvage en lui-même. En chacun de nous, il a « les bêtes sauvages » : la colère, la jalousie, l’agressivité… Tous nous connaissons des aspects sauvages, indomptés de l’existence, qui répondent aux lois de la jungle intérieures. Souvent, ces aspects nous tyrannisent. Mais, Jésus, fort de l’Esprit sait vivre avec les bêtes sauvages… Elles ne lui font pas de mal, parce qu’il les a parfaitement acceptés et intégrés dans son existence. Ses aspects négatifs ne le mordent plus et lui n’est pas dangereux ; il ne mord pas ! Au contraire, Il nous apprend à transformer nos émotions et sentiments sauvages en force de vie positive. Notre devoir en ce temps de carême pourrait-être de chercher à nettoyer nos émotions et nos sentiments sauvages. Les bêtes sauvages sont une image pour nous mettre dans la réalité de ce qui est indompté au fond de nous. Apprenons à les regarder comme faisant également partie de nous-mêmes et de les déposer dans le regard de Dieu.

« Et les anges le servaient ! » Cette image des anges gardiens veut nous montrer les potentialités intérieures de notre âme. Ils nous mettent en contact avec les forces positives de la vie saine de l’esprit en nous. Alors, nous n’avons plus besoin d’avoir peur de nous-mêmes et des bêtes sauvages en nous et autour de nous. Elles ne nous feront aucun mal. L’ange dispose d’un regard appelant. Il a une manière d’attirer vers « un plus » quand bien même serions-nous dans un état intérieur délabré ou une situation sans issue apparente. C’est une affaire de présence, d’attitude, de regard et d’action.

Ces personnes sur ma route, je les appelle les anges, des orpailleurs de l’humain. L’orpailleur, lui, accepte de demeurer dans l’eau boueuse qui est la nôtre, de se pencher sur nous, de prendre délicatement toute cette merde dans laquelle nous sommes, et de se mettre à la recherche de la pépite d’or qui est là et que personne ne voyait plus…

C’est cela être un ange pour l’autre. Une sorte de pari fou que l’on finira par trouver l’âme, au cœur de la situation la plus désespérée qui soit. Car les pépites d’or sont là même si on ne les voit pas.

Je vous souhaite un temps de carême pour transformer en vous les bêtes sauvages en pépites d’or et rayonner de la liberté d’exister à l’image de Dieu.

Votre curé Joseph SCHMETZ

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